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L. et T. — Palhol. et clin. niéd

grissement qui survient très-rapidement, atteint le corps tout entier, mais est surtout marqué à la face qui prend un aspect sénile ou hippocratique ; chez Tenfant, on observe la dépression dos fontanelles et le chevauchement des os du crâne. Cependant les douleurs et les coliques sont à peu près nulles.

Chez l'enfant on ne peut guère distinguer cet état du choléra véritable que par l'absence de crampes et de cyanose de la face ; chez Tadulte où ces deux phénomènes se montrent le diagnostic est beaucoup plus difficile ; cependant Tabsence de selles riziformes et de période réactionnelle ainsi que la non-épidémicité du mal suffisent en général au diagnostic.

Lorsque la terminaison est fatale, ce qui est la règle chez l'enfant, la mort survient du premier au quatrième jour au milieu des convulsions ou du collapsus. Chez l'adulte la guérison est la règle, à moins toutefois que le malade ne se trouve dans de mauvaises conditions qui ne lui permettent pas de supporter l'énorme déperdition à laquelle il est soumis.

Lorsque la réaction s'établit, la chaleur revient aux membres, le pouls se relève, les vomissements cessent, les évacuations alvines deviennent moins fréquentes et se colorent à nouveau, la soif diminue à son tour. Généralement c'est du cinquième au huitième jour que survient la guérison.

Entérite chronique. — L'entérite ou entéro-colite chronique peut succéder à la forme aiguë ou se montrer chronique d'emblée. Dans ce dernier cas, c'est qu'elle est sous la dépendance d'une c^iuse persistante : mauvais régime alimentaire, excès alcooliques, maladies du foie et de l'appareil cardio-pulmonaire, tuberculose, mal de Bright, arthritis, atrophie de l'appareil glandulaire intestinal

L'cntéro-colite est une maladie apyrétique et peu douloureuse. Son symptôme le plus constant, parfois unique pendant un tem{)S très-long, est la diarrhée. Les malades ont par jour cinq à six selles liquides, muqueuses ou séreuses (diarrhées albuminetises) plus ou moins colorées en jaune ou en vert, ordinairement très-fétides : elles renferment parfois des concrétions membraniformes affectant la forme de longs cylindres, des traces de pus et de sang. Le besoin de déféquer se montre souvent aussitôt après le repas, et les selles contiennent une partie des aliments que le malade vient d'ingérer et qui n'ont pas subi de modifications {lientérie) ; il se produit aussi à la suite d'une émotion vive, d'une marche un peu prolongée, etc.

Chez certains malades, les hémorrhoîdaires et les goutteux en |)articulier, c'est au contraire la constipation qui est de règle dans rentéro-colite chronique. L'intervalle qui sépare les selles est parfois considérable : il faut sans doute Tattribuer à Tabsence de transsudation calarrhalc*et à l'inertie des intestins, l'iiypersécrélion glandulaire existant seule (Jaccoud).

La douleur est peu intense : les coliques sont peu vives et ne se montrent que quelque temps avant les selles. Cependant une pression un peu forte réveille généralement une douleur assez vive sur le trajet du côlon.

Pour peu que l'entérite chronique se prolonge, elle s'accompagno d'un amaigrissement et d'une consomption rapides : la prostration des forces peut être considérable ; les malades pâlissent, leur peau devient sèche, râpeuse et prend une teinte terreuse. On voit souvent apparaître des troubles névropathiques, surtout chez la femme, et en particulier des points douloureux réflexes comme ceux que le ly D. Crouzet a signalés dans la seconde enfance : ce sont surtout i\(^ névralgies lombo-abdominales et intercostales qui peuvent atteindre le crural, le sciatique et même le trijumeau. On doit évidemment rapprocher ces troubles nerveux de ceux que Beau a décrits chez les dyspeptiques.

Chez les enfants, il survient un coma particulier avec des convulsions et des cris aigus semblables à ceux de la méningite. Enfin le malade réduit au dernier degré du marasme est enlevé par In cachexie, qu'elle s'accompagne ou non d'anasarque, ou par une affection intercurrente (pneumonie, thrombose des sinus chez les enfants) .

