‹ Nouveaux éléments de pathologie et de clinique médicalesChapitre 52 sur 122 · L. et T. — Path. et clin. méd · texte numérisé non relu

L. et T. — Path. et clin. méd

iS. — *28

MALADIES DU TUBE DIGESTIF

semaines; mais généralement il subsiste après la guérison une sorte de susceptibilité morbide de la muqueuse buccale.

On ne confondra pas la stomatite mercurielle avec les lésions syphilitiques qui n’occupent pas le même siège, ni avec la stomatite ulcéro-membraneuse qui, au point de vue symptomatique, offre une grande analogie avec la stomatite mercurielle, mais qui se présente le plus souvent à l’état épidémique et en dehors de toute intoxication mercurielle.

Dès le début de la salivation, il faut suspendre l’emploi des préparations mercurielles. Comme abortifs on a conseillé les collutoires à l’alun (Velpeau), à l’acide chlorhydrique (flicord). Le chlorate de potasse (à l’intérieur et en gargarismes) est le véritable spécifique de la stomatite mercurielle.

Ricord. Leç. sur le chancre. Paris, 1858. — Beauliét. Quelques considérations sur la stomatite mercui’ielle, th. de Strasbourg, 1862. — Bernazky. Zur Lehre von der mercuriellen Salivation (Virchow’s Jahresb., 1869). — Kums. Obs. de salivation produite par le sublimé corrosif (Ann. Soc. méd. d’Anvers, 1873) . — FarqhassON. The action of Mercury (Brit. med. Journ., 1873).

GLOSSITE.

La glossite est l’inflammation de la langue. Elle peut être aigue ou chronique, superficielle ou profonde.

La glossite aiguë superficielle a aussi reçu les noms de glossite folliculaire, papillaire, suivant les éléments anatomiques plus spécialement touchés. L’épithélium prolifère rapidement, formant des couches stratifiées qui, enlevées par le raclage, laissent voir le derme d’une coloration rouge vif. Le goût est perverti, tous les mouvements de la langue sont pénibles. L’épithélium peut aussi s’atrophier dès le début et tomber en laissant le derme privé de sa couche protectrice (Küss).

La glossite aiguë profonde peut être générale ou partielle, La glossite s’annonce en général par une douleur vive et continue ; le gonflement est rapide, parfois énorme. Comme dans la glossite mercurielle, la langue fait saillie entre les arcades dentaires, et la tuméfaction de sa base peut rendre la déglutition impossible et provoquer une violente dyspnée due surtout à l’élévation du larynx en haut et en avant, A cette période, il y a une anxiété pénible, la face est congestionnée , la fièvre est parfois intense. L’œdème de la glotte, l’abcès ou la gangrène de la langue peuvent survenir et dé-

Page 1