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KYSTES DES REINS

En dehors de la dégénérescence kystique que l'on observe chez les enfants (Virchow) et des kystes secondaires dont nous avons étudié la formation dans la néphrite interstitielle , il existe chez l'adulte des kystes séreux qui méritent une description spéciale, tant au point de la clinique que de l'anatomie pathologique. Le rein peut être aussi le siège de kystes hydatiques.

DÉGÉNÉRESCENCE KYSTIQUE DES REINS. — Rayer donna le premier une description exacte de la dégénérescence kystique do rein chez l'adulte ; Cruveilhier en a rapporté un bel exemple dans son Atlas d'anatomie pathologique. Depuis lors de nombreuses observations de rein kystique ont été publiées dans les Bulletins de la Société anatomique et dans les Transactions de la Société |)athologique de Londres, tandis que les recherches de Beckniann , de Virchow, de Ranvier, de Rosenstein, etc., en faisaient bien connaître les lésions anatomiques. Plus récemment Lancereaux a nettement marqué la place de cette maladie dans le cadre nosologique et l'un de nous a résumé dans la Gazette hebdomadaire l'état actuel de la science sur cette question (A. Laveran).

Anatomie PATHOLOGIQUE. — Les deux reins sont généralement atteints par la dégénérescence kystique; ils sont augmentés de volume et de poids; ils pèsent 4 à 500 grammes chacun et même davantage. Leur surface est inégale, bosselée, et sous la capsule, qui est toujours plus ou moins adhérente, on aperçoit les kystes sous forme de saillies globuleuses de grosseur variable.

La forme des kystes est arrondie lorsqu'ils siègent dans lacoacbe

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corticale, comme c'est le cas le plus fréquent, ovalaire et allongée dans la substance médullaire, inégale et anfractueuse lorsque plusieurs poches voisines se sont réunies en une seule. Les parois des kystes sont lisses, minces, transparentes et permettent de ?oir audessous d'elles la substance rénale ; elles sont recouvertes d*une couche d'épithélium cubique aplati analogue à celui qu'on rencontre dans les tubes collecteurs, mais reposant seulement sur une mince couche de tissu conjoncti£ Parfois les kystes suppurent et Tépithélium disparaît. La présence de ce revêtement de cellules à la surface interne des poches kystiques semble indiquer que celles-ci se forment aux dépens des tubuli, et, de fait, on découvre parfois de ces petits kystes dans la capsule de Bowmann (Beckmann, Ranvier, A. Laveran); mais la prince de cavités dans la substance médullaire montre bien que le glomérule n'est pas toujours leur point de départ.

Le contenu est très-variable : les kystes renferment tantôt une sérosité transparente , limpide , incolore ou légèrement jaunâtre, tantôt une matière brunâtre et gélatiniforme ; quelquefois enfin ils ne contiennent que du pus. La sérosité claire est fortement albumineuse, ce qui la distingue nettement du liquide hydatique ; on y a parfois trouvé de l'urée (Gallois, J. Teissier), mais en général les matériaux de l'urine font complètement défaut. La matière gélatineuse contient des globules rouges, des leucocytes, de la substance colloïde amorphe et de petits corps spéciaux que Ranvier regarde comme de petites masses globulaires infiltrées de sels calcaires, que Joiïroy pense être de petits amas de substance albuminoïde et que nous rattachons plutôt, avec Beckmann et Lancereaux, à des masses cristallines de leucine. Ce sont de petits corps arrondis de 10 à 50 pi de diamètre, offrant des stries concentriques et radiées visibles surtout à la circonférence, tandis que la partie centrale semble granuleuse ; les réactiiis colorants sont sans action sur eux et ik se dissolvent assez lentement dans l'alcool.

Le parenchyme rénal du voisinage peut être réduit à un simple tissu vasculaire lorsque les kystes sont ti*ès-nombreux ; en général, les kystes sont séparés les uns des autres par du tissu réual sain ou n'ayant subi qu'une irritation interstitielle limitée au pourtour des cavités. Lorsque le kyste suppure, l'inflammation donne lieu à une n^'.phrite diffuse suppurative et peut même gagner le tissu conjonctif périnéphrétique.

Il n'est pas rare d'observer concurremment la dégénérescence

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