Cette terminaison funeste est raœ lorsque l'entérite n'est pas symptomatique d'un état lui-même incurable (tuberculose, urémie, cancer). Au bout d'un temps variable et après une série de rémissions et d'exacerbations, on voit les symj)tômes abdominaux s'amender, l'appétit renaître et les forces se rétablir.

Le diagnostic ne présente pas de difficultés; mais le clinicien doit surtout s'appliquer à rechercher si la diarrhée est symptomatique. On conçoit en effet l'importance de la notion étiologique pour le pronostic et le traitement.

Traitement. — Entérite aigu^. — Le traitement de l'entérite aigne bénigne est des plus simples : les évacuants unis à une diète !('*gère, au repos, aux boissons mucilagineuses et à quelques applications émoUieutcs sur l'abdomen, formeront la base de la médica-

1092 MALADIKS DE L'INTESTIN.

tion. Si les coliques et la diarrhée persistaient, quelques gouttes de laudanum ou un peu de poudre de Dower suffiraient pour les faire disparaître.

Dans renlérite aiguë à forme grave on aura recours aux mêmes moyens, mais d'une façon plus énergique. La diète sera plus sévère, le repos plus absolu. Les préparations opiacées administrées parla bouche ou le rectum sont celles qui conviennent le mieux pour arrêter la diarrhée et calmer les douleurs ; on y joindra souvent avec avantage le sous-nitrate de bismuth, la craie préparée, la glace sur l'abdomen. Chez les enfants, West a conseillé les mercuriaux (caltv mel, mercure associé à la craie) ; mais Meigs et Pepper, D'Espine et Picot ne sont pas partisans de cette méthode ; on a conseillé aussi ripécacuanha, Tacide chlorhydrique (Hénocb), le nitrate d'arçent.

M. Luton préconise une méthode spéciale, qui d'ailleurs avait déjà été indiquée par Trousseau et à laquelle il attribue d'excellents résultats : c'est la diète absolue avec de l'eau fraîche et fillrép à discrétion pour unique boisson. Au bout de trois à cinq jours le malade est guéri.

Nous n'insisterons pas ici sur Vindication causale que le praticien doit toujours rechercher et sur laquelle nous reviendrons plus loin. Quant à l'alimentation durant la période de convalescence, elle devra surtout se composer d'aliments albuminoîdes dont la digestion se fera dans l'estomac, comme les œufs, la viande crue, le lard. Chez les enfants le régime variera suivant la nature de l'allaitement : lorsque l'enfant est encore au sein , on réglera soigneusement se«5 repas et dans l'intervalle on lui donnera un peu de sirop de coin«; ou de décoction blanche de Sjdenham. Dans le cas contraire, on cherchera à lui faire reprendre le sein, et, s'il est trop tard, on Ip mettra au lait de chèvre ou d'ânesse, coupé d'eau de chaux oa d'eau de Vichy. Si le lait est mal toléré, il faudra recourir aux bouillons de poulet, aux œufs, au vin de Malaga par petites cuillerées à café (Jaccoud).

Entérite cholériforme, — On prescrira la diète absolue ou bien on ne permettra que de très-petites quantités de lait, de bouillon ou de vin glacés. La diarrhée sera combattue par l'opium et la glace à l'intérieur et sur l'abdomen. Si les préparations opiacées sont mal supportées à l'intérieur, on usera des injections hypodermiqpies de morphine qui donnent souvent les meilleurs résultats. Luton, malgré les dangers que tous les auleui's reconnaissent dans ce cas aux opiacés, a pu, même chez de très-jeunes enfants, injecter 1 mil-

Ugramme de morphine sans inconvénient. On pourra enfin employer les lavements à Tipécacuanha (Chouppe).

L'algidité et le coUapsus seront énergiquement traités par les frictions siimulantes (linges chauds, sinapismes, etc.) et à Fintérieur par les alcooliques (potion de Tood, vin de Porto, élixir de Garus' et Tacétate d'ammoniaque.

