SPASME DE L’OESOPHAGE
Béhier. Clinique médicHle, 1864. — Lancereaux. Traité de la syphilis. Paris, 1866.
— Hamburger. Die Auscultation des œsopli., etc. (Œsterr. ined. Jahrb., et Gaz.
— Valleix. Guide de méd. prat,, 5® édit., 1866, t. III, revu par Corlieu. hebd., 186S). — R. Lépine. Épitljélioma de Tœsophage : parai, de la corde vocale gauche (Soc. anat., 1873). — J. Renaut. Eod. loc., 1873, — Verneuil. Gastrotomie pour un cas de rétréc. de Tœsoph., etc. (Bull, de TAcad. de méd., 1876). — J. Knott. An essay on pathology of Œsoph. Dublin, 1878.
SPASME DE l’œsophage.
Synonymie : Dijsphagia (Hoffmann). — ■ Rétrécissement spasmodique de Vœsophage (Hamburger). — (E,sophagisme (Mondière). — Dysphagie spasmodique (Axenfeld).
Le spasme de ['œsophage peut se rencontrer dans un grand nombre de maladies : l’hystérie, l’hypochondrie, le tétanos, l’hydrophobie imaginaire, la rage ; il peut aussi se montrer comme complication des ulcérations ou des rétrécissements de l’œsophage, ou bien être la conséquence de la présence de corps étrangers dans l’œsophage. Dans tous ces cas, le spasme œsophagien est symptomatique ; lorsqu’il se montre en dehors de ces causes, il est dit essentiel ou idiopathique.
On a attribué à l’œsophagisme essentiel une foule de causes fort contestables : la dentition, les vers intestinaux, le rhumatisme, la phthisie laryngée, la répercussion d’un exanthème, etc. Le spasme peut se produire à l’occasion d’une émotion vive, de l’impression du froid, du mal de mer, ou même de l’ingestion de liquides froids, de substances toxiques, etc.; la cause prédisposante par excellence est le nervosisme avec ses modalités si nombreuses et si variées.
Le début est brusque : une personne en bonne santé, au milieu d’un repas par exemple, éprouve subitement la sensation d’un corps étranger dans l’œsophage. Si le spasme siège à la partie supérieure de l’œsophage, il se produit une sorte de ténesme pharyngoœsophagien qui rejette violemment les dernières bouchées; si, au contraire, il occupe la partie inferieure, les aliments s’accumulent un instant au-dessus du point rétréci, puis ils sont brusquement projetés dans l’estomac ou expulsés par vomissement œsophagien. Ces phénomènes se présentent du reste avec une grande diversité de formes : chez l’un, les liquides froids passent mieux que les chauds ou inversement; chez l’autre, les solides passent facilement, tandis que les liquides provoquent le spasme, etc.
MALADIES DE L’ŒSOPHAGE
La douleur, plus ou moins vive, est constante et se fait sentir le long du cou, entre les deux épaules, parfois à la pointe du sternum ou à la région précordiale. Dans quelques cas, le malade éprouve une sensation de boule comme dans l’hystérie. A ces symptômes viennent se joindre la contracture des muscles cervicaux sous l’influence des efforts de déglutition et de régurgitation, le hoquet, le spasme de la gorge et l’angoisse respiratoire. A un degré plus avancé encore, la face se congestionne, les veines du cou deviennent turgescentes, l’oppression est extrême, et l’on voit survenir la syncope ou même du délire et des convulsions. Parfois aussi la vue seule d’un liquide, pour peu que l’imagination du malade soit frappée, amène l’hydrophobie avec son cortège de symptômes effrayants.
Hamburger a appliqué à l’œsophagisme sa méthode d’investigation par l’auscultation. Comme pour les rétrécissements organiques, on applique le stéthoscope, soit sur la partie latérale du cou à gauche, soit le long de la colonne vertébrale, entre la première et la huitième vertèbre dorsale, pendant que le malade avale un peu d’eau ; on entend alors au niveau du point sténosé un glouglou ou un gargouillement plus ou moins intense. Le cathéter sera employé pour déterminer le siège de l’obstacle.
La durée du spasme est fort variable : parfois très fugace, on l’aurait vue se prolonger pendant, cinq ans, quinze ans (Seney) et même davantage. Dans ces cas, le spasme est dû à une lésion des muscles eux-mêmes (Romberg) : c’est le rétrécissement spasmodique, la stenosis spastica fixa de Hamburger, par opposition à la stenosis spastica migrans ou œsophagisme simple, qui peut disparaître aussi brusquement qu’il s’est déclaré.
