RÉTRÉCISSEMENTS DE L’OESOPHAGE
(le symptômes généraux parfois très graves ; la rupture de Tabcès et son évacuation par la bouche ou par l’estomac amènent un soulagement immédiat.
L irruption du pus dans les voies respiratoires est possible mais rare, Touverture de l’abcès se faisant généralement à la face postérieure. La mort peut survenir par infiltration laryngée ou par rupture de V œsophage.
Dans le pronostic il faut tenir compte de la possibilité de rétrécissements consécutifs à l’hypertrophie des tuniques ou à la formation de brides cicatricielles.
Traitement. — On prescrira des boissons glacées ou l’on fera sucer au malade de petits fragments de glace. L’abstinence sera complète dans les cas suraigus ; on tolérera seulement l’emploi du lait e des boissons mucilagineuses; dans les autres on permettra seulement 1 usage des bouillies, des potages froids^ du jus de viande; mais si la dysphagie est absolue, on aura recours à ralimentation par la sonde œsophagienne. Dans les cas chroniques on emploiera l’iodure de potassium à hautes doses, les balsamiques, les sulfureux.
Mondîere. Rech. sur l’infïammation de l’œsophage, th. de Paris, 1829 — Vigla Arch de med., 1846. - Parenski. Des abcès de l’œsoph. survenant à la sui ’ dembohe (Rev. des sc. méd., 1874). - De Ranse. - Piqûre d’uue guêpe dans 1 œsophage, suivie d une éruption d’urticaire. (Gaz. méd. de Paris, 1875) - Luton Art. Œsophage in Nouv. dict. de méd. et de chirurgie, 1877. - Laboulbène Ana ’ tonne pathologique. Paris, 1879.
RÉTRÉCISSEMENTS DE l’œSOPHAGE.
Les létiécissements de 1 œsophage peuvent tenir à \à présence de corps étrangers, à la compression exercée par des tumeurs voisines (anévrysmes, tumeurs du médiastin, abcès prévertébraux, adénopathie bronchique, hydropisie du péricarde, kystes dermoïdes, etc.); le plus souvent iis sont dus à des lésions de parois ; c est de cette dernière forme de rétrécissement que nous nous occuperons spécialement.
Anatomie PATHOLOGIQUE. — L’altération des parois comprend, outre les hypertrophies produites par l’infla mmation, deux catégories de lésions : 1° les rétrécissements cicatriciels dus soit aux ulcérations déterminées par le passage de corps étrangers ou par rupture d abcès sous- muqueux ou de pustules varioliques (Lanzori), soit sur-
MALADIES DE L’ÆSOPHAGE.
tout à l’œsophagite produite par les caustiques (acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, alcalis, etc., y compris les cautérisations au nitrate d'argent dans le cas de diphthérite ou de muguet persistant du pharynx (Gendrin^ Trousseau) ; 2° les rétrécissements néoplasiques et surtout cancéreux (squirrhe, encéphaloïde, épithéliome). Cette dernière modalité du cancer est de beaucoup la plus fréquente, et a de la tendance à se reproduire héréditairement. Le néoplasme peut être complètement annulaire, polypiforme ou simplement en plaques (fait de Potain).
West a établi la réalité du rétrécissement syphilitique tertiaire, admis aujourd’hui par Lancereaux, Fournier, etc.
Le rétrécissement n’a pas de siège précis ; cependant on le trouve de préférence au niveau des points normalement rétrécis, suivant la loi d’Andral, en arrière du pharynx ou au-dessus du cardia. Il est parfois unique, d’autres fois double ou multiple (Basham). Le degré de coarctation est variable. Au-dessus du rétrécissement, le calibre de l’œsophage est augmenté, surtout dans les rétrécissements néoplasiques (Béhier). La dilatation peut atteindre de grandes dimensions et donner lieu à des poches, soit médianes, soit latérales, dans lesquelles les aliments subissent une espèce de fermentation. Béhier a vu ces dilatations venir faire saillie des deux côtés du cou ; à leur niveau la muqueuse est notablement modifiée, elle est le siège d’un catarrhe intense et d’ulcérations parfois étendues ; la couche musculaire est fortement hypertrophiée. Au-dessous du rétrécissement, le diamètre du canal est diminué. Les ganglions lymphatiques avoisinant l’œsophage sont en général augmentés de vnlume si le rétrécissement est cancéreux.
Le rétrécissement, surtout lorsqu’il est d’origine néoplasique, a parfois de la tendance à se ramollir et à s’ulcérer en détruisant les parois de l’œsophage. C’est là le point de départ de communications avec la trachée, les bronches, surtout la droite (Vigla, 14 fois sur 18), la plèvre, le médiastin postérieur, le corps thyroïde en voie de suppuration, l’aorte, l’artère pulmonaire, une caverne du poumon, etc. Ces communications diverses s’établissent soitdirectement, soit par l’intermédiaire d’un abcès interposé.
Description. — Quelle que soit sa nature, le rétrécissement de l’œsophage donne toujours lieu aux mêmes symptômes. Le début est souvent insidieux, la progression du mal étant lente. La gêne dans la déglutition est le premier symptôme observé par le malade : il sent le bol alimentaire arrêté dans l’œsophage, et il est