Entérite chronique, — C'est ici surtout qu'il importe de rechercher l'indication causale. Des habitudes alcooliques, un mauvais régime diététique pourront parfois être écartés. Les maladies du cœur et du foie demandent l'emploi des drastiques et des sangsues àTanus, qui agissent en diminuant la tension dans le système porte. Dans le mai de firight, on cherchera à provoquer une diurèse abondante.

Le sous-nitrate de bismuth associé à l'opium, laudanum ou diascordium, sera employé contre la diarrhée. S'il ne réussit pas, on aura recours aux astringents : ratanhia, cachou, tannin, bois de eampécbe, Colombo, etc. On a aussi recommandé les lavements d'ipécacuanha et de nitrate d'argent, le perchlorure de fer, la noix vomique (Shoyer, Luton), les frictions d'huile de croton (Nonat), les vésicatoires sur l'abdomen. La constipation demande au contraire l'emploi des drastiques.

Le régime de l'entérite chronique est de la plus haute importance. On réglera d'abord l'alimentation et on la réduira à des substances facilement assimilables par l'estomac : la viande crue mélangée à la gelée de groseille, au bouillon, à des œufs brouillés (Jaccoud), donne parfois des résultats remarquables. Il en est souvent de même du régime lacté exclusif. Les eaux gazeuses on alcalines seront de précieux adjuvants, surtout celles de Garlsbad, Enis, Vichy, Plombières (Bottentuii).

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Synonymie : colite, tormina, etc.

La dysenterie est une entéro-collte spécifique, caractérisa par une diarrhée liquide et sanguinolente avec ténesmeet épreiiites, par un état général grave et une grande tendance aux récidives.

La dysenterie a été connue et étudiée dès la plus haute antiquité. Ilippocrate, Arélée, Galien, Celse, etc., et, après eux, les médecins arabes et ceux du moyen âge Font décrite en englobant dans son histoire un certain nombre d'autres aiïections abdominales. C'est surtout depuis la fin du siècle dernier qu'on la connaît d'une façon complète^ grâce aux travaux de Pringle, Zimmennann, Choinel, Gély, Masselot et Follet, Cambay, Haspel, Dutroulau, etc. L'anatomie pathologique n'a bien été étudiée que de nos jours, et entre autres travaux importants nous citerons ceux de Cornil et de Kelsch (1873).

La dysenterie est aiguë ou chronique : on l'observe à Tétat sporadigue, épidémiqtie ou endémique.

ÉxiOLOGiE. — La dysenterie atteint tous les âges et tous les tempéraments ; elle est peut-être plus fi-équente chez l'homme que chez la femme. Les émotions vives, la |)eur, les chagrins, la nostalgie, ont une grande influence sur sa production. Les étrangers résidant dans un pays où elle est endémique en sont généralement atteinte, même lorsqu'ils sont acclimatés.

Les influences cosmiques sont très-importantes à considérer. Bien qu'on l'observe sous toutes les latitudes, c'est surtout dans les pays tropicaux que la dysenterie règne endémiquement ou épidt^ iniquement. Les changements brusques de température, aussi bien dans les pays chauds que dans les régions septentrionales, les gramU^ chaleurs dans les pays humides et marécageux, l'enconibremenl sur les vaisseaux, dans les bagnes, les prisons, les casernes, sont des causes prédisposantes très-efficaces. L'époque de sa plus grande

fréqucace est la Gn de Tété et Fautomne. L'influence de la nature géologique du terrain n'est pas prouvée.

A ces causes il faut ajouter celles qui proviennent d'une mauvaise nourriture (aliments avariés ou indigestes, fruits verts), de l'abus des alcooliques, de l'ingestion excessive des eaux potables ou de leur mauvaise qualité (A. Falot, Gayme, etc.).

Les fatigues de toutes sortes, les maladies antérieures, choléra, fièvre jaune, scorbut, colite, favorisent l'apparition de la maladie. Depuis longtemps on connaît l'influence réciproque des maladies du foie et de la dysenterie et nombre d'auteurs les regardent comme dues à un miasme identique (Dutroulau) ; il existe également un rapport entre la dysenterie et le typhus.

