CONGESTION. — ŒDÈME
Notre intention n’est point de faire ici im chapitre de sémiologie et d’entrer dans des détails que comporterait seul un traité de pathologie générale. Aussi, tout en signalant les principales conditions génératrices des hyperhémies du poumon, nous nous attacherons surtout à décrire la congestion pnlmonaire vraie, comme essentielle; celle qui peut être envisagée en quelque sorte en dehors de toute espèce de travail pathologique connexe, la congestioîi pulmo7iaire -maladie, comme l’a encore appelée M. Woillez qui, le premier, a spécialement attiré l’attention sur elle.
Étiologie. Pathogénie. — Congestion pulmonaire veut dire engorgement sanguin du poumon; or, cet engorgement peut avoir plusieurs sources et dépendre : soit d’un afflux trop abondant dans la circulation de nutrition (artères bronchiques), soit d’un embarras, d’une stase dans le système vasculaire de fonction ou dans la circulation de retour (artères et veines pulmonaires) ; dans le premier cas, la congestion est dite active, dms le second est passive; la congestion passive est le premier pas vers l’infiltration séreuse du poumon (œdème pulmonaire).
La congestion active est primitive ou secondaire. Parfois on l’observe eu dehors de toute autre manifestation morbide (telle la congestion vraie a frigore de Woillez, la congestion rhumatismale de Bernheim), tantôt elle se montre à côté d’états pathologiques variés, dont elle peut môme, dans quelques circonstances, être une conséquence directe. Ou dit alors que la congestion pulmonaire est consécutive ou associée.
Certains états dyscrasiques, voire même infectieux, ont une tendance marquée à produire la congestion pulmonaire ; à ce titre il faut mentionner la goutte et l’arthritisme qui constituent une prédisposition puissante à ces sortes de congestions; celles-ci se font même suivant une disposition quasi régulière et, comme l’a montré le docteur E. Collin, affectent de préférence la partie postéro-externe du poumon.
Ou sait la fréquence de la congestion pulmonaire dans la tuberculose ; dans ce cas, son siège de prédilection est la partie supérieure de l’organe; bon nombre de médecins sont même disposés à admettre que c’est à elle qu’il faut attribuer les râles fins perçus aux sommets de l’organe comme première manifestation de la diathèse.