L. et T. — Pathol. et clin, médic
1074 MALADIES DE LESTDMAC.
soutenir autant que possible. L'alimentation lactée est de beaucoup la mieux supportée, et c'est à elle qu'il convient d'avoir recoursdans la majorité des cas.
Gbardkl. Monog. deB dëpdn. squir. de rcslomac, 1804. — Louis. Rech. anal, piih., 1826. — Marc d'Espine. Ann. d'hygiôno, 1840. — Essai sur la statistique mortuaire comparée, 1858. — Th. Williamson. Caso of scirrhus of atomach» otc. (Edinb. Month. Journ. of mcd. se, 18il). — Lbbbht, op. cit. — Traita pratique des mal. cancer., 1851. — Deuls. Arch. f. klin. mcd., 1877, et Hevui» Hayem, 1870. — Grif- SINGER, Arrh. f. prakt.. Hcilk., 1854. — J. Franck. Palh. interne, tr. Bavle. IBô7. — FôRSTER. Virchow's Arch., XIV. — ViRCHOW. Traité dea tnmeurs. — Beau. Trailë de la dyspepsie, 1866. — GORNIL. Art. Cancer in Nouv. dicl. de mél. eiijo ch. pr. — Méni. de l'Acad. de niéd., 1867. — Lan(.ekeaux. Ali. d'auat. palh., 1861». — Bhinton, op. cit. — Wyss. Blalter f. Gesuadheitspnege, Zurich, 187i-7*. — A. La\e- RAN. Deux observations d'épi thëlioma à cclhiloi cylindriques des voica di{^ei»<iT''t (Arch. do Physiol., 1876). — Chenel, Et. clin, sur le cancer latent de rc»toroac. th. de Paris, 1877. — COLLiNcswORTH.Case of cancer in an infant six veelw old (BriL mcd. journ., t. [I. 1877). — Péan. De l'ablatiou des tumeurs de l'estomac pur la ga»trotomie (Gaz. dc8 hôp.» mai 1870).
On désigne souh le nom de dyspepsie un état pathologique permanent des fonctions digestives, caractérisé par la lenteur et la difficulté de la digestion , sans lésioas anatomiques appréciables. La dyspepsie ne doit donc pas être considérée comme une entité morbide, une maladie particulière ; ce n'est qu'un symptôme, une coW lection de phénomènes morbides , la plupart fonctionnels, de provenances très-diverses (Gubler, G. Sée, Raymond, Damaschino).
HiSTORiQLË. 11 est peu de sujets qui aient, autant que la dyspepsie, exercé la sagacité des cliniciens et suscité plus de travaux et qui cependant restent entourés de plus d'obscurités. Il serait trop long de rapporter ici les théories nombreuses qui ont été émises sur la nature delà dyspepsie et les classifications qu'on en a proposées depuis Hippocrate jusqu'à celles que Dujardin-Beaametz et Leven viennent de donner dans des ouvrages tout récents. On sait que les médecins grecs œnsidéraient la digestion comme une véritable coction ; aussi la dyspepsie n'était-elie pour eux qu'un retard ou une absence de cette cuisson, un simple état de crudité des aliments. Cette manière d'envisager la dyspepsie comme un trouble fonctionnel fut celle de Celse, d'Arétée de Cappadoce, de Galien qui créa un certain nombre de degrés et de divisions dans la maladie {bradypepsiey apepsie). Plus tard les nosologistes, Sauvages, Bosquillon, le traducteur de CuUen, etc., établirent une foule d'espèces et de variétés, de petites entités morbides indépendantes, suivant
la prédominance de tel ou lel symptôme. Cependant Gullen (1797) était déjà revenu a l'idée d'un trouble fonctionnel de reslomac auquel Bit)ussais allait bientôt donner une importance capitale en remplaçant non-seulement la dyspepsie, mais la plupart des maladies, par Tirritalion du tube digestif.
La réaction contre les exagérations de la théorie du professeur du Val-de-Grâce ne se fil pas attendre et, dès 1827, Barras n'hésitait pas à faire de la dyspepsie une simple névrose, opinion admise pleinement par Dalinas et par Andral lui-même et dont ne semblent pas trop éloignés actuellement Pidoux et le professeur Lasègue. Les idées de Broussais ne furent cependant jamais abandonnées d'une façon absolue: CUomel, Nonat, Beau, Duraud-Faixlel, Trousseau, Handfield-Jones, Rokilansky, Niemeyer, Willième, Bottentuit, Brinton, Luton^etc, soutinrent des manières de voir à ])eu près identiques et parfois même exagérèrent cette tendance, dont l'expression la plus significative se trouve dans le récent travail de Leveo, à considérer la dyspepsie comme un véritable trouble fonctionnel du ventricule.