L’œsophagisme ne s’accompagne pas en général d’altération anatomique avérée; toutefois, lorsque la coarctation a persisté un certain temps, il peut se faire au-dessus du point rétréci une dilatation assez prononcée; la muqueuse à ce niveau devient le siège d’une inflammation catarrhale qui entraînera à un degré plus avancé des excoriations et même de véritables pertes de substances pouvant mettre à nu la couche musculaire (Raynaud).
Le spasme de l’œsophage sera distingué avec soin de l’œsophagite et des rétrécissements organiques : V œsophagite a pour elle les douleurs fixes, continues, et s’exaspérant à chaque déglutition ; quant aux rétrécissements leur diagnostic repose sur
un certain nombre de considérations qui ont déjà été exposées plus haut (voy. p. 467).
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Raremeut rœsophagisme entraîne un pronostic sévère : quelques cas pourtant ont été suivis de mort, soit par le fait de l’inanition qu’ils ont entraînée (Âxenfeld, Raynaud), soit en déterminant les accidents de l’hydrophobie imaginaire.
Le cathétérisme est non seulement le mode d’investigation indispensable, mais aussi la meilleure méthode de traitement; on doit le pratiquer avec la sonde œsophagienne lorsque, la déglutition étant impossible, l’indication qui s’impose est de nourrir le malade. Sinon, on se servira du cathéter à olives : arrivée au niveau du spasme, l’olive est arrêtée par une résistance assez forte qui finit par céder lorsque l’on insiste un peu. Un seul cathétérisme suffit parfois pour guérir le spasme. On peut également se servir du dilatateur de Broca.
Les opiacés et les injections hypodermiques de morphine sont des adjuvants puissants du traitement mécanique. Il en est de même de la belladone et de l’atropine, de l’acide cyanhydrique. Roux a obtenu de bons résultats avec le bromure de potassium qu’on prescrira à la dose de 4 à 8 grammes. Jaccoud s’est bien trouvé de l’emploi simultané de la belladone et de l’iodure de potassium. L’électricité, les boissons froides et glacées, ont parfois rendu des services.
Mondière. Arcli. de méd., 1823. — Romberg. Lelu’buch des Mervenkrankh., 1857. — Broca. Trait, du rétréc. spasm. de Tœsoph. (Soc. de chir., 1869). — Seney. Œsophagisme chronique. Th. deParis, 1874. — Rouz.Th.de Paris, 1873. — M. Raynaud. Œsophagisme dans ses rapports avec la dilatation de l’oesophage (Annales mal. de l’oreille, 1877), — Jaccoud. Path. méd., 1877. — Morell Mackensie. Rétrécissements spasraod, de l’œsophage (Med. T?mes and Gazette, 1856 (voy. p. 453) et The Lancet, 1878). — Luton. Art. (Esoph., in Nouv. Dict. de méd. pratiq. — Ch. Éloy, Contrib. à l’étude de l’œsophagisme (Gaz. heb., 1880). — Zenker et V, Ziemssen. Maladies de l’œsophage (Ziemssen’s Hand. der spec. Path. Bd VII, 1 Heft). — G. Masse. Rétrécis, spasmod. de l’œsophage. Th., Paris, 1878. — Axenfeld et Hüchard. Traité des névroses, 1883.
MALADIES DE L’ESTOMAC
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La muqueuse stomacale, par le fait même de son fonctionnement physiologique, est soumise à la fluxion périodique qui accompagne la digestion; cette hyperhémie physiologique passe facilement à l’inflammation sous l’influence de causes parfois légères,* comme les variations de température, l’ingestion d’aliments mal préparés
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OU altérés, les irrégularités ou les excès de nourriture et de boisson, etc., toutes causes que nous avons déjà signalées à propos de la fièvre gastrique et auxquelles il convient d’ajouter l’absorption des substances caustiques ou médicamenteuses administrées mal à propos, les contusions de l’épigasire et la longue série des causes intérieures (Luton). En effet, le catarrhe gastrique est très fréquent, pour ne pas dire constant, dans un grand nombre d’affections fébriles ou exaiithémaleuses : pneumonie, érysipèle, scarlatine, etc. Il en est de même dans certains états généraux : goutte et rhumatisme; dans le mal de Bright, l’urée s’élimine parla muqueuse gastrointestinale et se transforme à sa surface en carbonate d’ammoniaque, substance irritante produisant rapidement le catarrhe aigu (Luton, Treiiz).
