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DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE

devient mousse et arrondi. La coloration du foie atteint de dégénérescence graisseuse varie de la teinte feuille morte au jaune franc, sa consistance est molle, sou élasticité a disparu; T^mpreinte des doigts est persistante. A la coupe, le foie paraît exsangue, et il reste un enduit graisseux sur le scalpel : un fragment du foie appuyé sur une feuille de papier donne une tache huileuse.

La dégénérescence graisseuse débute ordinairement dans les cellules de la périphérie du lobule qui présentent seulement comme lésion initiale un état trouble et granuleux, et elle sï'tend peu à peu concentriquement jusqu a la veine centrale. Il est rare que Tétat graisseux jcommence à la partie centrale du lobule ; c'est cependant le cas dans les dégénérescences qui dépendent de lésions cardiaques. Le tissu conjonctif interlobulaire ne semble pas iiarticiper^à la dégénérescence graisseuse.

Le gonflement et l'hypertrophie que subissent les cellules hépatiques n'a de conséquences iiilclieuscs ni sur la circul«^ion porte, car on n'observe pas d'ascite, ni sur Técoulement de la bile. Mais la sécrétion de la bile est modifiée : dans un certain nombre de cas la bile ne contient pas de pigment (Feltz), sa composition étant uor« maie pour le reste.

La stéatose du foie s'obsene fréquemment chez les personnes obèses ; la surcharge adipeuse survient chez elles sans causes connues ou par suite d'une alimentation trop copieuse. L'ingestion habituelle des corps gras, de l'huile de foie de morue notamment; amène toujours l'infiltration graisseuse du parenchyme hé|)atique. Les fenmies, ce qu'il faut peut-être rapporter à leur geure do vie plus sédentaire , sont un peu plus sujettes que les hommes à l'obésité et à la stéatose du foie.

L'intoxication alcoolique , soit aiguë (Murchison) , soit chronique (Bndd, Voisin, Lancereaux, etc.), a une influence des plus manifestes sur la dégénérescence adipeuse du foie. C'est qu'en effet l'alcool agit directement sur la cellule hépatique, et que^ de plus, il diminue les combustions profondes et permet ainsi au foie d'accumuler les particules adipeuses de l'organisme. L'empoisonnement par l'arsenic et surtout l'empoisonnement par le phosphore donnent lieu à une dégénérescence granulo-graisseuse du foie excessivement rapide.

Les affections chroniques à marche consomptive, la scrofule, le rachitisme, les suppurations prolongées, amènent fréquemment la stéatose de la glande hépatique.La dégénérescence adipeuse est près*

que constante dans la phthisie pulmonaire, ce qui est dû sans doute à rinsuffisaiice de rhéinatose et des combustions respiratoires; cependant dans les autres maladies chroniques des poumons on n*obser?e jamais on état adipeux du foie aussi accusé ( W. Begbie).

La dégénérescence granulo-graisseuse du foie se rencontre dans un grand nombre de maladies aiguës : la fièvre typhoïde (Chédevergue, Damaschîno), la variole (Desnos, Brouardel), la scarlatine, l'érysipèle, la dysenterie.

Les symptômes de la dégénérescence graisseuse du foie sont à peu près nuls; aussi la stéatose u'est-elle presque jamais diagnostiquée, mais seulement présumée en tenant compte des données étiologiques ; dans quelques cas cependant la palpation abdominale permet de constater l'augmentation de volume de l'organe et la forme arrondie. du bord antérieur.

Le traitement variera nécessaii*ement suivant la maladie primitive. C'est surtout à un régime approprié (viandes maigres, poisson, légumes) et à une hygiène bien entendue et favorisant les combustions interstitielles (exercice en plein air, gymnastique) qu*il faudra avoir recours.

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DEGENERESCENCE AMYLOlDE.

Synonymie : Foie lardacé^ cireux, colloïde^ etc,

La dégénérescence amyloîde du foie s'observe souvent en même temps que la dégénérescence graisseuse et est soumise aux mêmes conditions étiologiques. Uokitansky, le premier^ décrivit les caractères essentiels de cette altération du foie à laquelle Yirchow doona le nom d'amyldide, à cause des réactions que la teinture d*iode produit sur le foie ainsi dégénéré. Cette dénomination a prévalu, bien que la matière qui infiltre le foie soit de nature albuminoîde et non de nature amvloide.

DËGÊNËRESGliiNCE AHYLOIDE. 1193

Lefoieamyloîde est en général augmenté de Tolume, peu déformé; le bord antérieur est cependant arrondi et non tranchant comme à Tétai normal A la surface au-dessous de la capsule et sur les coupes on distingue un grand nombre de granulations grisâtres, vitreuses, qui dans les cas où la dégénérescence est très-avancée occupent une surface au moins égale à celle de la partie saine intermédiaire; ces petits amas de matière atnyloîde ont été comparés avec raison à des grains de sagou cuit; cette comparaison est juste surtout pour pour la rate. A la coupe le foie est dur, résistant, comme lardacé. Si Ton touche la surface de section avec la teinture d*iode ou voit les parties dégénérées devenir d'un rouge intense qui passe au bleu, au violet ou même au verdâtre. Avec le violet de méthylaniline les points malades se colorent en rouge violet, les parties saines en bleu violet (Cornil).

JLa matière amyloîde envahit toujours primitivement les vaisseaux artériels capillaires, les cellules hépatiques ne sont détruites qu'ultérieurement par compression. Wagner, Tiessen ont soutenu cette manière de voir qui résulte également des recherches de Tun de nous (A. Laveran).

I^ cellules amyloïdes renferment au début de petits corps vitreux, translucides et réfringents, qui finissent par les infiltrer en totalité : elles n'offrent plus alors ni granulations moléculaires ni noyaux, elles augmentent de volume et se déforment, se soudent les unes aux autres et constituent des blocs transparents, irrégnliers, qui sur les coupes histologiqnes se colorent en jaune soufre par le picrocarminate et en rouge violet par le violet de méthylaniline. La dégénérescence peut atteindre les ramuscules de la veine porte (Frerichs, Cornil et Ranvier, Rendu) ; les voies biliaires restent toujours intactes (Handfidd Jones).

Les causes les plus fréquentes de la d^nérescence amyloîde sont les maladies cachectiques avec suppuration, la scrofule, la tuberculose, parfois le cancer. La syphilis viscérale se traduit souvent par l'altération amyloîde , non-seulement du foie mais de tous les autres organes : reins, rate, intestins, etc. On a signalé la d^nérescence cireuse chez les paludéens (Rokitansky. Frerichs), les lépreux (Chalvet, Renault), les leucocythémiques (Cornil, etc.). La symptomatologie est tout aussi obscure que celle de la dégénérescence graisseuse. Il n'existe ni douleur dans l'hypochondre , ni troubles digestifs imputables à un état morbide du foie, ni ictère, ni ascite. Le foie déborde généralement les fausses côtes, et sa sur*

face est lisse, d'une consistance fibreuse; la rate, qui participe le plus souvent à la dégénérescence, est généralement hypertrophiée. Gomme dans la stéatose hépatique, le traitement ne peut ici s'adresser qu'aux affections dont la dégénérescence du foie est une (Conséquence. Aux scrofuleux on donnera des toniques, do fer, etc.; le séjour prolongé au bord de la mer (G. Simon) produit souvent des résultats très-remarquables. Aux syphilitiques od prescrira l'iodure de potassium à haute dose, ou le traitement mixte.

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