On voit par ce simple et rapide exposé de combien de difficultés est entourée cette question de la dyspepsie. Le terme lui-même disparaîtra un jour du vocabulaire médical, comme déjà tant d'auti^s maladies que Ton désignait d'après leurs principaux symptômes (Las(>gue), et cela vraisemblablement lorsque nous connaîtrons mieux la pathogénic de ce symptôme morbide (G. Sée). Déjà G. Sée a tenté un essai de classification de la dyspepsie d'après ses variétés pathogéniques. Il divise les dyspepsies en cinq grands groupes : i* dyspepsies glandulaires; ^2** dyspepsies muqueuses ; 3* dyspepsies nervo-vasculaires; 4° dyspepsies ab ingestis ; S** dyspepsies par mécanismes complexes et variés. Au ix)iut de vue symptomatique, nous croyons qu'on suivra avec avantage la classification de Gubler, qui a proposé les catégories suivantes : 1"* dyspepsie douloureuse et spasrnodique ; ^2*" dyspepsie alonique ; S"* dyspepsie catarrhale ; 4^ dyspepsie inflammatoire. Dujardin-Beaumetz, se plaçant au point de vue clinique et thérapeutique, après avoir séparé tout d'abord les dyspepsies buccale et intestinale, divise la dyspepsie proprement dite on stomacale suivant les modifications éprouvées par les tuniques, les glandes, les vaisseaux et les nerfs qui entrent dans la constitution anatomique de l'estomac. On a ainsi une dyspepsie par atonie de la tunique musculaire (dyspepsie atonique et tlatulente) ou par accroissement d'énergie musculaire (vomissement); par allé-
1076 MALADIES DE L^ËSTOMAC.
ration des sécrétions glandulaires (dyspepsies putride, acide, piluîteuse); par troubles d'origine nerveuse (dyspepsie gastralgique, dysorexie, anorexie, l)ouliniie, etc.). Suivant la marche, l*âge des sujets, Téiiologie, on pourrait distinguer les dyspepsies accidentelles, habituelles, des vieillards, des enfants, dyspepsies hépatique, utérine, dyscrasique, etc.
ËTIOLOGIE. — Raymond range les causes de la dyspepsie sous trois chefs : causes prédisposantes ^ causes mixtes ^ c'est-à-dire à la fois prédisposantes et déterminantes, causes déterminantes,
La première des causer prédisposantes est Vdge, Fréquente chez l'enfant en bas âge et apparaissant sous Tinfluence de rallaitement artificiel ou par suite de l'usage d'un lait de mauvaise qualité, d'un sevrage prématuré, la dyspepsie est presque inconnue pendant l'adolescence ; elle redevient fréquente chez les adultes et chez les vieillards : chez ces derniers, la dyspepsie est vraisemblablement due à la dégénérescence sénile et athéromateose des artères. Le sexe féminin prédispose à la dyspepsie à cause des habitudes sédentaires et de l'impressionnabilité nerveuse de la femme ; mais la proportion est rétablie par la plus grande fréquence de Talcoolisme chez l'homme. L'hérédité enûn a parfois une influence évidente.
Les causes mixtes sont très-nombreuses. La dyspepsie se rencontre fréquenmient chez les gens à habitudes sédentaires (employés de bureau, tailleurs, cordonniers); chez ceux qui dorment pendant le travail de la digestion ou qui au contraire se donnent tropd'cxercice, fait ayant pour résultat de diminuer l'acidité du suc gastrique par exagération de la sueur (Gallard) Les changements de saisons et de température, les habitations malsaines, etc., jouent encore le rôle de causes prédisposantes. Il en est de même du travail intellectuel exagéré, de l'habitude de travailler immédiatement après les repas ou de lire en mangeant, des émotions morales vives ou dépressives, etc.
Vient ensuite une longue série de causes ayant toutes comme caractère commun un affaiblissement général de l'organisme (Raymond] : insomnie, veilles prolongées, hémorrhagies , bains lied es répétés, leucorrhée, onanisme, etc.
La dyspepsie s'observe fréquemment dans les maladies du foie , de l'intestin {dyspepsie ilio-cœcale de Bachelet), de l'utérus (dyspepsie qualifiée de sympathique par nombi^e d'auteurs), des voies génito-uiinaires {A. iMercier, Guyon); dans la convalescence clos fièvres graves (dothiénentérie]; dans les affections générales modl-
fiant profondément la crase sanguine (dyspepsies dyscrasiques do Vulpian), les anémies (G. Sée), la chlorose, etc.; dans les diathèses, la goutte, la syphilis (Trousseau, Fournier), la tuberculose où elle se montre fréquemment comme symptôme initial, alors que les lésions anatomiques sont encore à leur minimum. Dans on dernier groupe, nous placerons les névroses, l'hystérie en particulier, et les affections du système cérébro-spinal.
Signalons enfin les contusions de Tépigastre, la compression de Festomac par les corsets ou les ceintures, par une tumeur, par l'appendice xiphoïde dévié (chez les gibbeux, par exemple).
Les causes déterminantes ou directes dépendent surtout des excès de table ou au contraire de Tinsuffisance des aliments, d'une alimentation lourde ou exclusive , des irrégularités des repas, de l'abus deshohsons (dyspepsie des liquides de Chomeï) ou des substances excitantes ou médicamenteuses , d'un défaut de mastication ou d'une insuffisance de l'insalivation.
Description. — La symptomatologie de la dyspepsie est trèsvariable, ce qui a permis de créer de nombreuses variétés.
Vappétit est presque toujours modifié : assez souvent il est diminué, d*autres fois il est augmenté et le malade à intervalles |)lus ou moins rapprochés éprouve un impérieux besoin d'ingérer quelque aliment. Les perversions les plus diverses, les exagérations les plus bizarres et les plus inattendues s'observent assez fréquemment, surtout chez les femmes enceintes, les chlorotiques, etc. (boulimie, pica, malacia). La soif est généralement augmentée, et l'on voit des malades absorber des litres d'eau froide, de tisanes amères, astringentes, etc.