La contagion de la dysenterie n'est pas démontrée. Les récidives de la forme aiguë sont fréquentes et donnent lieu le plus souvent à la forme chronique.

Anatomie pathologique. — Dysenterie aiguë, — Dans la forme /^^èr^, les lésions siègent surtout dans le rectum et à la fin du côlon: elles consistent principalement en un boursouflement très-notable de la muqueuse qui est congestionnée, très-rouge et qui présente par- Ibis quelques ecchymoses. L'examen histologique montre les capillaires dilatés, les glandes de Lieberkiihn allongées ou kystiques, les follicules clos tuméfiés, le tissu conjonctif sous-muqueux infiltré et épaissi. Vers le cinquième jour au plus tard, on voit apparaître les ulcérations ; qu'elles aient leur point de départ dans les follicules ou qu'elles résultent de l'infiltration phiegmoneuse du tissu sousmuqueux, ces ulcérations sont petites et taillées comme à l'emportepièce, rarement diffuses et irrégulières.

Dans la forme grave j on observe les mêmes lésions, mais plus étendues et plus profondes. La muqueuse est d'un rouge brunâtre ou ardoisée, très-boursouflée, ramollie. Les ulcérations, très-étendues, sont précédées de la chute de vastes lambeaux de muqueuse gangrenée : les ulcérations sont parfois si étendues que c'est à peine s'il reste quelques plaques de la couche glanduleuse apparaissant sous la forme d'excroissances saillantes et grisâtres. Les parois des vaisseaux sanguins sont revenues à l'état embryonnaire (Cornil et Ranvier), et Kelsch a vu les lymphatiques obstrués par des cellules endothéliales. Toutes les tuniques de l'intestin sont ramollies et infiltrées de sérosité ou de sang.

Dysenterie chronique. — Ses lésions sont semblables à celles qu'on obsene dans les diarrhées des pays chauds. La muqueuse est

1096 MALADIES DE L'ISTESTLS.

encorp boursouflée, d'une cotilcnr violacée ou ardoisée, parscnn;e de

kysles muqucux et d'ulcc'Taiions plus ou moins éleudues-

Les glandes de Liel)erkulin sont allongées, plus ou moins comprimées Rt atrophiées, ou mf-me détruites en grande partie au nivpau drs tilc^Talions. C'est aussi sur les surfaces ulcérées que l'on Toil à l'œil nu des dépressions folliculaires bien décrites et figurées par M. Comil, Ces dépressions sphéri(|Des, lantAt uniques, tantôt ï plusieurs loges, occupent la place des folticnles clos qui ont été détruits, et viennent s'ouvrir à la surface de la muqueuse nlrérfcpir un oriflce régulier assez étroit : la pression en feît facilement sourdre un mucus concret alwndant que l'on a comparé à du trai de grenouille.

Les ulcérations occupent le cOlon et très-rarcmenl la portion terminale de l'intestin grPIe; elles peuvent gagner en profondeur ei per/orer l'intestin, notamment dmis les points où les tuniques sont amincies (Gély). D'autres fois, les parois de l'inieslin sont hypertrophiées.

Lorsque la réparation a lieu, elle se fait par production de bourgeons charnus et d'un tissu cicatriciel qui peut occasionner des rétrécissements secondaires.

Le ramollissement des ganglions mésentériques, la thrombose des veines mésaraïques, les hépatites suppnrées, s'observent fréqneniment dans le cours ou à la suite des dj-senteries aiguCs et chroniques.

