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PARALYSIES

chera la tête en avant, on lui aspergera la figure avec de Teau froide, on tentera de lui faire aspirer quelques gouttes de chloroforme.

Si l’asphyxie est imminente, c’est à la flagellation ou à la révulsion (marteau de Mayor), ou enfin à la respiration artificielle, qu’on aura recours.

Dans l'intervalle des crises et pour éviter leur retour, on prescrira les antispasmodiques (le musc, la valériane, l’asa fœtida, l’oxyde de zinc’ l’eau de laurier-cerise). Le bromure de potassium est le plus souvent inefficace. Les toniques, et surtout le changement d’air, sont les adjuvants les plus utiles de la guérison.

2” Paralysies.

Les paralysies glottiques ne sont pas rares, on les observe dans des conditions variées : à la suite des laryngites catarrhales prolongées, dans la phthisie pulmonaire, dans les anémies prononcées, dans l’hystérie, dans certains cas de maladies cérébrales, dans les compressions du larynx par des tumeurs anévrysmales, des néoplasmes de la thyro’ide ou de l’œsophage, à la suite de cris violents, etc. Elles portent soit sur les dilatateurs proprement dits (crico-aryténoïdiens postérieurs), soit sur les constricteurs (crico-aryténo'idiens latéraux, etc.). Ce que nous savons sur le rôle de ces divers agents musculaires nous indique par avance l’ensemble des troubles fonctionnels qui appartient à chacune de ces variétés.

La paralysie isolée des crico-aryténoïdiens postérieurs se rencontre fréquemment chez les chevaux qui sont employés dans les fabriques de céruse; ces animaux sont pris de dyspnée violente, de cornage, et pour les faire respirer on est obligé de pratiquer la trachéotomie (Bouley).

On observe des symptômes analogues chez les phthisiques qui ont des altérations profondes du larynx. Quand (par suite de l’infiltration tuberculeuse ou de la désorganisation des parties, ou peut-être plus souvent encore par suite d’une lédon des nerfs laryngés) les cricoaryténo’idiens postérieurs sont devenus inaptes à se contracter, on voit les malades, en proie à la sulîoeation, offrir une respiration bruyante avec sifflement respiratoire très marqué, quelquefois avec un cornage laryngien, et sur le point d’asphyxier. Il y a là quelque chose qui rappelle le tableau classique de l’œdème de la

MALADIES DU LARYNX

glotte; et pourtant à l’examen laryngoscopique on ne constate pas rinfiliration des replis ary-épigioitiques ; on voit seulement les cordes vocales rapprochées, immobiles et fermant à peu près Vorifice glottique.

L’intégrité des constricteurs et tenseurs de la glotte explique le degré peu marcjué de l’aphonie.

En Allemagne et en Angleterre, on insiste beaucoup, depuis quelques années, sur cette variété de paralysie; tout récemment encore, le docteur Semon affirmait devant la Société clinique de Londres que lorsqu’on entendait, dans une salle d’hôpital, un phthisique respirer avec ce sifflement inspiratoire prononcé, on pouvait presque à coup sûr diagnostiquer une paralysie des crico-aryténoïdiens postérieurs. En France, Gouguenheim' a le premier attiré l’attention sur ces faits, que l’on considérait journellement comme des cas d'œdème glottique d’origine tuberculeuse.

Donc aujourd’hui, la paralysie des crico-aryténoïdiens postérieurs existe bien en tant qu’entité pathologique. Depuis le jour où Gerhardt publia la première observation, en 1863, plus de cinquante faits ont été recueillis et analysés dans un mémoire important de Burow qui classe ainsi qu’il suit les principales conditions étiologiques de la maladie : laryngite catarrhale, syphilis, hystérie, compression des récurrents, fièvre typhoïde, diphthériie, etc ; nous y joindrons la tuberculose, à laquelle se rapporte la plupart des cas observés en France.

La paralysie des crico-aryténoïfliens postérieurs est plus fréquente chez rhomme que chc‘Z la femrne (25 hommes pour 16 femmes, Burow). Fonctionnellement, elle se distingue par la dyspnée inspiratoire avec conservation de la voix, à moins que, comme dans le cas de Sommerbrodt, il y ait une paralysie concomitante des tyro-aryténoïdiens.

Les troubles respiratoires s’accentuent progressivement, et il y a menace d’asphyxie, à moins qu’un traitement approprié, et plus spécialement la trachéotomie, aient prévenu à temps ces redoutables accidents.

La paralysie double des constricteurs s’observe fréquemment, surtout dans l’hystérie. Les malades deviennent brusquement aphones, mais sans éprouver la mttindre gène respiratoire. Et en effet, si on les examine au miroir laryngien, on constate que la glotte est ouverte et que les cordes vocales sont dans l’impossibilité de se rapprocher. Tout effort prolongé (jui nécessite pour se produire l’occlusion de la glotte devient par cela meme impossible à soutenir.

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