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MALADIES DE L’OESOPHAGE ŒSOPHAGITE

C’est à ftlondière (1829) que l’on doit les premiers et les plus importants travaux sur Vœsophagite.

Étiologie. — L’inflammation de l’œsophage est primitive ou secondaire. Primitive, elle reconnaît comme causes : l’ingestion des alimenls trop chauds ou trop froids, de substances irritantes ou corrosives (acides, alcalis, tartre stibié, etc.)^ la présence ou seulement le passage de certains corps étrangers (épingles, arêtes de poisson, fragments d’os) ; l’influence fâcheuse du cathétérisme, admise par certains auteurs, n’est rien moins que démontrée. De Ranse a cité aussi le fait curieux A'owq piqûre de guêpe dans l’œsophage.

L’œsophagite secondaire ^ pour être un peu plus fréquente, n’est point commune ; elle peut succéder à l’extension d’une inflam mation pharyngo-buccale (muguet, diphthérite) ou stomacale (gastrite aiguë). On l’observe aussi dans les maladies éruptives et infectieuses (rougeole, scarlatine, variole, septicémie, typhus, etc.), dans la syphilis, peut-être aussi dans le rhumatisme et l’alcoolisme. Les points sténosés sont souvent le siège d’inflammations circonscrites. Les maladies du cœur provoquent aussi la forme secondaire, soit par embolie (Parenski), soit par stase veineuse.

Anatomie pathologique. — Les lésions de l’œsophagite disparaissent parfois après la mort lorsqu’elles sont peu intenses; d’ailleurs, elles varient avec la cause qui les a provoquées.

Leur siège, pourtant, est toujours à peu près le même : rares à la partie moyenne, c’est vers les parties supérieures et inférieures, au niveau des orifices, enfin, qu’elles prédominent.

Dans nombre de cas, la muqueuse est hyperhémiée, épaissie, friable par suite de l’imbibition et de l’exfoliation de l’épithélium, couverte de mucosités plus ou moins purulentes : c^’est la forme catarrhale. Mais la congestion peut atteindre les parois même de l’organe et en amener la suppuration : c’est la forme phlegmoneuse. Les substances caustiques produisent l’ulcération et même le sphacèle de la muqueuse; la gangrène peut également survenir spontanément lorsque l’inflammation est considérable ou dans les cas d’embolie (Rokitansky) : cette forme très grave peut être le point L. et T. — Path. et clin. méd. II. — 30

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de départ d’une perforation de l’œsophage, on bien elle amène un rétrécissement après la chute de Teschare.

On a noté quelques faits rares de diphthérite primitive de la muqueuse œsophagienne CWagner). On sait enfin, depuis les belles recherches de Parrot, que le muguet, chez les enfants, se déve'oppe fréquemment le long de l’œsophage.

Les manifestations œsophagiennes des exanthèmes fébriles sont toujours peu accusées. L’angine secondaire de la scarlatine peut se propager à l’œsophage en gardant son caractère pseudo-membraneux. L’œsophagite du tartre stibié est caractérisée par des pustules isolées ou confluentes (Rokitansky, Laboulbène). La atteint

l’œsophage seulement à la période tertiaire (West).

Description. — L’œsophagite est souvent méconnue, soit parce que les symptômes ne sont pas suffisamment nets, soit parce qu’ils ont été masqués par la maladie primitive. Le caractère essentiel est une dysphagie douloureuse (Luton)due bien plutôt à la contraction réflexe des muscles lisses qu’au rétrécissement du canal. Il s’y joint une douleur d’intensité variable ayant son siège entre les épaules ou au niveau de la fourchette sternale. Le malade rejette en crachant (1) ou en vomissant des mucosités purulentes, du mucopus, parfois aussi un peu de sang s’il y a une ulcération ou une portion nécrosée ; on observe une véritable vomique lorsqu’un al3cès vient à s’ouvrir dans l’œsophage. Si l’on pratique le cathétérisme de l’œsophage, il arrive souvent que le malade indique nettement le point où l’inflammation s’est spécialement cantonnée. Les phénomènes généraux sont parfois assez intenses. Dans tous les cas, la notion étiologique est de la plus haute importance pour le diagnostic.

La marche de la maladie est suraiguë dans le cas d’inflammation due au contact d’agents caustiques; aiguë dans la plupart des cas; elle peut aussi affecter la forme chronique, s’il y a une ulcération avec tendance au rétrécissement ou si le catarrhe dépend d’une stase veineuse.

La résolution est la règle et survient au bout d’un temps très variable, en rapport avec les variétés de l’inflammation. Si la suppuration doit avoir lieu, l'œsophagite s’accompagne rapidement

(1) La régurgitali on œsophagienne, sur laquelle Wichmann a particulièrement attiré l’attention, se distingue du vomissement vrai en ce qu’elle n’est accompagnée d’aucune contraction des muscles abdominaux; elle résulte purement et simplement d’un mouvement antipéristaltique de l’œsophage qui entraîne le rejet de son contenu.

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