Dans la dysenterie aigiiê et dans les poussées aiguës de la forme chronique, les selles sont d'abord composées de mucosités glaireuses ou vitreuses qui les ont fait comparer à dufraidegrcnouille. Lorsque les ulcérations se sont produites, les selles deviennent séreuses, elles renferment des lambeaux membraniformes de la moqueuse et sont colorées en rouge par du sang qni leur donne

" tde la lavure de chair. Elles contiennent, outre les débris

muqueuse et les globules rouges, des globules blancs et des rcs en grand nomluv; quelquefois elles sont composées de )resque pur. Dans la dysenterie chronique, les sellts sont uses brunes. jaunSircs ou verddtres, souvent lientériques et nent du phosphate am mon iaco-ma gués ien. CBiPTiOM. — Dysenterie aiguë. — La forme I^ère de la dye débute Rénéralement sans prodromes, par des douleurs vites eau de l'S iliaque. Celles-ci sont fiies on s'irradient le long m et du rectum : la pression les exaspère. En même temps

les malades éprouvent des épreintes assez vives, et les évacuations alvines, peu abondantes, ne dépassant pas le nombre de dix à douze par jour, sont suivies de ténesme. Celte forme est apyrétique et ne donne lieu qu'à un peu d*état saburral des voies digestives supérieures. Observée à Tétat sporadique dans nos contrées, e!le dure environ cinq ou six jours, mais dans les pays chauds elle offre une grande tendance à récidiver et à passer à Tétat chronique.

La forme grave est, an contraire, précédée de symptômes prémonitoires (abattement, céphalalgie, somnolence) durant de quelques heures à deux jours au plus : puis les douleurs abdominales se déclarent avec la plus grande intensité; elles sont tormineuses, très-pénibles, presque incessantes, car elles accompagnent le besoin d'aller à la selle, et celui-ci peut se présenter un nombre de fois prodigieux. Zimmermann a compté deux cents selles dans l'espace de quelques heures. Ces évacuations peu abondantes s'accompagnent d'efforts très-douloureux, d'une sensation de cuisson et de brûlure à l'anus, et sont suivies d'un ténesme insupportable. Le ténesme vésical s'observe aussi très-souvent et le malade, après de violents efforts de miction, ne laisse échapper que quelques gouttes d'une urine sédimenteuse ou d'un mucus blanchâtre.

La fièvre qui accompagne souvent ces formes graves est en rapport avec l'âge et la constitution des sujets. La soif est vive, la peau sèche et terreuse est froide aux extrémités, chaude au tronc. Le pouls est petit, filiforme, irrégulier, le faciès hippocratique, l'amaigrissement et la prostration des forces sont considérables. Dans les derniers moments, les douleurs cessent et les évacuations deviennent involontaires : on peut voir aussi survenir des entérorrhagies mortelles, des perforations de l'intestin suivies de péritonite, l'infection purulente.

La durée de la maladie est variable, et c'est assez arbitrairement qu'on donne le nom de dysenteries aiguës à celles dont la durée ne dépasse pas vingt jours. La terminaison fatale |)eut survenir dès le troisième ou être retardée jusqu'au huitième ou au neuvième. La mortalité est d'ailleurs très- variable suivant les épidémies, la latitude, etc.

La prédominance de certains symptômes a fait décrire séparément un grand nombre de variétés : la dysenterie ataxique, accompagnée de délire, de soubresauts de tendons, etc.; la dysenterie odynamique, caractérisée par la prostration, le météorisme, les fuliginosités; la dysenterie inflammatoire, dans laquelle la fièvre est vive; la dysenterie cholérique, dans laquelle prédominent au

contraire le symptômes de l*algidiié ; la dysenterie bilieme aiec des fréquentes envies de voniir, indice d'un catarrhe gastro-duodénal; la dysenterie hépatique, observée surtout dans les pays chauds (ictère, abcès du foie) ; la dysenterie arthritique (Stoll, Delioux de Savignac, Quinquaud, Têtu) avec des déterimnatioib rhumatoïdes du côté des jointures, etc.

