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HYDRO-PÉRICARDE

HYDROPÉRICARDE. — HYDRO-PNEUMOPÉRICARDE.

Les maladies hydropigènes retentissent sur le péricarde au même titre que sur les méninges, le péritoine ou les plèvres, et peuvent y déterminer une accumulation de sérosité. A côté de cette origine dyscrasique, il faut en signaler une autre, d’ordre absolument mécanique : la gêne de la circulation dans le système veineux et dans le cœur droit, qui, en ralentissant le courant sanguin dans les coronaires, favorise la stase et conséquemment la transsudatioii séreuse.

Pour qu’il y ait hydropisie du péricarde, la quantité du liquide qui y est contenu doit atteindre au moins 100 ou 150 grammes; souvent les proportions sont beaucoup plus élevées. Le liquide est alors citrin, très transparent, riche en albumine et en urée, de réaction alcaline, et, fait remarquable, il contient parfois du sucre, indépendamment de toute espèce de glycosurie (Grobe, 1854).

A l’examen nécroscopique, on trouve habituellement les feuillets du péricarde lisses et inaltérés (la supposition d’une tuberculose une fois mise à part); les veines coronaires sont saillantes, bien dessinées et tranchent par leur turgidité et leur coloration foncée sur le muscle cardiaque, qui est pâle et paraît comme imbibé.

Les signes de Phydropéricarde reproduisant, ou peu s’en faut, ceux de la péricardite avec épanchement (voussure thoracique, augmentation de la matité précordiale, affaiblissement des bruits du cœur, petitesse du pouls, etc.), nous croyons inutile d’y insister.

Il n’en est pas de même pour V hydro-pneumopéricarde, maladie constituée par le mélange de gaz et de liquides dans la cavité de la séreuse externe du cœur. Dans ce cas, à la matité précordiale a succédé une sonorité parfois tympanique; l’auscultation permet de reconnaître l’existence d’un bruit tout particulier, connu sous le nom de bruit de roue de moulin (Bricheteau), bruit hydro-aérique qui est produit par le conflit de l’air et du liquide en présence dans la cavité du péricarde. Dans certains cas, à la percussion on aurait perçu un bruit de pot fêlé.

Toutefois, les dernières recherches de Reynier (l)ont prouvé que le bruit de moulin ne pouvait plus être considéré comme un signe exclusif de l’hydro-pneumopéricarde; les faits cliniques (Schwartz)

(1) Timmers, thèse de Leyde, 1879.

MALADIES DU COEUH.

et expérimentaux (Reynier) ont démontré qu’il pouvait prendre naissance par le fait d’un épanchement extra-péricardique.

Ainsi que nous le verrons quand il sera question de la plèvre, , des gaz peuvent se développer dans une séreuse en dehors de toute solution de continuité, par simple décomposition des liquides (hématiques ou putrides) contenus dans son intérieur. Il existe quelques exemples d’hydro-pneumopéricarde spontané (Friedreich, Stokes).

D’autres fois, l’air pénètre dans le péricarde comme par effraction, et y détermine une péricardite suraiguë. Ici c’est une plaie pénétrante de poitrine, une ponction du péricarde, comme dans le cas d’Aran ; là c’est une ulcération de l’œsophage ou de l’estomac (Saxinger, Rosenstein) qui a provoqué la perforation ; ailleurs enfin c’est un phlegmon périnéphrétique ou un abcès du foie qui est venu s’ouvrir dans le péricarde.

Le diagnostic de ces accidents, fort rares du reste, ne présente pas en général de grandes difficultés, tant les signes physiques qui les accompagnent sont caractéristiques, et les symptômes fonctionnels éclatants et soudains. Dans le pneumopéricarde suite de perforation, la pénétration de l’air est ordinairement accompagnée de vives douleurs et de palpitations pénibles qui éveillent rapidement l’attention.

Sous l’influence d’une thérapeutique bien dirigée, qui visera principalement la disposition constitutionnelle ou l’obstacle mécanique source de l’hydropisie, la sérosité épanchée dans le p^éricarde pourra se résorber et les accidents locaux pourront s’amender. Les diurétiques, les drastiques, le régime lacté, les vésicatoires volants, sont ici d’un utile secours. La ponction n’est autorisée qu’en présence d’une suffocation imminente et lorsqu’il est bien démontré que la gêne respiratoire n’a pas d’autre cause que la compression produite par l’épanchement.

Vhydro-pneumopéricarde est une complication des plus sérieuses, il n’existe guère de médication capable de prévenir l’issue fatale ; quelques faits de guérison ont pourtant été signalés.

L.vennec, Op. cit. — Bricheteau. Arcli. gén. de méd,, 1844. — Stores. Tlie diseases

of the Heart and Aorta. Dublin, 1854. — Graves. Leçons de clin. méd. — Reynier.

Recherches cliniques et expérimentales sur le bruit de moulin, ih., Paris, 1880. —

P. Güttmann. Pneumopéricarde par ulcère rond de l’estomac (Berlin, klin.

Wochenschr., 1880).

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