Les aliments en 'arrivant dans l'estomac donnent lieu à des phénomènes variables. Quelquefois ce n'est qu'un sentiment de gène, de tension, de lourdeur à la i-égion épigastrique ; le malade est somnolent, sa face est vultueuse, il a du hoquet, des bâillements, des pandiculations. Dans d'autres cas la dyspepsie revêt la forme douloureuse; la douleur est sourde et continue, lancinante et irrégulière, |)arfois assez vive pour déterminer la syncope (dyspepsie syncopale de Guipon).
Il n'est pas rare d'observer, dans le cours du repas, une distension très-marquée de l'estomac, forçant le malade à desserrer ses vêtements et se traduisant par un ballonnement abdominal limité à Tépigastre, par des éructations plus ou moins nombreuses, par un bruit de fluctuation stomacale rappelant la succussion hippocra-
tique. Cette production rapide du gaz a été attribuée à tort à la déglutition d'une certaine quantité d'air; elle est due bien plutôt à à la décomposition des ingesta ou à une production exagérée de gaz sous l'influence du système nerveux» les tuniques de Testoniac étant relâchées. Les malades ont fréquemment des renvois muqueux, pituiteux {gastrorrhée) ou bien des régurgitations remarquables par leur Acreté et leur acidité (dyspepsie acide) ^ déterminant derrière le sternum une sensation de brûlure ou pyrosi^s. KnQn il se produit souvent à la fin des repas un état nauséeux suivi ordinairement de vomissements dans lesquels le dyspeptique rend, plus ou moins digérées déjà, plus ou moins mélangées à du sang ou à des micro-organismeSy toutes les substances alimentaires qu'il a ingérées. On observe quelquefois une espèce de rumination [niérycisène).
Les fonctions intestinales sont généralement troublées : on observe parfois de la diarrhée et même de la lieutérie, les aliments traversant trop rapidement la portion absorbante du tube digestif; mais le plus souvent la dyspepsie s'accompagne de constipation, D'aprts G. Sée, il faudrait considérer celte constipation non comme un symptôme, mais comme une cause de dyspepsie.
Les malades accusent fréquemment des palpitations, de Tessoufflement, de la dyspnée, de la toux. Mais de ces troubles fonctioimels éloignés ce sont de beaucoup les phénomènes nerveux qui sont les plus importants : céphalalgie, insomnie, troubles nerveux, névralgies intercostales (Beau), anesthésie (Beau, Trousseau), anibUopic et dyschromatopsie (Chomel, Landolt), l)ourdonncments d'oreilles, etc. Le vertige (lertigo a slomacho lœso seu per consensum rentriculiy Trousseau) s'observe fréquemment et varie beaucoup de caractère, bien que la forme gyratoire soit l'une des plus fréquentes. Il se produit souvent au moindre mouvement ; ractiou de se lever, de marcher ou de s'asseoir suffit pour le provoquer. D'après G. Sée, le vertige stomacal dépendrait uniquement de Tanémie, pour Luton il y aurait toujours une impression partie de l'intestin et dépendant de l'inégale tension des gaz en deux points voisins; Jaccoud admet une perturbation du système nerveux central par action réflexe des pneumogastriques. Les troubles de l'intelligence (obtusion et paresse intellectuelles, mélancolie hypochondriaque) sont assez fréquents.
L'état général est variable. Parfois le malade conserve un embonpoint normal (goutteux) ; le plus souvent le dyspeptique maigrit et, si son état persiste, finit par se cachectiser; les force:^
DYSPEPSIE. i079
diminuent, la peau se décolore, et devient rugueuse par défaut de poi^piration, les extrémités ont de la tendance à se refroidir, il se produit des éruptions cutanées ^ Hardy) et le malade peut succomber. Ces phénomènes sont certainement sous la dépendance de lanémie globulaire. D'après Beau et Morache, le sang des dyspeptiques serait fort pauvre en fibrine ; d'après G. Sée la déperdition la plus notable qu'il éprouve porte sur le chiffre de l'albumine.
La marche, la durée, la terminaison de la dyspepsie sont des plus variables. Des rémissions trompeuses suivies d'exacerbations peuvent pendant des années se succéder chez le même dyspeptique ; le pronostic dépend essentiellement de la nature de la cause productrice.
Diagnostic. — La douleur gastralgique est un symptôme si commun chez les dyspeptiques cpie Luton n'admet pas la description sé})arée de la gastralgie et de la dyspepsie : la coufusion ne doit pas éire faite cependant et sera facilement évitée par la connaissance de la marche des accès douloureux. Avec la gastrite chronique la confusion est plus facile, et cela se comprend aisément : car la limite entre le simple trouble dynamique et les troubles avec lésions anatomiqnes est forcément indécise dans bien des cas (Raymond). Il est plus facile de distinguer la dyspepise essentielle de Tulcère rond et du cancer stomacal, bien que ceux-ci s'acaunpagneni fréquemment de troubles dyspeptiques dont il faut alors reconnaître la nature.
TRAiTEMEiNT. — Le traitement de la dyspepsie doit varier suivant les formes de la maladie. Aux dyspepsies douloureuses le médecin opposera les narcotiques et les antispasmodiques ; aux formes atoiiiques les stiumlants, les astringents et les amers; aux formes catarrhales les évacuants, les hypercriniques ; aux formes irritatives, les émissions sanguines et les révulsifs, etc.
