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ANGINES CHRONIQUES

L’angine des solanées, notamment de la belladone, est caractérisée par une sécheresse et une constriction intenses de la gorge pouvant empêcher la déglutition pendant un temps fort long. Fm même temps il y a de la sécheresse de la bouche, de la dilatation pupillaire et parfois du subdelirium. La première indication consiste à suspendre l’usage des préparations qui ont donné naissance à des angines, on prescrira ensuite des gargarismes émollients ou astringents, du café, etc.

OuLMONT. Epidémies d’angines coucnneuses compliquant la fièvre typhoïde (Soc. méd. des hôp., 1859). — Cornil. Obs. pour servir à l’hist. de l’érys. du pharynx (Arch. de méd., 1862). — Graves. Leç. de clinique méd., notes de Jaccoud, 1862. — ClURE. De l’érysipèle du pharynx. Th. de Paris, 1864. — ChÉdevergne. De la fièvre typhoïde, etc. Th. de Paris, 1864. — Schlumberger. Tli.de Paris, 1872.— Is. Straus. Pneumonie érysipélateuse (Soc. méd. des hôpitaux et Revue mensuelle, 1879). — Trousseau. Clin, de l’Hôtcl-Dieu, 6® édit. 1882.

ANGINES CHRONKiUES.

Angine glanduleuse (Synonymie : Angine granuleuse (Ghomel), granuleuse chronique (Hardy et pharyngite glan-

duleuse (Enron), clergymen's sore throat (Green). — Chomel en fit, le premier, le sujet d’un important travail; après lui, Green, puis Guéneau de Mussy, complétèrent l’histoire de cette affection.

Les recherches de Guéneau de Mussy ont bien montré rintluence de la diathèse herpétique sur le développement de l’angine glanduleuse; il en est de même de la goutte, du rhumatisme, de la scrofule. Cette angine est très commune chez les chanteurs, les orateurs et prédicateurs, etc.; chez les buveurs et les fumeurs, chez les personnes {[ui dorment la bouche ouverte (Chomel) ; chez tous ceux enfin dont le pharynx est exposé à des causes d’irritations prolongées ; les angines catarrhales aiguës peuvent lai donner naissance en se répétant, bien qu’elles engendrent plus souvent la forme catarrhale chronique simple, dont nous aurons à différenlier plus loin la pharyngite glanduleuse; elle est plus fréquente chez l’homme que chez la feaime, et s’observe surtout de vingt-cinq à quarante ans.

Anatomiquement, l’angine glanduleuse est caractérisée par la présence de granulations variables de coloration, de volume et de forme, et constituées par l’hypertrophie des culs-de-sac glandulaires qui existent en si grand nombre dans la muqueuse de l’arrièregorge, des piliers et du voile du palais. D’aspect le plus souvent rouge vif, grosses comme des grains de millet et très confluentes.

MALADIES DU TUBE DIGESTIF

elles forment en général des amas polymorphes se détachant tantôt sur la muqueuse saine, tantôt sur un fond plus terne par le fait du catarrhe concomitant ou sillonné par des arborisations variqueuses. Histologiquement, la tuméfaction de ces glandules est due au gonflement des cellules de leurs culs-de-sac, leur orifice est dilaté, et par son ouverture s’écoule une sécrétion habituellement épaisse et visqueuse formée en majeure partie, suivant les recherches de Robin, par des cellules épithéliales et des leucocytes; dans un cas de Guéneaude Mussy, ces culs-de-sac renfermaient de petites concrétions calcaires. La même inflammation atteint les dépressions de la muqueuse situées au centre des follicules clos agglomérés qu’on observe dans les parties supérieures du pharynx (Cornil et Ranvier). Plus tard on voit de place en place de petites cicatrices, à côté des granulations agminées de différentes façons. La propagation à la trompe d’Eustache, au larynx et aux fosses nasales est fréquente. La luette est allongée, les amygdales souvent intactes sont d’autres fois légèrement tuméfiées.

L’angine glanduleuse débute par une sensation de gêne et de picotement dans la gorge, accentuée surtout le matin et portant le malade à faire une série de petites expirations brusques et bruyantes {hem, des Anglais), et destinées à rejeter les produits de sécrétion qui sont expectorés sous forme de pelotons opaques ressemblant souvent à de l’amidon cuit, ou verdâtres (Guéneau de Mussy) si l’affection s’est propagée au larynx : plus rarement ils renferment quelques striées sanguinolentes.

L’extension au larynx amène de la raucilé de la voix, et l’extension à la trompe d’Eustache, de la surdité. L’hypochondrie coexiste souvent.

L’angine glanduleuse n’est pas très grave par elle-même ; cependant son pronostic n’est pas toujours absolument favorable, car elle est tenace, rebelle, et elle peut empêcher complètement les professions où l’on a besoin de la parole. Contrairement à l’opinion émise par Green, elle n’a aucun rapport avec la phthisie pulmonaire.

Gomme traitement, on devra d’abord interdire l’usage du tabac et des liqueurs, prescrire le repos à ceux dont la voix est fatiguée par l’exercice. Les eaux sulfureuses naturelles de Bonnes, Enghien, Ludion, Caulerets, etc., prises principalement sous formes d’inhalations, rendent souvent de grands services chez les herpétiques ; les eaux salines, Ems, Royat, Nauheim, etc. , chez les scrofuleux. Le

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