HYPERTROPHIE
dans l'intérieur de la fibre musculaire, elles envahissent le tissu connoctif interstitiel, où elles apparaissent sous forme d'îlots.
Dans ces derniers temps, le professeur Renaut, décrivant les altérations cardiaques propres à l'asystolie, a signalé, à côté de modifications remarquables survenues dans la structure de la fibre musculaire (1), un dépôt de granulations pigmentaires dans la fibre ellemême et dans Tinterstice des faisceaux primitifs. Ces granulations sont disposées en lignes parallèles à Taxe de l'élément musculaire, et se distinguent des granulations graisseuses en ce qu'elles ne se colorent pas par l'acide osmique.
Atrophie cardiaque. — Ala suite de certaines maladiesde longue durée, de la fièvre typhoïde et de la tuberculose, par exemple, on rencontre parfois une diminution notable du volume du cœur, diminution de volume qui peut coïncider avec la flaccidité ou avec la rétraction, le ratatinement de la fibre musculaire cardiaque.
Cliniquement, cette lésion devrait se traduire par une diminution de la matité précordiale; mais si le cœur atrophié est entouré d'une épaisse couche de graisse, fait qui est loin d'être rare, le diagnostic est à peu près impossible.
Hypertrophie et dilatation. — Il y a quelques années encore, l'hypertrophie essentielle du cœur jouait un grand rôle dans rhistoire de la pathologie cardiaque. Sénac, Corvisart, Forget, Grisolle, Friedreich, n'avaient pas hésité à lui attribuer une importance considérable; aussi s'attachait-on à décrire avec soin le complexus s^mptomatique qui semblait lui appartenir, et en particulier les accidents de congestion cérébrale et la disposition apoplectiqtie qui devaient* en être la conséquence. Aujourd'hui, sans rejeter l'existence de l'hypertrophie essentielle du cœur, on tend à la considérer comme assez rare. Cependant, les cliniciens admettent en général que. les efforts répétés, un exercice muscu- Liire excessif, des palpitations nerveuses prolongées, et toutes les causes susceptibles de les provoquer (émotions morales vives, abus du thé et du café), enfin certaines dispositions héréditaires peuvent en favoriser le développement. Cela ne nous parait pas douteux ; nous n'en voulons pour preuve que Y hypertrophie qui apparaît
M) Pour Renaut, il y a, en pareil cas, une sorte de dislocation des flbres musculaires du cœur. Leurs anastomoses sont rompues et comme dessoudées. On dirait que le ciment qui les réunissait entre elles a élé dissous, résorbé, comme il l'aurait été par un bain dans une solution de poUisse (J. Renaut, Gai. /i^^., juillet 1877).
parfois dans le cours de la maladie de Graves, ou goitre exophlhalmique. Tout récemment encore la question a été tranchée dans ce sens par le docteur Pitres dans sa thèse d'agrégation. De plus, s'appuyant sur les travaux de Peacock, de Baur, de Thurn, et surtout de Da Costa et de Seitz, et sur une série d'expériences personnelles, Pitres a démontré que le cœur était susceptible de se fatiguer. • Sa fatigue se traduit par une diminution dans l'énergie des systoles et par une résistance moins grande à la distension. » Par suite de cette diminution dans l'énergie contractile du cœur, la circulation intra-cardiaque devient languissante, la pression augmente dans les cavités qui se distendent. Pour maintenir l'équilibre circulatoire, le cœur se trouve alors en présence d'un surcroît de travail à accomplir; s'il en est capable, il augmente de volume et la dilatation s'accompagne d'hypertrophie; autrement, il se produit une dilatation simple.
L'hypertrophie du cœur est presque toujours secondaire; elle est générale ou partielle.
Elle est générale quand elle succède à une péricardite qui a laissé des adhérences et altéré en môme temps la structure même de la fibre cardiaque : double modalité anatomique qui entraîne d'un c^té V hypertrophie, par suite de l'obstacle apporté à la contraction du cœur, de l'autre la dilatation, en diminuant la résistance de l'organe aux pressions intérieures. L'hypertrophie généralisée peut se montrer aussi è la suite de certaines lésions valvulaires, qui ayant déterminé une distension successive de tous les orifices, ont provoqué dans les cavités un travail byperplasique destiné a vaincre l'obstacle qui résulte du jeu insuffisant des valvules.
L'hypertrophie limitée est de beaucoup la plus fréquente, soit qu'elle succède è des altérations valvulaires du cœur gauche, ou qu'elle soit consécutive à des affections du poumon ou aux lésions d'orifice des cavités droites, auquel cas on la constate au niveau du cœur droit.
L'hypertrophie limitée au ventricule gauche est souvent liée aux altérations du rein ; on peut dire qu'elle est la règle dans la néphrite interstitielle, ainsi que l'ont démontré les remarquables travaux de Traube et du professeur Potain. Elle s'observe encore dans les diverses circonstances où la circulation artérielle éprouve quelqu'entrave, comme dans les faits d'athéroniasie généralisée, d'anévr^'sme de l'aorte, ou même des gros troncs artériels. Bucqnoy, Durozier et Léger ont prouvé qu'elle est presque constante dans les cas d'aortite