ACCIDENTS NERVEUX
ACCIDENTS NERVEUX d’oRIGINE LARYNGÉE.
1° Spasmes.
Le spasme de la glotte (coniraction spasmodique des muscles constricteurs gloitiques) est un accident qui apparaît dans le cours d’états pathologiques variés. Tantôt il se développe à la suite d’une alfection primitivement localisée au larynx (tel le spasme de la laryngite striduleuse, du croup ou de Tœdème de la glotte) ; tantôt c’est l’irritation du récurrent ou du nerf vague j)ar une tumeur qui le détermine (anévrysme de l’aorte, cancer de l’œsophage, ganglions bronchiques); tantôt enfin il se montre comme complication d’une maladie du système nerveux (tétanos, épilepsie, hystérie, ataxie locomotrice). Dans ces différentes conditions, le spasme est symptomatique.
Le spasme de la glotte peut aussi s’observer en dehors de tout état morbide antérieur; il est dit alors essentiel : cette forme primitive, spéciale aux enfants en bas âge, est encore connue sous le nom d'asthme thymique ou d'asthme de Kopp. Nous nous occuperons exclusivement de cette variété.
Le spasme de la glotte des enfants à la mamelle n’emprunte ses caractères particuliers qu’à la conformation de l’orifice glottique des jeunes sujets (voy. Considérations générales) et à l’impressionnabilité de leurs centres cérébro-spinaux (absence d’individualisation) qui leur crée une aptitude particulière à répondre aux excitations pathologiques, quelles qu’elles soient. Il n’y a donc aucune raison d’en faire une maladie à part, comme le voulaient les premiers observateurs.
Verdries, en 1726, et P. Franck attribuaient déjà V asthme des enfa7its à la compression de la trachée par le thymus hypertrophié; ce fut là aussi la manière de voir de Kopp, qui en 1830 fit une étude approfondie de l’affection. Marsh (de Dublin) la considérait au coniraire comme une névrose du pneumogastrique. Donc, dès l’origine, deux grandes interprétations se trouvèrent en présence : l’opinion allemande défendue principalement par Kopp, Hirsch, Fingerhut, assignant au spasme glottique une origine thymique, et la théorie anglaise lui attribuant une origine nerveuse.
Rilliet et Barthez ont admis d’abord une théorie mixte : ils ne
MALADIES DU LARYNX
refusaient pas au spasme de la glotte l’origine thymique; mais pour eux, le thymus hypertrophié n’était susceptible d’agir que par l’intermédiaire du pneumogastrique.
Hérard dans sa thèse inaugurale a beaucoup contribué à assigner aux faits leur véritable valeur; il a montré qu’il n’existe pas de rapport constant entre l’hypertrophie du thymus et le spasme de la glotte, que, par conséquent, l’asthme thymique est simplement un phénomène spasmodique représentant, pour les enfants du premier âge, ce (lu’est la laryngite siriduleuse pour ceux de deux à sept ans. Hérard eut de plus le mérite de reconnaître que le diaphragme participe fréquemment à la convulsion réflexe (d’où le nom de phréno-glottisme proposé plus tard par Bouchot).
Vaüeix et Trousseau ont considéré la maladie comme une convulsion partielle; Rillet et Barthez, se rangeant à cette manière de voir dans leur deuxième édition, l’ont décrite sous le titre de con~ vulsion interne.
Étiologie. — Le spasme de la glotte est spécial aux enfants à la mamelle : il atteint son maximum de fréquence de cinq à dix mois, est plus commun chez les garçons que chez les filles, et dans les classes pauvres que dans les classes aisées. L’hérédké influe sur son développement d’une façon incontestable; on cite des familles dans lesquelles tous les enfants ont présenté cet accident (Kopp, Caspari, Toogood). Dans les relevés de Gee et de Hénoch, le rachitisme occupe une place de premier ordre. Pour Trousseau, le spasme de la glotte n’est souvent qu’une manifestaiion de l’épilepsie.
Parmi les causes occasionnelles capables de déterminer l’apparition de l’accès, le refroidissement, les cris prolongés, les impressions vives, la colère, la constipation opiniâtre (Landsberg, Pardieu), enfin la dentition (Marshal Hall, I^agenstecher) et les vers intestimaux jouent le principal rôle. Plus rarement c’est dans la convalescence d’une fièvre grave que le spasme gloltique se manifeste pour la première fois.
Description. — Habituellement la maladie éclate sans que rien ait pu la faire prévoir. Le râle muqueux laryngé signalé par Picid, comme phénomène piécmseur, n’a pas été retrouvé par la plupart des observateurs. C’est le p'us souvent la nuit (ju’ap,)araît le premier accès (West). L’enfant est pris tout à coup de suffocation, sa respiration s’arrête (ajinée), i! renverse la tète en arrière, ouvrant largement la bouche, comme pour aspirer l’air qui lui manque. Tout d’abord sa face est pâle, mais bientôt elle se conges-