Le régime qui convient aux dyspeptiques est très-variable ; comme le faisait remarquer Trousseau, le plus utile est celui que le malade supporte le mieux. On apportera la plus scrupuleuse attention aux règles hygiéniques au point de vue de la quant il ê et de la qualité des aUinents. Le régime lacté, la viande crue, les salaisons, les viandes fumées, sont en général très-bien supportés; on ordoimera les féculents et même les graisses à l'exclusion des substances azotées dont la digestion se fait plus spécialement dans resloiuac. Les heures des repas seront soigneusemeul réglées, chez les enfants notamment ; des tétées très-rapprocliées sont une cause
1080 MÀUDIES DE L*ESTOMÀG.
fréquente de dyspepsie par surcharge de l'estomac. L'exercice musculaire après les repas est indiqué ; mais, conmie nous TaToos vu, ne doit jamais être exagéré.
La médication proprement dite varie avec chaque forme de la maladie. Dans la dyspepsie névrosique, c'est surtout à l'opium qu'il faut avoir recours : on l'emploie soit avant les repas, soit après l'ingestion des aliments. A ce moment on peut aussi donner les anesthésiques (éther, chloroforme), les spiritueux aromatiques, ou faire appliquer des compresses chaudes sur l'épigasire. Dans les dyspepsies atonlques on emploiera les apéritifs, les amers qui activent les fonctions gastriques et produisent la contraction des tuniques, le Colombo, le quassia, la noix vomique, la petite centaurée, la gentiane, l'extrait d'absinthe, etc. En même temps on prescrira \eseupeptiques(G\ih\er), les alcalins qui exagèrent les sécrétions acides de l'estomac (Cl. Rernard) et agissent en même temps sur l'économie (Trousseau), les acides (acides chlorhydrique et lactique) qui suppléent au manque d'acidité du suc gastrique et qui réussissent souvent fort bien chez les tuberculeux ; la diastase, la pepsine et la pancréatine.
La dyspepsie atonîque s'accompagne fréquemment de météorisme et de pyrosis. Dans le premier cas on aura recours aux absorbants, au charbon, à la craie préparée, au bismuth, à la magnésie calcinée, que l'on associera à l'opium s'il existe en même temps des troubles névrosiques, à la rhubarbe dans le cas de constipation habituelle: si l'atonie des tuniques s'accompagne de dilatation stomacale, ce qui est assez fréquent, on fera des lavages soit avec de l'eau pure, soit avec de l'eau minérale suivant la méthode de Kûssmaul, si la dyspepsie s'accompagne de catarrhe et de saburres, les évacuanls, vomitifs et purgatifs, sont nettement indiqués.
Certains symptômes méritent une attention spéciale. La boulmit «l'éclame l'emploi de l'opium et de la belladone; la diarrhée chronique qu'on observe parfois est passible de la même médication, à laquelle on ajoutera le sous-nitrate de bismuth, la ratanhia, etc. La constipation sera traitée parla rhubarbe et Taloès à l'exclusion des purgatifs salins. La moutarde blanche, la graine de lin, le soufre, le charbon, combattent la constipation en livrant à l'intestin une masse de matières inertes sur laquelle petit s'exercer la omtraction intestinale (Luton). C'est dans le même but qu'on ordonnera un régime alimentaire donnant lieu à un abondant résidu (pain de son, légumes verts).
Oq traitera en même temps les maladies générales sous l'influence desquelles ta dyspepsie s*est produite.
Enfin le traitement par les eaux minérales donne souvent les meilleurs résultats. La dyspepsie douloureuse, surtout lorsqu'elle dépend d'un état diathésique, demande l'emploi des eaux alcalines oncarbonatées calcaires : Vais, Vichy, Saint-Alban, Alet. La dyspepsie aïonique sera fréquemment très-améliorée par une cure reconstituante avec les eaux martiales gazeuses ou bicarbonatées de Spa, du Boulou, de Saint-Nectaire. La dyspepsie rhumatismale est avantageusement traitée à Plombières, Luxeuil, Aix-les-Bains, etc.
L'hydrothérapie (Beni-Barde) et les bains de mer (Trousseau, Sîdour) rendent également de grands services.
B. Tbibsibr. De l'influence des dëcouverlet chimiques et physiques récentes sur U pathologie et la thëntpeutique des maladies des organes digestifs (Gai. méd. de Lyon. 1856). ~ Chomil. Des Dyspepsies. Paris, 1857. — Morachk. Essai sur Tanëmiu globalaire et ses rapports arec la dyspepsie. Thàse de Paris, 1859. ~ Nonat. Tniilé des dyspepsies. 1862. — GuiPON. Traite de la dyspepsie. Paris, 1864. — Beau. Tmilë de la dyspepsie, 1866. — G. Séx. Leçons de pathologie expérimentale : du sang cl dos anémies. 1867. — Leçons de clinique de l'Hdtel-Dieu. — W. Fox. Diseases of ihc slomacb in Rtissell Reynolds' System of medicine, t. II, 1868. — Willièmb. Des dyspepsies dites essentielles, leur nature et leurs transformations. Paris, 1868. — BOTTENTUIT. Des gastrites chroniques. Th. de Paris, 1869. — Brinton. The diseases of ttie stomach. London. 1864, trad. franc, de Hiant, 1870. — Las&gub. Introduction au traite de Brinton. — LuTON. Art. Dyspepsie in Nout. Dict. do mcd. et de ch. pr. 1872. — GUBLER. Cours do la Faculté de médecine de Paris. 1874, et Commentaires an Codex. — Vulpian. Leçons sur le sac gastrique, 1874. — Gallard. Clinique médicale de la Pitié, 1877. — Raymond. Des dyspepsies. Th. pour l'agrég., 1878. — GuYON. Revue mensuelle de méd. et de chir., 1878.— Dujardin-Beaumetz. Leçons
de clin, thérap., 2* fasc., Paris, 1879 Lkve.n. Traité des maladies de l'estomac.
