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CONGESTION. — OEDÈME

La confusion avec la pleurésie n’est possible que dans les cas tout à fait exceptionnels où la congestion pulmonaire s’accompagne d’égophonie (Woillez) ; dans ces cas il suffira d’attendre vingtquatre ou quarante-huit heures; la mobilité des phénomènes dus à l’hyperhémie lèvera bientôt les doutes.

En dehors de celte congestion franche sur laquelle nous avons particulièrement insisté, il existe toute une série de congestions consécutives, symptomatiques ou associées. Ces congestions secondaires ont des caractères moins accusés que la congestion aiguë, idiopathique; aussi une plus grande attention est-elle nécessaire pour dégager l’hyperhémie du poumon des accidents morbides qui l’accompagnent. Une fois qu’on sera arrivé à reconnaître l’existence de la congestion, ce qu’on cherchera à établir surtout, c’est sa cause; pour cela faire on passera en revue les diverses conditions palhogéniques que nous avons énumérées plus haut ; cette recherche a une véritable importance au point de vue du pronostic comme à celui du traitement.

Nous rappellerons à ce sujet que la congestion pulmonaire, si fréquente chez les arthritiques, a son siège de prédilection dans la partie externe, moyenne ou inférieure du poumon; unilatérale ou bilatérale, passant souvent alternativement d’un côté à l’autre, elle est en général caractérisée par de petits râles sous-crépitanis, assez fins, un bruit de froissement (Collin), qu’on perçoit surtout à la fin de l’inspiration.

Quant à la congestion passive qui est l’apanage presque obligé des alfections organiques du cœur, c’est aux deux bases qu’elle a coutume de s’installer; le plus souvent elle s’accompagne d’œdème, ou d’un peu d’hydrothorax, double condition anatomique qui modifie légèrement les signes de percussion et d’auscultation; il n’est pas rare d’observer dans ces cas les râles sous-crépitants propres à l’œdème, ou bien l’abolition des vibrations thoraciques, l’égophonie et le souffle qui appartiennent à l hydrothorax.

Vœdème aigu du poumon (très bien vu par Laennec) peut, de son côté, s’observer en dehors de tout état congestif préalable ; cela se constate surtout dans les affections hydropigènes. En pareil cas il n’est pas rare de voir l’infiltration séreuse du poumon se caractériser presque uniquement par des râles crépitants fins, aussi fins que dans la pneumonie.

Pronostic. — La congestion pulmonaire idiopathique est «ne affection généralement bénigne, la fièvre est très courte, l’hy-

MALADIES DU POUMON

perhémie du poumon disparaît rapidement si l’on a eu recours au traitement rationnel; elle peut cependant entraîner la mort: en dehors des deux cas exceptionnels de mort par congestion pulmonaire pendant l’exercice de la valse et pendant un accès de colère, empruntés par Woillez à la Lancette française et à Ollivier (d’Angers), il faut tenir compte de ce fait que la mort par insolation est assez souvent produite par l’hyperhémie des poumons.

Pendant la grossesse la congestion pulmonaire revêt souvent des caractères de la plus haute gravité.

Le pronostic de la congestion pulmonaire symptomatique est subordonné à la maladie dans le cours de laquelle elle se produit. Nous reviendrons plus loin sur le rôle important que joue la congestion pulmonaire dans la pleurésie et dans les accidents consécutifs à la thoracocentèse décrits sous le nom d’expectoration albumineuse (voy. Pleurésie).

Traitement. — Il n’y a qu’un traitement de la congestion idiopathique du poumon, c’est celui qui a été formulé par Woillez et qui consiste dans l’administration d’un vomitif (ipéca et

tartre siibié 0,05), et dans l’application sur la paroi thoracique d’un certain nombre de sangsues ou de ventouses scarifiées. Il est extrêmement rare que la maladie résiste à cette médication.

Dans les congestions pulmonaires généralisées et subites, qui menacent la vie en produisant l’asphyxie, l’ouverture de la veine est indiquée. M. Peter n’hésite pas à recourir à ce procédé en cas .de congestion intense à' origine gravido-cardiaque.

Quant aux congestions passives et à l’œdème qui les accompagné, il n’y a pas de médication particulière à leur appliquer; elles sont justiciables des moyens destinés à combattre les stases en général : révulsifs cutanés, purgatifs, diurétiques, etc., suivant les indications.

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HÉMORRHAGIES RRONCHO-PULMONAIRES. 301

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