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DÈGÉNÉRESCKNCES, HYPERTROPHIE, ATROPHIE, ETC

DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE. — La dégéiiérescenCe graisseuse du cœur est la conséquence, l'aboutissant d'un certain nombre d*états dyscrasiques ou constitutionnels qui ont altéré la nutrition des tissus en général et celle du cœur en particulier; ainsi agissent la vieillesssc, l'alcoolisme, certaines intoxications (phosphore, arsenic, antimoine), et les divers états infectieux (1). Elle peut résulter aussi d'un processus morbide local (hypertrophie, dilatation, athérome des coronaires) qui a altéré ou épuisé la vitalité de l'organe.

La libre musculaire a perdu sa striation ; elle est deyenue friable, granuleuse et réfringente^ suivant le degré de l'infiltration ; elle communique à l'organe examiné d'ensemble une teinte pâle caractéristique. Celui-ci, rendu flasque et peu résistant, se trouve naturellement prédisposé aux ruptures et aux hémorrhagies interstitielles.

Les muscles papillaires sont souvent altérés à un degré plus prononcé que le reste du cœur ; leur rupture a été, plusieurs fois observée (Rendu, Raynaud).

La dégénérescence graisseuse vraie doit être distinguée de Yétat graisseux du cœur, qui dépend d'un simple dépôt de graisse dans les mailles du tissu conjonclif interstitiel et audessous du feuillet viscéral du péricarde. Cette accumulation est parfois considérable, et dans certains cas le cœur est comme enseveli dans une enveloppe graisseuse d'une grande épaisseur. C'est ce que l'on observe fréquemment chez les obèses, et aussi, mais à un moindre d^ré, chez les arthritiques. Dans cette dernière circonstaoce, la surcharge et la dégénérescence graisseuse marchent souvent de pair, les deux conditions génératrices habituelles de cette ^>uble modification anatomique, la disposition à l'engraissement et la d^scrasie constitutionnelle (3), se trouvant alors réunies.

(1) Pour plusieurs anatomo'pathologistes (Virchow, Zenker), les pijrexies graves doivent figurer au premier rang parmi les causes de la dégénérescence graisseuse du cœur.

(2) Ceci démontre une fois de plus combien les divisions qu*on est obligé d*établir en nosographie pour les besoins de la description sont souvent factices, et combien il est rare de rencontrer en clinique des formes nettement dessinées. Les différents processus anatomiques se combinent ou se compliquent pour donner naissance à des formes intermédiaires (peut-^tre plus fréquentes que les autres dans la pratique^, mais qui ne peuvent trouver place dans une étude dogmatique.

Quelle que soit la nature du processus, le résultat est le même : c'est le fonctionnement défectueux de ia fibre cardiaque. Le cœur ne se contracte plus qu'avec peine, le pouls devient petit et parfois irrégulier, la circulation pulmonaire s'embarrasse, les accidents de Tanémie artérielle apparaissent. Toutefois la physionomie de ces accidents est un peu dilTérente, suivant que la dégénérescence graisseuse s'est produite progressivement, comme cela arrive habituellement pour le cœur préalablement hypertrophié, ou qu'elle s'est montrée brusquement, comme, par exemple, dans les états graves infectieux. Dans le premier cas le malade offre surtout de TiiTi^ularité du pouls avec ou sans intermittences; le pouls est mou, dépressible, quelquefois notablement ralenti ; en même temps on note un état de malaise général que caractérisent surtout des tendances au vertige, des menaces de chute et souvent un état nauséeux tout spécial. Gomme signe physique, on constate que le premier bruit du cœur est devenu sourd, éloigné, mal frapi)é; le second bruit ne s'altère que plus tard, et souvent il paraît dédoublé (Potaiu).

Quand la dégénérescence graisseuse s'est produite brusquement, la scène est un peu différente : ce qui domine alors, c'est la tendance à la syncope^ et au collapsus ; le premier bruit s'assourdit rapidement, parfois jusc[u'à n'être plus perçu (Stokes) ; ou bien le petit silence s'allonge, et les deux bruits se succèdent à intervalles presque égaux, de façon à simuler le rhythmedu pendule ou les battements du cœur fœtal. Des souffles peuvent encore apparaître, mais leur mécanisme n'est pas encore élucidé : certains cliniciens admettent l'existence d'une insuffisance temporaire qui aurait sa raison d'être dans la paralysie des muscles tenseurs des valvules.

Vindication thérapeutique fournie par la constatation d'un pareil état morbide est formelle. Quelle que soit sa cause ou son origine, on doit s'abstenir de toute médication débilitante, et s'adresser aux toniques (quinquina, digitale, alcool), qui seuls peuvent parer aux accidents syncopaux ou de coUapsus.

DÉGÉNÉRESCENCE PiGMENTAiRE. — Elle accompagne la dégénérescence graisseuse et se rencontre fréquenunent chez le vieillard : elle est caractérisée par le dépôt de granulations jaunâtres de nature encore indéterminée, autour des noyaux de la fibre nmsculaire. Elle s'obseiTe, mais à un degré beaucoup plus accentué, dans la m éla n ê m ie . Dans ce cas les granulations n e se dé|)osent pas seulement

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