Dysenterie chronique. — Elle s'observe souvent dans les pays chauds; elle succède ordinairement à une série d'attaques aiguës. C'est vers le vingt-cinquième jour qu'on voit les douleurs cesser plus ou moins complètement et les selles se réduire à cinq ou six par jour : les évacuations alvînes sont très-variables, ordinairement féculentes ou séreuses, puriformes, très-fétides, rarement sanguinolentes. L'anus est en infundibulum, largement béant, ce qui explique la sortie involontaire des matières fécales. Dans les formes gi^aves et à la dernière période de la maladie il survient rapidement une cachexie spéciale, apyrétique, caractérisée par un amaigrissement considérable, la prostration absolue des forces, l'état sec et rugueux de la peau, la rétraction du ventre, l'extinction de la voix. En même temps on observe la perte complète de Tappétit ou au contraire de la boulimie, du pica, de la malacia : de vastes ecchymoses violacées apparaissent et la mort arrive par épuisement. Une recrudescence aiguë, une perforation ou quelque autre complication (abcès du foie, tuberculose, etc.) peut venir s'ajoutera la maladie et hâter le dénouement.

La durée de la dysenterie chronique varie de deux mois à plusieurs années : elle est souvent coupée par des rémissions trompeuses, plus ou moins longues.

Traitement. — Le traitement est prophylactique et symptO' matique.

Les règles de la prophylaxie sont nettement tracées. L'étranger qui arrive dans un pays où la dysenterie est endémique doit s'astreindre aux règles d'une sévère hygiène et éviter avant tout les excès d'aliments ou de boissons, l'usage de l'eau impure non filtrée, les refroidissements.

Les moyens pharmaceutiques sont nombreux. Dans les cas légers, on se contentera d'un purgatif salin et de quelques lavements d'amidon laudanisés avec la diète et le repos.

Dans les formes graves, c'est aussi aux évacuants (huile de ricin, sels neutres, manne) qu'il faut avoir recours. Le calomel à dose massive (1 à 2 grammes par jour) doit être spécialement recommandé.

TYPHLJTE ET PÉRITYPHLITE. 1099

L'ipécacuanha a mérité le nom de racine dysentérique ; il est surtout indiqué dans les formes graves. Ou le fera prendre par prises ou en infusion suivant la niéthode brésilienne (4 à G grammes de racine d'ipéca dans 150 grammes d*eau) ; on Ta aussi associé à Topium et au calomel (Segond, Delioux de Savignac). L*opiuni doit être proscrit^ sauf sous forme d'injections iiypodermiques de morphine quand les douleurs sont trop vives.

Dans la dysenterie chronique on cherchera à modiûer les sécrétions intestinales et à cicatriser les ulcérations au moyen des astringents et des caustiques, tannin, ratanhia, colombo, lavements au sulfate de zinc, au nitrate d'argent, a la teinture d'iode (Delioux, Chappuis). On emploiera aussi le sous-azotate de bismuth, la craie préparée, associés ou non à l'opium (laudanum, diascordium).

En même temps on soutiendra les forces du malade (quinquina, cannelle, viande crue, alcool).

Le régime lacté est un des meilleurs moyens de traitement delà dysenterie chronique. Pendant la convalescence le régime devra être rigoureusement surveillé.

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TYPHLITE ET PÉRlTYPHLrfE.

La lyphlite est Tinflammation du caecum et de son appendice vermiforme; la pérityphlite résulte de la propagation de colle inflammation au tissu conjontif situé entre Tintestin et le fascia iliaca. Il est rare que la typhiite soit simple et ne s'accompagne pas de pérityphlite.

Toutes les causes capables de produire Tentérite commune

peuvent donner naissance h la typWite : la plus fréquente est la sUgnation des matières fécales durcies dans Tampoule du caecum et rintroduction de ces madères dans Tappendice iléo-cœcal. La pérltyphliie se produit le plus souvent par perforation du caecum ou de son appendice, mais elle peut se développer également par extension simple de la phlegmasie intestinale. Ces perforations sont dues en général à la présence de corps étrangers (concrétions intestinales, calculs de phosphate de chaux et de magnésie (Leudet), noyaux ou pépins de fruits, épingle (Whipham), grains de plomb, etc.) dans l'intérieur de l'appendice venniforme qui ne peut les expulser; on les a également observées dans la fièvre typhoïde et l'entérite tuberculeuse (Duguet).

La typhjite se rencontre à tout âge : elle est fréquente chei les enfants (Meigs et Pepper, Gerhardt, Lewis), ce qui est dû sans doute à leur habitude d'avaler toutes sortes d'objets (Chassaignac). Elle offre une grande tendance aux récidives.