Parts, 1879. — Damaschi.no. Maladies des voies digestives. Paris, 1880.
Synonymie : GastrodynUt Cardialgie, crampe <Vestomac.
Ijà gastralgie est la névrose douloureuse de l'estomac.
Description. — La gastralgie varie dMntensité, de siège, de durée. Annonc e quelquefois par des symptômes prodromiques : ptyalisme, nausées, vomissements pituiteux, elle débute en général très-brusquement. Il est rare qu'elle se réduise à une sensation de malaise vague et pénible; le plus souvent, c'est une souffrance aiguë lancinante ou déchirante, constrictiveou angoissante ; parfois la douleur ressemble à une morsure, à une brûlure, h une crani|)e. Le malade éprouve des sensations bizarres de froid glacial, de formication, de reptation, et toutes ces sensations douloureuses ou anormales peuvent se rempla-
cer d'une attaque à Tautre ou se succéder pendant ia durée du môme accès (Barras). En même temps l'épigastre se tend et se ballonne ou, ce qui est plus fréquent, serétiacte comme si la paroi abdominale allait s*accoler à la colonne vertébrale. L'agitation et l'anxiété du malade sont considérables, ses extrémités se refroidissent et il ne cesse de se plaindre et de gémir. La douleur est parfois si forte qu'elle amène des défaillances, du délire, des coovulsions (Schmidtmann). Bien que le pouls puisse rester normal, on observe plus souvent la petitesse, ia concentration, des intermittences. La langue reste nette.
La douleur gastralgiquc siège au niveau de l'appendice xiphoîde, s'irradie dans les hypochondres ou dans l'abdomen (mtéralgie), remonte le long de l'œsophage. Il n'est pas rare de constater son maximum le long de la colonne dorsale (Grisolle). La pression à l'épigastre, si elle a lieu sur une petite surface, avec le doigt, par exemple, exaspère la douleur; elle la calme au contraire si elle est exercée avec la paume de la main. L'ingestion des aliments apaise également la douleur ()ar pression intérieure (Rombcrg).
L'accès cardialgique varie comme durée de quelques niinntes à plusieurs heures; il cesse brusquement ou bien se dissi|>e lentement après quelques bâillements et quelques renvois d'un gaz inodore, laissant les malades plus ou moins abattus et courbaturés.
A ces symptômes constants de la névralgie, il faut en ajouter d'autres qui accompagnent l'accès ou, qui persistent en dehors de lui : l'anorexie, la polydtpsie, la pneumatose stomacale, les vomissements, la lx)ulimie et les perversions du goût les plus bizarres (malacia et pica). Piorry a signalé aussi, sous le nom d^oxygastrie, l'acidité anormale du suc gastrique et la fermeiitalion acidedes ingcsta. Du cote du système nerveux, on obser\e parfois du vertige {vertigo a stotnacho lœso de Trousseau), des hallucinations, de la dyspnée, des palpitations, des battements épigastriques, des névralgies intercostales ou autres.
Ënfm, comme complications, il faut signaler la dyspepsie, l'ictère (Axenfeld), dus sans doute à la névralgie concomitante des nerfs du foie, un état névropatbique spécial se traduisant surtout par VtèypO' chondrie.
La gastralgie a une durée très variable : elle peut persister des années. Elle présente alors des rémissions plus ou moins complètes et prolongées. lorsqu'elle est sous la dépendance de la malaria, Ue peut affecter un type intermilteal régulier.
Étiologie. — La gastralgie est parfois héréditaire : c'est une maladie de la jeunesse alteiguaut de préférence les individus à tempérament neneux et surtout les femmes ;jelle est plus fréquente dans les villes que dans les campagnes.
Toutes les causes qui sont susceptibles d'irriter la muqueuse gastrique peuvent donner naissance à la névralgie : écarts de régime, défaut et insuffisance d'alimentation, excès de table, usage abusif de boissons stimulantes (alcool, café, thé) : il en est de même de certains médicaments dont l'usage est trop prolongé (lialsamiques, bicarbonate de soude, sulfate de quinine), de la présence des entozoaires, lombrics ou taenias. L'influence des saisons, des climats, des changements de température est loin d'être nettement démontrée.
Certaines gastralgies reconnaissent pour causes les passions vives, les émotions dépressives, les fatigues d'esprit et les veilles pi olongées. D'autres sont imputables à cette faiblesse irritable que Ton voit survenir dans l'hystérie, la chlorose, l'anémie, la tuberculose, lu lactation prolongée, l'onanisme, etc. Nous avons signalé certaines formes comme dépendant de la malaria : d'autres sont en rap|)ort avec le saturnisme, le mercurialisme, la diathèse arthritique.
Les affections des organes génitaux chez la femme, grossesse, métrites, troubles de la menstruation^ sont des causes très fréquentes de gastralgie.
I^ous devons signaler aussi les gastralgies symptomatiques d'une lésion stomacale (en particulier l'ulcère simple), des tumeurs qui intéressent le pneumogastrique et le sympathique dans une portion quelconque de leur ti^ajet ou de lésions de l'axe cérébro-rachidien (myélites, ataxie, etc.).
