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MALADIES DU TUBE DIGESTIF CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

La partie supérieure du tube digestif (au point de vue pathologique) n’offre ni l’intérêt ni la diversité qui caractérisent les affections de la partie sous-diaphragmatique. En effet, c’est une portion purement vectrice, un simple canal de passage. Histologiquement, cette infériorité s’explique dans une certaine mesure par la constitution même de répitliélium de revêtement, qui est uniquement pavinienteux et n’a ni l’activité physiologique, ni les aptitudes pathologiques des épithéliums cylindriques.

La langue cependant mérite de fixer plus spécialement l’attention, surtout à cause de !a mue épithéliale dont elle est le siège dans toutes les affections fébriles de l’économie et des sympathies étroites qui la relient à l’estomac et qui font quelle justifie l’adage banal : La langue est le miroir de V estomac.

L’étude des maladies des dents ne nous appartient pas ; toutefois l’importance du rôle que jouent les dents doit être prise en sérieuse considération : nombre de dyspepsies n’ont d’autre cause qu’une mastication trop hâtive ou insuffisante par défaut ou mauvais état de l’appareil dentaire. Au point de vue symptomatologique, l’examen des dents et des gencives fournit d’utiles indications pour le diagnostic du scorbut, de l’intoxication saturnine et de la syphilis héréditaire (1).

Les glandes salivaires sont intéressantes pour le médecin, quoique l’étude de leurs affections ressorte bien plutôt du domaine delà pathologie externe. Les recherches de Cl. Bernard, de Longet, Vulpian, Heidenhain, Ludwig, etc., sur la sécrétion salivaire ont mis en lumière le mécanisme complexe de cette sécrétion et ont

(1) Depuis le jour où Hutchinson montra pour la première fois que certaines transformations atrophiques des dents pouvaient tenir à l’influence de la syphilis héréditaire, l’attention des observateurs a été vivement attirée sur ce point délicat de pathologie spéciale. On doit à Parrot des études fort importantes sur la question (voy. Progrès médical, 1881, n° 31). Pour cet auteur la syphilis héréditaire peut marquer son empreinte sur les dents de la première et de la seconde dentition en y produisant des érosions : cupu~ laires sulciformes ou cuspidiennes. La forme en encoche de Hutchinson appartient surtout aux incisives supérieures. L'atrophie en hache serait particulière à la première dentition* (Parrot).

surtout bien montré l’influence exercée par le système nerveux sur l’acte sécrétoire (électrisation de la corde du tympan, atropine, pilocarpine). Malheureusement les altérations pathologiques de la salive n’ont été l’objet jusqu’à présent que d’études fragmentaires : on sait cependant qu’elle sert à l’élimination de certains agents toxiques ou médicamenleux, le mercure, l’iodure de potassium, le chlorate de potasse, etc. Normalement alcaline, la salive change facilement de réaction sous l’influence de causes pathologiques très diverses, et la muqueuse buccale devient alors un terrain approprié à certaines fermentations et au développement de champignons (muguet).

La salive, comme la plupart des liquides digestifs, a un double rôle, l’un mécanique, l’autre chimique. Ce dernier consiste dans la transformation des matières amylacées en dextrine d’abord, en glycose ensuite ; c’est là une fonction moins importante qu’on ne serait tenté de le croire au premier abord, le séjour que font les aliments dans, la bouche n’étant pas suffisant pour que les matières amylacées subissent une transformation complète. Il ne faut pas oublier cependant que la salive déglutie a la propriété de continuer son action sur l’amidon, même dans le milieu acide de l’estomac. Ainsi s’explique, au point de vue de la facilité des digestions, de Veupepsie^ la nécessité d’une bonne insalivation. Toutefois c’est au suc pancréatique que revient le principal rôle dans la digestion des matières amylacées, ainsi que nous le verrons plus loin. L’action mécanique de la salive est certainement plus importante que son action chimique (Cl. Bernard) ; la salive sert à humecter les aliments, à les réunir en bols et à en faciliter la déglutition (1).

V œsophage jouit au suprême degré de l’immunité pathologique qui s’attache aux simples conduits de passage. Ses phlegmasies, en

(1) La salive, comme l’a montré Cl. Bernard, n’est point une humeur de constitution univoque : elle est la réunion de trois liquides distincts (parotidien, sous-maxillaire, sublingual), ayant chacun leurs propriétés, leur constitution et leur consistance spéciale. Envisagée à un point de vue général, c’est un liquide aqueux contenant 994,10 d’eau et 5,90 de matières solides (Frerichs), parmi lesquelles on remarque des débris épithéliaux, du mucus, de la graisse, des sels, du sulfocyanure de potassium, des corpuscules salivaires et parfois des blocs gélatineux (Echkard). La salive contient en outre un ferment azoté, découvert par Leuchs en 1831, la ptyaline (Berzelius), ferment soluble dans l’eau et précipitable par l’alcool.

La sécrétion salivaire se fait sous l’influence d’un réflexe déterminé par l’impression des substances sapides. L’excitation de la muqueuse buccale avec de l’étoupe ne l’engendre pas (Colin).

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