Outre cette forme franchement catarrhale, on connaît aussi la ioYïïïQ phlegnioneuse ou sous- muqueuse : qWq est piimitive, ou consécutive au typhus, à la variole, au mal de Bright (Aust. Flint), à l’infection purulente, à la fièvre puerpérale ; elle est fort rare.
Anatomie pathologique. — il est à peu près irnpossible d’apprécier chez l’homme les degrés les moins accentués du catarihe aigu de l’estomac, l’épithélium et les couches superficielles de la muqueuse étant promptement détruits après la mort par le suc gastrique. C’est à la pathologie expérimentale qu’il faut avoir recours pour constater ces lésions. Cornil et Banvier, sur des chiens empoisonnés par diverses substances injectées dans les veines et agissant sur l’estomac, ont constaté la distension du réseau capillaire superficiel, la tuméfaction des saillies inlerglandulaires et 1 épanchement interstitiel de liquides contenant des globules rouges et des
leucocytes. . • 1 1
Chez l’homme, ces lésions ne sont pas toujours appieciables ou tout au moins ne sont pas suffisantes pour caractériser le catairhe gastrique. Dans les formes plus accentuées, la capacité de 1 estomac est notablement diminuée, ses parois sont amincies ou, aucontiaiie, épaissies (1), la muqueuse est friable et présente souvent des ecchymoses limitées ou des érosions superficielles. Enfin, dans un certain nombre de cas, l’altération semble porter sur la portion glandulaire (gastrite gla^idulaire de Virchow).
(ü Nous devons rappeler ici que la muqueuse stomacale u’offre pas partout la môme épaisseur : elle n’a guère que 1/4 à 3/5 mü 'ineUe dans e grand cul-de-sac, et atteint son maximum de 1 millimétré a 1 mil mètre l/'â à la région pylorique (Louis)
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Les liquides gastriques ont subi des modifications importantes : ils ne sont plus digestifs. Leur réaction est neutre, car ils se composent surtout de mucus, la sécrétion de suc gastrique étant presque complètement supprimée. De Beaumont a le premier vérifié ce fait sur son Canadien.
Dans la forme phlegmoneuse, la muqueuse est généralement intacte ou présente seulement de petites ulcérations par lesquelles le pus sort comme à travers un crible. Ce pus peut être collecté sous forme d’abcès ou infiltré dans la paroi, dont l’épaisseur atteint parfois 1 centimètre.
Nous ne ferons que signalai' ici la gastromalacie qui semble due à de tout autres causes qu’à l’inflammation.
Description. — Dans la généralité des cas, les symptômes ne dépassent pas ce que nous avons décrit à propos de l’embarras gastrique fébrile (voy. tome P‘‘) ; souvent même ils sont moins accusés et la fièvre est nulle. Dans les cas les plus aigus la douleur à l’épigastre est lancinante; exagérée par les mouvements et par la pression, elle s’accompagne d’un certain degré de tension épigastrique; il y a de l’anorexie, de la soif, un mouvement fébrile assez intense, de la céphalalgie, de l’insomnie; souvent il s’y joint un peu .de catarrhe des voies biliaires avec diarrhée et vomissements et une teinte subictérique des téguments et des conjonctives.
La gastrite aiguë a toujours une issue favorable, si ce n’est chez les jeunes enfants, lorsqu’elle s’accompagne d’entérite. En général la guérison se produit à la fin du premier septénaire ou dans le courant du second; le passage à l’état chronique est assez rare.
La gastrite sous-muqueuse présente une exagération des symptômes que nous venons d’indiquer. Parfois l’abcès s’ouvre dans l’estomac et donne lieu à une sorte de vomique; Brintou a signalé l’ictère. La terminaison est ordinairement fatale; la mort survient du deuxième au sixième jour par collapsus, fièvre hectique ou perforation de la séreuse et péritonite suraiguë (Raynaud).
Traitement. — On prescrira le repos, la diète, un purgatif salin ou un ipéca stibié. Les douleurs et les vomissements persistants impliquent l’administration des opiacés, de la glace et des boissons anli-hémétiques. On s’appliquera surtout à rechercher les causes de la maladie, telles que : vices dans le régime alimentaire, défaut d’exercice, etc., afin d’y remédier à l’avenir et de prévenir des rechutes.
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