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OEDÈME DE LA GLOTTE

tanls et mobiles sous le poids de la colonne d’air inspiré, elle était «ssentiel'ement inspiratoire ; l’expiration, au contraire, se ferait sans difficulté, les replis accolés s’écartant naturellement sous l’influence de la pression excentrique exercée par la colonne d’expiration. La chose est vraie dans quelques cas, et l’on peut voir des malades qui, à la suite d’une inspiration pénible et siftlante, ont une expiration silencieuse et facile, mais le fait est loin d’être constant; souvent l’expiration est aussi laborieuse que finspiration. C’est ce qui arrive dans ces cas signalés par Gougueidiein chez les tuberculeux, où les replis ary-épiglottiques infiltrés sont durs et ont perdu toute espèce de mobiliié. Quelques observaieurs, Sestier entre autres, auraient noté au moment de l’expiration comme un bruit de drapeau qu’ils attribuaient à la mise en vibration des replis ary-épiglottiques agités par le passage de l’air. Les expériences que nous avons rapportées plus haut et l’observation clinique ont conduit Gouguenheim à refuser presque complètement au gonflement des replis aryténo-épigloltiques le rôle important qu’on leur avait fait jouer dans la production de la dyspnée.

Pour Gouguenheim la dyspnée serait le fait de l’œdème laryngien proprement dit ou d’une infiltration néoplasique entraînant l’occlusion du conduit laryngien ou de la paralysie des dilatateurs (paralysie des crico-arylénoïdiens post.). Celte opinion trouve sa confirmation légitime dans les faits d’œdème énorme des replis ary-épiglotliques restés complètement latents (Gougueiiheim-Hanot).

Le plus souvent la voix est peu altérée, ce qui se comprend aisément, puisque les cordes vocales sont généralement intactes ; elle est seulement sourde et elle s’accompagne d’une toux pénible avec accès de suffocation.

En introduisant profondément l’index derrière la base de la langue, on peut sentir quelquefois les replis ary-épiglottiques gonflés; cette exploration doit être faite avec de grands ménagements, car elle peut déterminer, par voix réflexe, l’apparition d’une crise de dyspnée (Thuillier, Legroux, Brichetaux).

L’examen laryngoscopiijue, quand il est possible, montre les replis ary-épiglottiques tuméfiés, congestionnés ou livides, suivant la nature de l’infiltration, lorsque l’œdème est sus-glottiqiie ; si c’est à l’œdème glottique proprement dit qu’on a affaire, on aperçoit les cordes vocales gonflées, d’une coloration gris sale ou violacée, et ayantl’apparence d’une petite vessie natatoire de poisson (Ch. Fauvel). Dans le cas d’œdème sous-glottique, on constate entre les lèvres de

MALADIES DU LARYNX

la glotte deux petites saillies rougeâtres qui ont l’aspect d’un chémosis palpébral (Fauvel). Quant aux symptômes généraux, ils sont peu marqués ; il n’y a pas de modification thermi(|ue importante, sauf dans les périodes ultimes de l’asphyxie (cyanose et refroidissement). Quand il existe un appareil général fébrile, il est le fait de la maladie primitive, dont l’œdème n’est qu’une complication (1).

Diagnostic. — Quand un malade atteint d’une alfection chronique du larynx ou d’une affection qui prédispose aux hydropisies se présente avec des accès de dyspnée, de la gêne inspiratoire, sans trouble très sensible de la voix et sans difficulté expiratoire, le diagnostic d’œdème de la glotte s’impose en quelque sorte ; il n’est pas même nécessaire de recourir à l’emploi du laryngoscope ou à l’exploration digitale; toutefois ces procédés sont utiles pour s’assurer du siège exact de l’inültration et des conditions qui lui ont donné naissance.

Mais quand les antécédents du malade restent inconnus, quand on se trouve sans renseignements en face d’un individu qui étouffe ou asphyxie, la chose est moins aisée. On s’assurera d’abord que la dyspnée est d’origine laryngée, ce que l’on reconnaîtra aux caractères de la gêne respiratoire et à la localisation des sensations du malade, et surtout au sifflement ou au tirage inspiratoire, tirage (jui, dans quelques circonstances, peut revêtir les caractères d’un véritable cornage (2). Ceci établi, on procédera au diagnostic différentiel par voie d’élimination. L’idée d’un spasme glotiique proprement dit, d’une laryngite striduleuse ou de la diphthérite sera

(1) C’est intentionnellement que dans le cours de notre description nous avons omis ou indiqué seulement certains signes qui figurent pourtant dans la symptomatologie classique de l’œdème de la glotte : tels le sifflement laryngé inspiratoire s’ent*mdant à grande distance, et ces bruits laryngés, bruits vocaux de Sestier, auxquels l’éminent observateur ajoutait tant d’importance. Nous pensons, avec Semon (de Londres) et Gouguenheim, que ces différents signes ne sont pas le fait de l’œdème de la glotte, mais celui de la paralysie des crico-aryténoïdiens postérieurs avec laquelle on a souvent confondu l’infiltration laryngée. (Voy. Comptes rendus, Société clinique de Londres, in British med. Journ., et plus loin article Paralysies du larynx.)

(2) Empis a défini le cornage « une respiration rude, rauque et stridente s’entendant à distance et à maximum inspiratoire ». Suivant Empis, ce symptôme est propre aux lésions de la trachée et des bronches. Il existe cependant un cornage laryngien. On l’observe : 1“ dans l’œdème de la glotte; 2° dans la double paralysie des nerfs dilatateurs de la glotte. Dans ces cas il y a dyspnée, et celle-ci est indispensable à la production du phénomène. (Raynaud.)

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