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BRONCHITE CATARRHALE AIGUË

L'inflammation des grosses «bronches est prtiiit7tf;e ou secondaire. Chez Tadulte, elle n'est le plus ordinairement que le résultat d'un processus morbide local provoqué par un refroidissement et surtout par l'action des températures basses et humides, ou bien encore par l'inspiration de vapeurs ou de gaz irritants; chez les jeunes sujets, elle fait souvent partie d'un complexus morbide généralisé, dont la [bronchite n'est alors qu'une localisation

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(telle la bronchite de la grippe, de la rougeole, de la dothiéneutérie ; n peut y joindre celle de la coqueluche).

La bronchite aiguë peut être favorisée par certaines dispositions constitutionnelles : les goutteux, les arthritiques ont fréquemment du côté des bronches des poussées aiguës qui alternent avec d'autres manifestations diathésiques ; dans le mai de Bright, cette variété n*est pas rare ; c'est là une de ces formes de bronchites toxiques sur lesquelles I^issègue a particulièrement appelé Tattention.

Anatomiquement, la bronchite catarrhale n'a rien qui la distingue des autres inflammations de même nature, et nous retrouvons sur la muqueuse bronchique les mêmes altérations que nous avons mentiounées plus haut en faisant l'étude des laryngites: congestion, rougeur, épaississement, hypersécrétion glandulaire, desquamation épithéllale dans quelques points.

Description. — Lorsque la maladie a atteint un certain degré d'intensité, elle s'accompagne de phénomènes généraux et de signes locaux qui peuvent se diviser en deux groupes constituant deux périodes.

!• Période inflammatoire. — Il y a un peu de fièvre, de la courbature, parfois de la céphalalgie et des symptômes d'embarras gastrique; la langue est blanche, l'appétit est diminué; il peut y avoir de la constipation.

En raéme temps, le malade éprouve un sentiment de cuisson, de brûlure, derrière le sternum ; il a des quintes de toux qui retentissent péniblement dans la poitrine ; les insertions diaphragmatiques deviennent souvent fort douloureuses ; les quintes de toux peuvent être accompagnées de r^rgilations et même de vomissement.

Durant cette période inflammatoire (dite encore période de crudité), l'expectoration est nulle ou peu abondante, et la toux se borne à provoquer le rejet d'un liquide transparent, légèrement filant et finement aéré. L'auscultation révèle la présence de râles sonores «tbilants ou ronflantSj dus au passage de la colonne d'air dans des canaux ^dont la muqueuse est inégale, boursouflée, ou bien encore à la mise en vibration des éperons bronchiques épaissis. Les râles s'entendent pendant les deux temps de la respiration.

Au bout de trois à cinq jours les phénomèmes généraux s'amendent, Texpecloration devient plus abondante et plus facile, les crachats sont opaques, muco-purulents, ou d'un jaune verdâtre ; c'est le début de la deuxième période.

2* Période de coction. — On perçoit h ce moment des râles

humides occasionnés par le conflit de l'air avec les produits d*exsudation (sérum transsudé à travers les parois des vaisseaux, produits de desquamation épithéliale ou d'hypersécrétion glandulaire). Ces râles sont à grosses ou à petites bulles, suivant le volume de la bronche où ils ont pris naissance, et ils sont disséminés des deux côtés du thorax, souvent avec un certain degré de prédominance au niveau des bases et en arrière; la sonorité de la poitrine et les vibrations thoraciques ne sont pas modifiées.

Souvent aussi on observe une sédation assez brusque qui peut revêtir un caractère en quelque sorte critique, des sueurs apparaissent, de la diarrhée se produit ; ou bien le développement de qudques vésicules d'herpès sur les lèvres marque le début de la convalescence.

La durée de la maladie ne dépasse pas en général huit à dix jours.

Diagnostic et pronostic. — La bronchite catarrhale ne se présente pas toujours avec des caractères aussi accentués, et dans bien des cas elle ne s'accompagne que d'un peu de brisement et de fatigue qui n'empôche pas le malade de se livrer à ses occupations. Aussi est-ce là une affection essentiellement bénigne et qui ne nécessite pas d'intervention thérapeutique active.

Il est certaine variété de bronchite aiguë dont cependant le pronostic doit être un peu plus réservé : nous voulons parler de la bronchite unilatérale. Dans les cas légers de bronchite simple, les signes stéthoscopiques peuvent n'être apparents que d'un côté du thorax, où l'on saisit seulement quelques râles muqueux disséminés ; ces faits n'ont évidemment aucune gravité ; mais si les signes physiques, tout en restant localisés, s'accentuent de plus en plus, l'attention du médecin doit être mise en éveil. La bronchite unilatérale peut tenir, soit à la présence d'un corps étranger, soit à l'existence d'un anévrysme de l'aorte ou de ganglions bronchiques; le plus habituellement elle est de nature tuberculeuse. Si l'on examine alors le malade avec soin, il se peut que l'on constate les indices généraux d'une tuberculose naissante : sueurs nocturnes, amaigrissement, mouvement fébrile plus accusé le soir; de plus, les phénomènes stéthoscopiques ont de la tendance à persister et à s'accentuer, surtout du côté du sommet. I^ respiration est plus rude que dans la bronchite simple, et l'expiration tend à se prolonger. Cette bronchite unilatérale tuberculeuse est le fait de l'hyperliémie pulmonaire, qui précède ou accompagne le développe-

meut des granulations. En présence d'accidents de cette nature, il ùut toujours se tenir sur la réserve.

Le traitement se bornera en général à appliquer sur les parois du thorax des révulsifs légers, tels que sinapismes, papier thapsia; un vésîcatoire volant si la bronchite est intense et entée surtout sur un état congestif habituel du poumon, comme cela s'observe dans les maladies du cœur. On administrera contre la ûèvre et l'état général quelques gouttes de teinture d'aconit ou un peu de poudre de Dower (40 à 60 centigr.).

On calmera la toux avec les boissons émollientes et les préparations opiacées. Le lait, et surtout le lait de chèvre, sera donné le matin avec avantage.

Si la bronchite est plus profonde, et s'il existe des troubles gas* triques un peu marqués, il sera bon de prescrire un vomitif.

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