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ADHÉRENCES DU PÉRICA.RDE

Vaclhérence intime des deux feuillets du péricarde ^dx dQs tractus fibreux qui en unissenl les surfaces, constitue un état anatomique particulier auquel on donne le nom de symphyse cardiaque.

Colombus, au dire de Galien, en aurait noté quelques exemples. Bartholin,Baillou, Morgagni, Sénac, en rapportent de très probantes observations; mais Corvisart, le premier, essaya d’en établir le diagnostic.

Depuis, les recherches de Kreysig, de Bouillaud, de Stokes, d’Aran, de Forget, de Beau, de Friedreich, de Kennedy, ont largement contribué à fixer les caractères anatomo-pathologiques de la maladie et à en déterminer les conséquences, sans pouvoir cependant en éclairer absolument la symptomatologie.

Anatomie pathologique. — Le plus souvent les adhérences sont le reliquat d’un travail inflammatoire, soit aigu, soit chronique, ayant déterminé la formation de néomembranes, qui ont subi une sorte d’organisation et qui ont provoqué la réunion des deux feuillets de la séreuse. Tantôt ces adhérences ne sont constituées que par des brides assez lâches qui fixent principalement la pointe du cœur, tout en lui laissant encore un certain degré de mobilité ; tantôt elles forment des loges qui contiennent un liquide séro-fibrineux ou hématique en proportion variable, ou des masses caséeuses, derniers vestiges d’éléments en régression ; tantôt enfin elles constituent autour du cœur une véritable carapace dont l’épaisseur et la consistance sont variables. Parfois la coque fibreuse mesure plusieurs millimètres d’épaisseur; dans d’autres cas, elle est si mince, qu’au premier abord le péricarde semble faire défaut. C’est sans doute à des faits analogues qu’avaient alîaire les auteurs anciens qui ont publié des observations à' absence du péricarde. C’est à ces cas d’adhérences généralisées que s’appliquent les dénominations de péricardite oblitérante ou éé ankylosé du cœuropx^ Stokes d’une part, Bouillaud de l’autre, avaient données à l’affection. Enfin il est des faits dans lesquels on a trouvé un véritable anneau cartilagineux ou ossiforme autour de la base du cœur.

Il est impossible que de pareils désordres anatomiques ne retentissent pas dans une certaine mesure sur le cœur lui-même, d’autant que le travail inflammatoire qui a produit la fausse membrane a L. et T. — Path. et clia. méd. II. — 3

MALADIES DU C(ffiUR.

dû préalablement modifier la fibre musculaire cardiaque et la prédisposer à de nouvelles altérations ; elle est devenue moins résistante et moins apte à lutter contre les tiraillements exercés sur elle par les adhérences périphériques. De là l’origine de ces anévrysmes partiels déjà notés par Araii et étudiés par Schutzenberger, de ces dilatations simples ou compliquées d'hypertrophie que rapportent tous les observateurs. Stokes pensait que l’hypertrophie était la conséquence nécessaire d’une lésion valvulaire concomitante ; des exemples nombreux démontrent que l’hypertrophie peut exister indépendamment de toute altération d’orifice (faits de Blache et de A. Laveran).

V atrophie n’est pas non plus très rare à la suite de la symphyse cardiaque (Stokes, Kennedy), principalement dans les cas de transformation cartilaginiforme de la séreuse, mais la chose n’est point constante, ainsi que le prouve un fait de Liouville (1871), où cette altération anatomique était accompagnée d’hypertrophie. L’atrophie, quand elle existe, semble pouvoir être attribuée à une modification dans le calibre des artères coronaires comprimées au milieu des fausses membranes.

La symphyse cardiaque peut par elle-même entraîner des lésions d’orifice (fait démonstratif de Jaccoud, 1871) et déterminer des altérations du plexus cardiaque avec leurs redoutables conséquences (Peter).

Description. — Les auteurs anciens (Meckel, Sénac, Lancisi) considéraient les palpitations, la faiblesse du pouls, la tendance à la syncope, comme les symptômes les plus communs des adhérences du péricarde. Ces symptômes appartiennent à bien d’autres affections cardiaques ; de plus, il existe des exemples assez nombreux de symphyses cardiaques qui n’ont entraîné pendant la vie aucune espèce de trouble fonctionnel ; aussi Bouillaud tend-il à considérer le diagnostic comme presque toujours entaché d’incertitude.

Il existe cependant, dans certaines circonstances, quelques points de repère importants, et dont la réunion devient suffisante pour faire reconnaître pendant la vie les adhérences du péricarde. En effet, il peut se présenter d’abord telle occasion où l’on assiste en quelque sorte à la formation du mal ; la suppression brusque du bruit de frottement j en cas de péricardite aiguë, sans augmentation des troubles fonctionnels et de la dyspnée (condition qui éloigne l’idée d’un épanchement), indique en général que des adhérences viennent de fixer l’un à l’autre les deux feuillets de la séreuse

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