Physiologie pathologique. — Comme celle de toutes les névroses, elle présente encore beaucoup d'obscurités. Les lésions des nerfs de l'estomac, bien que probables, n'ont pas encore été démontrées. Romberg a fait une étude approfondie des différences s> inptomatiques qui se produbent suivant que l'irritation hyperesthésique atteint le vague ou le sympathique. Au premier cas appartiennent ces réflexes que nous avons signalés dans la description de la maladie : palpitations, dyspnée, boulimie, etc.; au second, les congestions de la face et du cerveau, les i)aralysies vaso-motrices d'un côté du corps, le vertige stomacal.
M. le professeur Jaccoud a observé la gastralgie par réduction
lOai MALADIES DE L'ESTOMAC.
d'un varicocèle occasionnant nne augmentation de pression dans les veines abdominales et la compression du plexus solaire.
L'enchevêtrement des fibres sensitives et motrices rend parfaitement compte des crampes musculaires qui se produisent pendant Taccès et peuvent même le constituer uniquement. Les fibres motrices ou les fibres sensitives peuvent être atteintes isolément, comme le prouvent bien les vomissements incoercibles qui ne s'accompagnent pas de douleurs et les crises douloureuses sans vomissements (Axenfëld).
Diagnostic. Pronostic. — On devra d'abord s'appliquer à chercher si la gastralgie est symptomatique ou idiopathique.
La colique hépatique peut simuler la gastralgie, mais la douleur siège dans Thypochondre droit et est réveillée par la pression ; l'ictère est fréquent.
Le rhumatisme musculaire du grand droit et V hyper esthésie musculaire que Briquet a signalée chez les hystériques se distinguent par leur siège superficiel, la douleur que réveille la palpation ou la contraction du muscle, Tabsencc de troubles gastriques.
Le diagnostic avec la gastrite est plus difficile : il sera basr sur l'anorexie, l'état saburral des voies digestives, la fièvre, les caractères de la douleur. V ulcère simple ne pourra quelquefois être distingué de la gastralgie qu'après l'apparition des hématémèses : une étude attentive de tous les symptômes autres que la douleur permettra en général d'éviter l'erreur. Quant au cancer, il est rare qu'il affecte la forme cardialgique.
Le pronostic est favorable en ce sens que la gastralgie en ellemême ne cause jamais la mort; il ne faut pas cependant perdre de vue l'influence fâcheuse qu'elle exerce sur la nutrition et sur les fonctions psychiques.
Traitement. — L'examen étiologique est de la plus haute importance dans le traitement de la gastralgie ; il n'est pas rare en eiïd de la voir disparaître par la suppression des causes qui la produisent (écarts de régime, entozoaircs, affections utérines, etc.), on par la modification qu'une médication rationnelle ne manque pis d'imprimer à certains états diathésiques (arthrilisme, chlorose, anémie, intoxication palustre, etc.).
En dehors de ces indications, le traitement est purement symptomatique. Les crises cardialgiques seront calmées par les narcotiques : l'opium et surtout les injections sous-cutanées de morphine ont souvent l'effet le plus rapide; la belladone, la jusquiame, la cignê
apaisent également la douleur, mais moins rapidement. Les boules d*eau chaude à la région épigastrique suffisent parfois pour calmer les crampes les plus douloureuses, la chaleur agissant sur les muscles de la vie végétative comme Télectricité sur ceux de la vie de relation (Gubler). Dans les cas les plus rebelles on aura recours aux inhalations d'éther et de chloroforme.
En général, on retirera les plus grands avantages de Temploi des antispasmodiques : bromure de potassium, musc, valériane, médicaments cya7iiques (cyanure de potassium et de zinc, acide cyan* lijdrique médicinal).
ScHMiDTiiANN. Summa obscrv. me<l., Berlin, 1826. — Barras. Traild des gastralgies et des enlëralgics,18i7. — RoxDERa. Lehrbuch dcrNervcnkrankheiten. Berlin, 1850. — AXEKFELD. Névroses in Pathologie de Requin, t. IV. 18C3. — GUBLBR. Cours de la Facaltë de mikiecine, 1874. -^ GRISOLLE, Trousseau. Clinique médicale. Jac- COUD, op. cit. —Raymond. Des dyspepsies, th. d'agrégation, 1878.
MALADIES DE L'iNTESTIN. ENTÉRITE.
Ventérite est l'inflammation catairhale de la muqueuse inteslinalc. Elle est aiguë ou chronique. Elle peut coïncider avec le catarrhe de Testomac (gastro-entérile), s'étendre à la fois à Tinteslin ^ie et au gros intestin (entéro-colite), ou enfin se localiser dans une portion de Tintestin (duodénite, typhlite, rectite, etc.).
ÉTIOLOGIE. — L'entérite est une maladie de tous les âges, elle est fréquente surtout chez les enfants. Chez ceux-ci elle reconnaît pour causes principales : la dentition (Trousseau), Talimentation par un lait de mauvaise qualité ou non en rapport avec leurs facultés digcstives, le sevrage; chez l'adulte sa cause la plus commune est également une alimentation excessive ou de mauvaise qualité : aliments gras ou altérés, fruits verts, viandes fumées, poissons gâtés, etc. Les purgatifs, les drastiques surtout, peuvent avoir une action identique ; il en est de même des balsamiques et de certains narcotiques, colchique, ciguë, aconit, qui déterminent des gastro-entérites parfois très-intenses. L'indigestion est souvent sou point de départ.
