COLIQUE INTESTINALE
Bien que la colique intestinale ne constitue pas une maladie, mais seulement un symptôme, elle se rencontre si fréquemment dans les maladies de l'intestin, que nous avons cru devoir lui consacrer un chapitre à part, en raison de son importance sémiotique. On donne le nom de coUque à une douleur particulière siégeant dans l'abdomen, exacerbante, constrictive ou déchirante, ayant de la tendance à 1 irradiation et s'accompagnant toujours d*une sensation pressante d'expulsion. Ce besoin d'évacuations et le soulagement <]ui en résulte sont constants dans la colique que^ d'une façon gé-
liîO MALADIES DE L'INTESTIN.
nérale, on a pu considérer commela contraction lente et prolongée, et par suite douloureuse, des muscles lisses d'un organe creui cherchant à expulser son contenu (colique intestinale, hépatique, néphrétique, utérine, vésicale, etc.).
La colique intestinale, comme nous venons de le dire, est toujours symptomatique. Nous étudierons donc successivement sa symptomatologie, ses causes physiologiques, les lésions auxquelles elle se rattache.
Description. — Ledébut de la colique est généralement brusque, parfois cependant elle s'établit lentement et comme par degrés. C*est d'abord une douleur modérée qui devient rapidement pins vi^e, exacerbante, s'accompagne d'une sensation de constriction, de torsion, de pincement, de brûlure, et revêt parfois les caractères les plus insolites.
Ces sensations douloureuses varient beaucoup d'intensité : parfois peu marquées, elles peuvent devenir atroces. Le malade s'agite dans son lit, ne sachant quelle position garder pour soulager un peu ses souiïrances; d'autres fois il reste immobile, pressant son abdomeo avec ses mains, ou couché sur le ventre, ou encore pelotoimé sur luimême, les cuisses énergiquement fléchies sur le bassin par on mouvement réflexe involontaire. En même temps le visage est pâle et décomposé, le malade pousse des cris ou exprime sa souffrance par des soupirs étouffés et des gémissements. L'anxiété est extrême : des symptômes nerveux, du délire, des convubions chez les enfants, viennent s'ajouter à ce cortège. Le pouls reste le plus souvent normal.
Le ventre est souvent ballonné par les gaz qui, en se déplaçant, produisent des gargouillements et des borborygmes ; plus rarement il est rétracté et comme accolé à la colonne vertébrale. Les contractions des muscles lisses de l'intestin donnent lieu à de pressants besoins d'aller à la selle, et les évacuations amènent un soulagement notable de plus ou moins longue durée. Parfois cependant ks efforts d'expulsion restent infructueux {colique sèche). Les vomissements ne sont pas très-rares.
Quant au siège de la douleur, c'est généralement au pourtour de l'ombilic qu'elle est le plus marquée. De là elle s'irradie dans les flancs et à l'hypogastre» si bien qu'il est parfois impossible au malade de la localiser. /
La marche et la durée sont assez variables. La colique revêt souvent une fonne irrégulièrement intermittente et les accès peuvent