ULCÈRE SIMPLE
Valcoolisme joue en effet un grand rôle dans la production de l'ulcère simple. 11 en est de même de la chlorose ; Luton croit que les troubles menstruels qui accompagnent souvent cet état peuvent amener du côté de l'estomac des hémorrhagies supplémentaires et des érosions ulcéreuses, dont l'anémie chlorotique ne serait que la conséquence. Il est peut-être plus vraisemblable d'admettre que les troubles de la menstruation sont sous la dépendance de l'ulcère stomacal et de la gastrite concomitante.
L'influence de plusieurs autres états morbides : urémie, syphilis, tuberculose, puerpéralité, est loin d'être nettement démontrée.
Vulcéré simple du duodénum se développe dans les mêmes circonstances ; il reconnaît comme cause spéciale les brûlures du tégument extenie (Curling); il est plus fréquent chez l'homme que chez la femme (Krause).
Pathogénie. — Cruveilhier (1856) regardait l'ulcère simple comme une ulcération folliculeuse, et Yalleix en avait fait une gastrite ulcéreuse.
Rokitansky admit une sfas^ circonscrite succédant à l'hyperhémie delà muqueuse, puis pne infiltration et une érosion hémorrhagique avec gangrène consécutive.
Pour Virchow le phénomène essentiel et prinniiî est V oblitération embolique des capillaires gastriques. La muqueuse de l'estomac, ne recevant pins de sang, se mortifie et est attaquée par le suc gastrique. On peut objecter à cette théorie trop exclusive que l'on a eu assez rarement l'occasion de constater cette oblitération, et que les hémorrhagies fréquentes de l'ulcère simple sont peu en sa faveur.
Pavy, qui admet également la congestion et la stase sanguine, fait jouer un rôle important à l'acidité du contenu stomacal, qui est exagérée et n'est plus en rapport avec l'alcalinité du sang qui circule dans les vaisseaux du ventricule. C'est aussi l'opinion de Gerhardt.
Rindfleisch attribue la formation de l'ulcère à des infarctus hé" morrhagiques que dissoudrait le suc gastrique ; les faits sur lesquels il s'appuie ne sont pas suffisamment probants et nombreux pour prêter à une généralisation.
Brinton ne croit pas à la spéciûcité de l'ulcère simple de l'estomac et lui assigne une foule d'origines différentes.
Pour nous, tout en admettant comme très-plausibles, dans cer« tains cas, les explications que nous venons de passer rapidement en revue, nous croyons qu'ici encore on a trop réagi contre la doctrine de Broussais et qu'on a été trop loin en rejetant presque totalement
\i»i MALADIES DE L*ESTOMAC.
les idées de Cniveilhier. La gastrite paraît êlre souvent U cause de l*uicère simple, la fréquence de cette affection cher les alcooliques en est une preuTe ; l'un de nous a publié un cas où Tor^iiie inflammatoire était incontestable (Laveran).
£nûn Tuicère simple peut reconnaître pour pmnt de d^iart ia fonte d'une plaque d'atbérome (Fôrsier), d'un tubercule, d'une gomme sypiûlitique, peut-être aussi la rupture d'un petit anéTrysroe des altères stomacales (Gallard).
ÂNATOHiE PATHOLOGIQUE. — L'uicère Simple de l'estomac peut varier de quelques millimètres de diamètre à plusieurs centimètres (1); sa forme est ordinairement ronde, quelquefois ovale ou irrégulière, parfois même annulaire au niveau du pylore. L'ulcère siège le plus souvent^ur la petite couriiure ou au voisinage du pylore, moins souvent près derorifice du cardia, et sur les faces aniérieure ou postérieure, plus rarement encore dans le grand cut-de-sac et sar la grande courbure.
1^ marche des lésions comprend trois périodes : l'érosion, l'ulcération proprement dite, la cicatrisation.
Au début ce sont de petites érosions superûcielles, plus ou inoîjis nombreuses, n'intéressant que la muqueuse, très- nettement arrondies; ce sont les érosions folliculeuses deCruveilbier; on les a aussi comparées à des aphthes.
Dans la seconde période, l'ulcère est ordinairement unique; ses bords, minces et taillés à pic, ne présentent de bourrelet que dans ies formes très^nciennes. L'ulcère est souvent recouvert de uincos ou de sang altéré; lorsqu'on l'a détergé, il offre la forme d'un ctee dont le sommet est tourné vers la séreuse et s'en rapproche plus ou moins. Sur une coupe, le tissu conjonctif se montre épaissi, ks fibres musculaires sous-jacentes sont un peu augmentées de volume; il u*y a jamais de suc rappelant celui du cancer. Les tuniques des artérioles \oisines sont très-hypertrophiées. Le travail de désorganisation gagnant peu li peu en profondeur peut ulcérer un faisseau ou perforer complètement la paroi stomacale.
L'ouverture des artères voisines de l'ulcère se produit par érosion ou par rupture brusque des tuniques. Si cette rupture porte sur de petits vaisseaux, il n'y a qu'une légère hémorrhagie; si au contraire «lie atteint un gros vaisseau, il se produit une hématémèse aboo*
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