GASTRITE CATARRHALE CHRONIQUE
Le catarrhe chronique de l'estomac est une maladic'commune, surtout chez Tadulie, plus fréquente chez i*homme que chez la femme; il peut succéder à l'état aigu; parmi ses causes les plus communes ii faut citer l'alcoolisme et l'abus du tabac, une alimentation ti*op copieuse ou trop épicée, l'irrégularité dans les rep, l'habitude de lire en mangeant ou de travailler au début de la digestion, etc.
Les lésions organiques de l'estomac, les corps étrangers sont souvent accompagnés de gastrite chronique; ii en est de même de toutes les affections qui gênent la circulation veineuse (cirrhose du foie, compression de la veine porte, dilatation du cmnr droit, lésions mitrales) et produisent la stase dans les veines stomachiques; il n'est pas rare dans ces cas d'observer un état variqueux de toutes les veines du système porte et en particulier des hémorrhoîdes et des dilatations variqueuses de l'œsophage. Enfin les maladies constitutionnelles, tuberculose, chlorose, etc., déterminent trèsfréqiKpmment le catarrhe gastrique. Nous avons déjà signalé Tinfluence que l'excrétion de l'urée par les glandes du tube dige^f, dans le mal de Bright, exerce sur la production du catarrhe (Treitz).
àNATOMiE PATHOLOGIQUE. — I^ Riuqueuse esl décoloréc, ardoisée ou bien d'un ronge brun. Elle présente souvent de petites érosions plus ou moins superficielles; en môme tem|)s elle est épaissie, soit dans des points limités comme le cardia et le pylore^ soit sur une plus vaste étendue, et elle prend un aspect plissé qui ) été désigné sous les noms û!état mamelùnné (Loub), à'estomac à colonnes (Trousseau).
Les sécrétions sont modifiées comme dans la gastrite aigoê, ce qui tient aux altérations profondes des glandes à pepsine (Forst^r): celles-ci subissent la dé^nérescence graisseuse, s'atrophient ou se transforment en petits kystes dont le diamètre peut atteindre plus d'un millimètre et qui sont remplies d'un liquide trè^visqueux et très-réfringent, la dégénérescence peut atteindre le derme et k tissu interstitiel (W. Fox).
L'épaississement ne se limite pas à la muqiiense : le tissu coojonctif sous-muqucux, parfois aussi le tissu musculaire (qui peut subir la dégénération granulo-graisseuse), sont notablement hyper-
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trophiés. Les élevures de Tétat mamelonné se transforment alors en espèces de tumeurs polypiformes (Oppoizer) sessiles ou pédiculées qui, si elles siègent au pylore, déterminent le rétrécissement de cet orifice et la dilatation consécutive de Testomac. Du reste, cette dila< tation peut se produire dans la gastrite chronique indépendamment de toute sténose du pylore, par simple alfaiblissement musculaire, conformément à la lot bien connue de Stokes (i).
Dans certains cas Tinfiltration du tissu conjonctif amène une véritable sclérose de la paroi stomacale ; c'est ce que Brinton a décrit sous le nom de linitiSy Unité plastiquey état qu*il regarde comme spécial aux buveurs.
Desckiption. — Lorsque le catarrhe chronique succède à Tétat aigu, il est facile de suivre la marche des symptômes dès le début, mais dans la généralité des cas il n*en est pas ainsi. La diflliculté de la digestion est le premier symptôme qui attire Fattention du malade : elle s'accompagne d'une sensation de lourdeur et de pression à Tépigastre, d'éructations et de régurgitations souvent aigres et brûlantes (pyrosis), parfois amères. Le malade est comme courbaturé, Tépigastre se tend et se ballonne, ce qui amène de l'embarras dans la respiration, des palpitations très-violentes avec stase veineuse du côté de la face et de Tcncéphale. Le malade est apathique et porté au sommeil, il a de la céphalalgie, parfois môme un léger mouvement fébrile.
L'appétit est très-diminué, parfois même nul, en général non perverti. Par contre, la soif est souvent très-vive, et comme beaucoup de malades cherchent un remède dans les liqueurs alcooliques, l'ingestion des boissons ne fait qu'a^raver leur malaise.
La douleur est réveillée par l'ingestion des aliments : elle est plutôt sourde et compressive que lancinante ; cependant elle peut slrradier à la base du thorax et jusqu'aux vertèbres dorsales. La pression à I epigastre l'exaspère le plus souvent ; quelquefois aussi elle affecte le caractère d'une crampe et ne cesse qu'après le passage des aliments dans l'intestin ou le vomissement des substances ingérées.
Les vomissements sont un symptôme fréquent, mais non constant, de la gastrite chronique. On doit en distinguer deux variétés : les
(1) • L'inflammation d'une muqueuse détermine dans le plan musculaire h sous-jact*nt une excitation qui se traduit par des spasmes ; plus tard la
• flbrc musculaire, comme fatiguée, devient plus paresseuse qu'à l'état
• normal. ■