OCCLUSION INTESTINALE
Synonymie : Iléus, volvulus^ étranglement interne, passion iliaque,
colique de miserere.
Sous le terme général d^occlusion intestinale on désigne tous les cas dans lesquels Jes matières fécales sont arrêtées dans leur trajet intestinal.
EXlOLOGie. PaTHOGÊNIE. AnATOMIE PATHOLOGIQUE. — Au
point de vue des causes qui lui donnent naissance on peut distinguer Tocdusion par rétrécissement^ par étranglement, psiv volvultu^ par invagination, par obstruction.
Occlusion par rétrécissement. — Le rétrécissement peut être spasmodique, pariétal, cicatriciel, ou dépendre d'une compression exercée par une tumeur voisine.
Le rétrécissement spasnHklique {passion iliaque vraie de Sydenham , iléus nerveux) n'a certainement pas l'importance que lui attachaient les anciens auteurs, mais il ne doit pas être écarté d'une &ÇOD absolue. Outre qu'on peut l'observer secondairement sous une forme légère dans une foule de processus irritatifs de l'intestin, il est un certain nombre de faits, ceux de Jaccoud par exemple, où le spasme nerveux semble être la seule explication plausible des phénomènes observés.
Le rétrécissement pariétal est dû le plus souvent aux dégéné* rescences cancéreuses ou tuberculeuses de l'intestin , aux polypes de la muqueuse , parfois à la simple hypertrophie partielle des tuniques. Dans un cas observé par Laennec im kyste hydatique était la cause du rétrécissement.
Le rétrécissement cicatriciel est môms fréquent et s'observe dans la dysenterie, l'entérite simple ou tuberculeuse, la syphilis (rétrécissonentsdu rectum).
Le rétrécissement par compression extérieure est rarement absolu. La grossesse lui donne quelquefois naissance ; il en est de même des kystes de l'ovaire, des tumeurs fibreuses de l'utérus (Faucon), des bématocèles péri-utérines, de l'hypertrophie sénile de la pro • State, du cancer ou des kystes hydatiques du péritoine. On a obser\'é cette variété de rétrécissement dans les déplacements de la rate L. et T. — Paihol. et clin. raéd. 70
i:OG MALADIES DE L'INTESTIN.
(Pétrequin), du foie, du pancréas, du rein. Enfin, une anse intestinale distendue par les matières fécales peut comprimer une aQti'e portion de Tintestin et en amener l'occlusion (Bamberger).
Occlusion par étranglement, — L'étranglement peut se faire sur un orifice naturel, comme les hernies du ligament large, la hernie iliaque de Rieux, la hernie antévésicale, etc., qui se sont étranglées dans les points qu'elles occupent (Parise), ou qui , après avoir été externes, ont été réduites en masses (Gosseliu , Faucon). C'est dans le même ordre de faits qu'il faut ranger la hernie rétropéritonéale de Treitz, qui s'étrangle sur l'hiatus de Winslow, et la hernie diaphragmatique (Duguet).
L'étranglement par brides^ beaucoup plus fréquent, se produit soit sur d'anciennes brides péritonéales très-diversement disposées, soit sur des adhérences épiploîques, un diverticulum de l'iléum, l'appendice iléo-caecal dont l'extrémité libre est venue se fixer sur la paroi abdominale ou sur un viscère (utérus, vessie, etc.).
L'étranglement porte le plus souvent sur l'intestin grêle.
Occlusion par volvulu^s. — Le volvulus est rare: il se produit sur des brides péritonéales par un mouvement rotatoire de la niass(* intestinale (étranglement rotatoire de Rokitansky); parfois l'anse intestinale se tord une ou plusieurs fois sur elle-même (Oulmonl, Panas).
Occlusion par invagination. — C'est la cause laplas fréquente de l'occlusion (37 p. 100 environ). D'après la statistique de Duchaussoy, l'invagination porterait plus souvent sur l'intestin grêle que sur le gros intestin; mais Rilliet, Bucquoy, Besnier sont d'un avis absolument opposé. Affection de tous les âges, l'intussusception est assez fréquente chez les enfants (Gorham, Rilliet). Ordinaire ment simple, elle peut être double, quelquefois même triple (Bnc> quoy); le sens de sa pénétration est en général celui des matières {invagination descendante), et elle peut être poussée assez loin pour que le caecum vienne apparaître à l'anus ; cependant eUe se fait quelquefois de bas en haut (invagination rétrograde).
Le mécanisme de l'intussusception n'est pas toujours le même. Dans le cas de polypes, le poids de la tumeur suffit pour entraîner mécaniquement l'intestin : le plus souvent l'invagination est due aux in^alités et aux irrégularités des contractions péristaitiques. C'est ainsi, par exemple, que l'on doit expliquer les invaginations agonales que l'on rencontre si fréquemment aux autopsies.
Les portions invaginées présentent des rapports invariables qoi