Les affections locales de l'intestin, les polypes, le traumatisme et les corps étrangers, les vers intestinaux, les occlusions par torsion, invagination, matières fécales durcies, etc., peuvent donner naissance à une entérite limitée ou étendue. Les désordres des organes voisins peuvent agir de la m(!me façon (rectile dans le cancer de Tutérus, etc.).
1086 MALADIKS DE L'INTESTfN.
Les émotions morales vives, la joie, la peur, l'impression du froid, donnent lieu, par trouble de l'innervation vaso-motrice, à des diarrhées dans lesquelles une part revient toujours à Finflammatioo. Les fièvres éruptives, les brûlures, Férx'sipèle, toutes les affections cutanées qui intéressent une lai^ portion du tégument externe donnent lieu quelquefois à des entérites (1).
Nous avons signalé déjà les inflammations catarrbales du tniu' digestif par élimination à la surface de la muqueuse digestive de l'urée (Luton, ïreitz, Lancereaux) clieï les briglitiques, de l'acide uriqiio riiez les goutteux. Les maladies dyscrasiques et lespyrexies, Vinfeclion purulente, la Inbcrculose, les fièvres ataxo-adynamiques, sont presque constamment accompagnées de catarrhe intestinal.
Enfin la stase veineuse dans le système de la veine porte, à la suite de maladies du foie, d*hémorrhoïdes, de lésions cardio-pulmonaires, est une source fréquente d'entérites.
Anatomie PATHOLOGIQUE. — Forme aiçuë. — Ici comme dans toutes les autres inflammations du tube digestif, rh\perémie, si elle est légère, peut ne pas laisser de traces après la mort; lorsqu'elle est plus intense, elle se traduit par une dilatation du réseau vasculairesous forme de unes arborisations, par la tuméfaction et le ramollissement de la muqueuse. Souvent dans la portion de l'intestin qai est enflammée (généralement c'est le côlon ou la portion terminale de l'intestin grêle), on voit les glandes de Brûnner, les plaques de Pcyer et les follicules clos faire saillie à la surface de la muqueuse. Les follicules clos apparaissent comme des points noirs rappelant l'apparence d'une barbe fraîchement rasée (Smith), ou bien ils sont blanchâtres, confluents {psorentérie), comme si la muqueuse éuit parsemée de grains de sable (Habershon).
En même temps l'épithélium en se desquamant donne naissance à un mucus opaque et visqueux, parfois puriforme. Lorsque rhyperémie atteint son maximum d'intensité, elle donne naissance à des formations pseudhyméniques (Fôrster) qu'il ne faut pas confondre avec les plaques de muguet dont la présence a été consuiée par M. Parrot jusque dans le gros intestin.
En général, le tissu sous-muqueux n'est pas atteint par la phlogose ; cependant dans les formes intenses il peut s'infdtrer de séro-
(1) On sait qu'en supprimant chez un animal les fonctions cutanées au moyen du vernissage on amène la production d'ime diarrhée albuinincnse (expériences de Fourcault et de Balbiani).
site ; Becf{iierol a même signalé on cas d'infiltration purulente des tuniques du duodénum.
Forme chronique, — Elle atteint presque exclusivement le gros intestin. La muqueuse offre une coloration peu intense, brune ou ardoisée, les glandes de Lieberkiihn sont atrophiées par place ou, au contraire, deviennent kystiques, le tissu conjonctif hypertropliié donne naissance à certaines formes de polypes (polypes papillO'glandulaires) que Ton observe surtout dans le rectum. Les sécrétions sont notablement modifiées et consistent en un liquide abondant, grisâtre, puri forme, ou en mucosités gélatineuses souvent siiiées de sang.
Les tuniques de Fintestin sont généralement épaissies et résistantes : cette entérite parenchymateuse peut avoir pour conséquence Tatrophiedes tuniques ou bien leur dégénération lardacêe ou amyloide.
L'ulcération est une des lésions les plus fréquentes de Tentérite chronique : son point de départ est le plus souvent dans les follicules. Ces ulcérations peuvent être étroites, sinueuses, superficielles, visibles seulement lorsqu'on regarde obliquement la muqueuse; d*autres fois elles se réunissent et causent, en étendue et en profondeur, de vastes fiertés de substance. Toutes les formes d'ulcération sont donc possibles. Certaines maladies, tuberculose (i), variolCy etc., prédisposent à cette forme à'entéro^olite ulcéreuse.
Dans quelques cas exceptionnels, notamment chez les enfants, l'autopsie ne révèle aucune lésion macroscopique (Bednar, Barthei et Rilliet, Fôrster).
Les ganglions mésentériques, parfois un peu augmentés de volante, sont sains le plus souvent. La dégénérescence graisseuse du foie est fréquente (Legendre).
Description. — Nous décrirons successivement Vetitériteaiguëj ïentérite chlolérifomie des enfants, Ventérite chronique.
Enlérite aiguë. — a. Forme bénigne, — L'entérite débuie ordinairement avec brusquerie, sans autres phénomènes prodromiques qu'un peu d'anorexie, de diflBculté dans les digestions, d'endolorissement du ventre. Cependant chez les enfants, aux symptômes abdoroiiiauz qui précèdent l'entérite, vomissements, diarrhée, vient se
(1) Cf*s tilcéralions, surtout celles de la tuberculose, ont de la tendance à <e développer dans un plan perpendiculaire à Taxe de Tintcslin et à former des anneaux transversaux. On se rappelle que les ulcérations typhiqucs sont au contraire longitudinales.
joindre une fièvre plus ou moins accusée qui peut persister pendant toute la durée de la maladie.
