GASTRITES TOXIQUES
présente seulement quatre ou cinq plaques violacées ou noirâtres, rarement gangreneuses, laissant entre elles des intervalles sains. Roux a vu l'arsenic produire ces lésions après des cautérisations au moyen d'une pâte arsenicale. V acide oxaliqiie agit fort peu sur la muqueilse stomacale, qui est seulement grisâtre et décolorée dans reropoisonnement par cette substance.
Aussitôt après l'ingestion des caustiques, le malade éprouve une douleur atroce à la région épigastriqne avec une sensation d'anxiété poignante et une dyspnée très-pénible. Les vomissements peuvent s'établir dès le début ou ne survenir qu'un peu plus tard : le contenu de l'estomac est d'abord rejeté, puis le malade rejette par le vomissement des mucosités mêlées de sang, parfois même de lambeaux sphacélés de la muqueuse. MM. Laboulbène et Dujardin- Beaumetz ont cité des faits d'empoisonnement par des liquides caustiques dans lesquels la membrane muqueuse de l'estomac avait été expulsée presque en eniier (Société méd. des Hôp., 1876- 1877). bientôt apparaissent la cyanose et le refroidissement des extrémités, et le malade succombe par coUapsus. Parfois aussi la mort est due à la perforation de l'estomac et à la péritonite suraiguê qui en est la suite.
Ces symptômes varient avec la nature et le degré de dilution de l'agent caustique, les conditions de vacuité ou de réplétion de l'estomac dans lesquelles se trouvait le malade au moment de l'ingestion du caustique, l'intensité des lésions concomitantes de la bouche, de l'œsophage et de l'intestin. Lorsque la terminaison ne doit pas être fatale, les symptômes s'amendent, l'estomac tolère quelques liquides et quelques alimenLs, les symptômes de torpeur se dissipent peu à peu. Cependant la guérison est fort lente et se trouve compromise à chaque instant. Les rétrécissements de l'œsophage et du pylore s'observent fréquemment, et l'on peut voir la nK>rt survenir tardivement par consomption.
lies autres poisons, arsenic, phosphore, sublimé, etc., produisent, outre la gastrite, des symptômes de stéatosc viscérale pour rétude desquels nous renvoyons aux traités spéciaux.
Dans le cas d'empoisonnement par les acides on donnera immédiatement la magnésie, le carbonate de soude, la craie, l'eau de chaux, l'eau albumineuse, l'eau de savon. Les alcalis demandent remploi de la limonade sulfurique, le vinaigre coupé d'eau. On emploiera aussi la glace intus et extra. Dans les autres cas, on provoquera les vomissements, on fera des lavages avec la pompe
stomacale ; etifin on administrera aussitôt que possible le coatrelM>i8on spécial.