La typhlite présente deux symptômes caractéristiques : la douleur et l'apparition d'une tumeur dans la fosse iliaque droite. 1^ douleur apparaît soit brusquement, soit après quelques alternatives de constipation et de diarrhée : limitée au niveau du caecum, ou s'irradîant du côté des lombes et de la cuisse, elle est contosiTC et très-vive; elle s'exaspère par la pression et les mouvements du tronc. La tumeur est assez nettement circonscrite, de forme cylindrique, mate à la percussion. Il existe en général peu de Gèvre ; la constipation est de règle et s'accompagne assez fréquemment de vomissements, parfois même des signes de l'occlusion intestinale. La typhlite simple est d'assez courte durée et se termine en général par la guérison : il n'en est plus de même lorsqu'il y a inflammation de voisinage ou perforation.

La.pérityphlite débute le plus souvent avec brusquerie par une douleur très-intense dans la région ilio- inguinale droite, sans avoir été précédée d'aucun phénomène ayant pu faire reconnaître l'existence de la typhlite ou l'ulcération du cœcum. Cette douleur est fixe, continue sans exacerbations , augmentant d'acuité pendant douze à vingt-quatre heures (J. Burne), s'exaspérant par le moindre contact, les mouvements, la toux, la pression des couvertures. La fièvre est constante, plus ou moins vive selon les cas, la température varie d'ordinaire de 38 à 39 degrés ou 39*,5. En même temps le malade a des nausées et des vomissements, la '^ation permet de constater une tumeur profonde qui, vers le

TYPHLlTfi ET PÉRITYPIILITE. 1101

dixième jour et même plus tard, devient superficielle et volumineuse, laisse percevoir de la fluctuation, parfois même de la crépitation emphysémateuse. La constipation est opiniâtre.

La résolution est fort rare (Grisolle), la suppuration est la règle. Lorsque le pus est formé, ce qui s'annonce par des frissons, le redoublement de la fièvre et de la douleur, Tévacuatlon du pus est Tunique moyen de guérison. Cette évacuation se produit souvent spontanément et subitement; le malade est pris tout à coup de diarrhée et rend une plus ou moins grande quantité de pus : l'abcès s'est vidé dans l'intestin, le côlon ou le rectum; la guérison est alors possible (Paulier) sans intervention chirurgicale. On a vu de même la poche puiulentc évacuer son contenu par la vessie, le vagin, la paroi abdominale antérieure ou postérieure, plus rarement dans la plèvre, le péricarde, la veine cave inférieure.

La périt yphlite est une maladie grave. Lorsque le pus est évacué au dehors par la paroi abdominale ou par les viscères creux qui l'entourent, la poche peut continuer à suppurer et le malade finit par succomber aux progrès du niaïas me et de la fièvre hectique. Dans d'autres cas, la mort sunient par péritonite suraiguë ou encore par pyléphlébitc suppurative.

A l'autopsie on trouve souvent l'appendice vermiforme distendu et volumineux, immobilisé par une péritonite adhésive plus ou moins Hmitée qui l'accole au cœcum ou le fixe à l'utérus, a h \ e.«>sie, au rectum. La poche purulente contient une quantité parfois considérable d'un pus franchement phlegmoneux ou le plus souvent mal hé, grisâtre, exhalant une odeur stercorale excessivement fétide. La perforation par laquelle le pus s'est fait jour au dehors est souvent multiple.

La typhUte simple demande seulement l'emploi de purgatifs et de cataplasmes sur l'abdomen : quelques sangsues seront apphquées dans la région du cœcum si la réaction inflammatoire est vive. C'est surtout dans la pérityphlite que les sangsues donnent de très-bons résultats. Au moment de la perforation, il faut recourir à la glace sur l'abdomen et à l'opium à l'intérieur. La fièvre de suppuration sera combattue par l'emploi du sulfate de quinine. Lorsque l'abcès est formé et qu'on sent nettement la fluctuation, il ne faut pas hésiter à intervenir chirui^icalement.

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