Le premier symptôme est la douleur. Bien qu'elle puisse se localiser au niveau de la portion de l'intestin qui est atteinte par l'inflammation, la douleur se concentre ordinairement au pourtour de l'ombilic, d'où elle semble s'irradier dans le reste de l'abdomen sous forme de coliqueSy soit sourdes et contusives, soit aiguës et lancinantes; en général peu intense, elle augmente [par la pression et se calme après les selles pour reparaître quelque temps après.
Les évacuations sont diarrhéiquss dès le début, à moins toutefois que l'inflainmation n'ait atteint que l'intestin grêle ; d'abord composées de matières fécales, elles deviennent muqueuses ou séromuqueuses, se colorent en jaune ou en vert par la bile et contiennent des débris épithéliaux, des fragments d'aliments mal digérés, des micro-organismes, pai*fois même un peu de sang. La lientéric est de règle chez les enfants. £n même temps le ventre se météorlse et devient tympanique : la palpation détermine des gargouillements et la percussion donne un son hydro-aérique, indices de la présence d'un mélange de gaz et de liquides, que révèlent également de fréquents borborygmes.
Nous devons signaler ici les diflérences qui se produisent suivant la localisation de l'entérite. Dans la duoiénite qui, malgré l'opinion de BroussatSy s'accompagne ordinairement de catarrhe gastrique, on peut observer une réaction fébrile légère et de l'ictère; hjéjunile et Viléite sont surtout caractérisées par les douleurs, la diarrhée pouvant manquer complètement; enfin les selles sanglantes et le ténesme n'existent que dans la colite et la redite.
Quoi qu'il en soit de ces variétés de siège, l'entérite peut cesser complètement après quelques évacuations aivines : elle dure rarement plus de quatre à sept jours chez l'adulte, de dix à quinze jours chez l'enfant. Les douleurs cessent, le nombre des selles diminue, l'appétit revient et il ne reste bientôt plus qu'un peu de faiblesse qui se dissipe rapidement. (]hez les enfants, il y a constamment une perte de poids assez considérable (D'Ëspine et Picot).
b. Forw^gfrayô.— Laformegraveestrarechezl'adulte; fréquente, au contraire, chez les enfants. Chez ceux-ci, elle peutètre/?rtmt7iiv, c'est-à-dire dépendre de la dentition, d'une mauvaise alimentation, du sevrage, ou bien elle se produit secondairement dans le cours d'autres maladies : rougeole, broncho-pneumonie, atrophie infantile.
ENTÉRITE. i08d
Elle débute comme la forme bénigne, mais la réaction fébrile s*accuse davantage et atteint environ 39 degrés ; Tanorexie est corn- ' plète, la langue rouge et sèche, le ventre se ballonne et se couvre parfois d'une éruption de taches rosées lenticulaires (Rilliet et Bartliez). Les selles très-fréquentes sont liquides, séro-rauqueuses, colorées en brun ou en vert par la bile, ou demi-solides et très-fétides. Elles sont fortement acides et déterminent de Térythème des fesses et des cuisses. La prostration des forces et Tamaigrissement sont rapides et très-marqués : les yeux se cerclent, les (rails se tirent, et lenfant, comme on Ta si bien dit, ressemble à un petit vieillard. Enfin les phénomènes cérébraux sont fréquents et revêtent tantôt la forme convulsive, tantôt la forme méningitique (Rilliet).
Malgré son apparence si grave, cette forme de Tentérite est rarement mortelle chez l'enfant si elle est primitive : la guérison survient du huitième au dixième jour. Lorsque, au contraire, elle est secondaire, la terminaison est le plus souvent fatale, surtout si Fenfant est toujours à la mamelle. Chez l'adulte l'entérite aiguë est également bénigne, à moins qu'une maladie antérieure n'ait amené la débilitation du malade : on évitera de confondre l'entérite aiguë avec la fièvre lyphoîde.
Le passage à l'état chronique a été observé quelquefois.
Entérite cholérifonne (cholérine, choléra infantum, choléra nostraSt choléra simple). — L'entérite suraiguë que l'on décrit sous ce nom est un symptôme commun au choléra infantile, sporadique, asiatique et aux em)X)isonnements par les narcoticoàcres.
L'entérite cholériforme atteint les adultes et les enfants et se montre surtout pendant les grandes chaleurs. L'estomac participe toujours au catarrhe intestinal. La pathogénie de l'entérite cholérifonne est à peu près inconnue ; il est probable cependant qu'il faut la rapporter à une paralysie vaso-motrice généralisée du sympathique abdominal.
11 est rare que l'entérite cholériforme soit précédée d'une période prémonitoire de troubles dyspeptiques ou d'entérite aiguë : elle débute en général très-brusquement par des vomissements et de la diarrhée. Les selles se décolorent très-rapidement, deviennent «éreuses et renferment souvent de petites concrétions épithéliales, blancliâtres; les vomissements sont composés de matières semblable. La soif est très-vive, l'urine se supprime, le sang se coudense et le pouls devient filiforme et imperceptible; les cxtrénntés, la face se refroidissent et se cyanoscnt, la voix est cassée. L'aniai-