II
MALADIES DU FOIE
La matière amyloïde envahit toujours primitivement les vaisseaux artériels capillaires, les cellules hépatiques ne sont détruites qu’ultérieurement par compression. Wagner, Tiessen ont soutenu cette manière de voir qui résulte également des recherches de l’un de nous (A. Laveran).
Les cellules amyloïdes renferment au début de petits corps vitreux, translucides et réfringents, qui finissent par les infiltrer en totalité : elles n’offrent plus alors ni granulations moléculaires ni noyaux; elles augmentent de volume et se déforment, se soudent les* unes aux autres et constituent des blocs transparents, irréguliers, qui, sur les coupes histologiques, se colorent en jaune soufre par le picrocarminate et en rouge violet par le violet de méthylaniline.
La dégénérescence peut atteindre les rarnuscules de la veine porte (Frerichs, Cornil et Ranvier, Rendu); les voies biliaires restent toujours intactes (Handfield Jones).
Les causes les plus fréquentes de la dégénérescence amyloïde sont les maladies cachectiques avec suppuration, la scrofule, la tuberculose, parfois le cancer, La syphilis viscérale se traduit souvent par l’altération amyloïde, non seulement du foie mais de tous les autres organes : reins, rate, intestins, etc. On a signalé la dégénérescence cireuse chez les paludéens (Rokitansky, Frerichs), les lépreux (Chalvei, Renault), les leucocythémiques (Cornil, etc.).
La symptomatologie est tout aussi obscure que celle de la dégénérescence graisseuse. Il n’existe ni douleur dans l hypochondre, ni troubles digestifs imputables à un état morbide du foie, ni ictère, ni ascite. Le foie déborde généralement les fausses côtes, et sa surface est lisse, d’une consistance fibreuse; la rate, qui participe le plus souvent à la dégénérescence, est généralement hypertrophiée.
Comme dans la stéatose hépatique, le traitement ne peut ici s’adresser qu’aux affections dont la dégénérescence du foie est une conséquence. Aux scrofuleux on donnera des toniques, du fer, etc.; le séjour prolongé au bord de la mer (G. Simon) produit souvent des résultats très remarquables. Aux syphilitiques ou prescrira l’iodure de potassium à haute dose, ou le traitement mixte^
rokitansky. Lehrb. der pathol. Anat., 3^ édit 1855.- Handfield Jones. Waxy Liver
(Edimb. med. Journ., 1853). -Vikchow. Arcb. fur patbolog. Anat,,
Bull. Soc. anat., 186-2. - Cornil. Bull, de la Soc. de biologie 1863 et 1864. - Jaccoud. Art. Amyloïde (Dégénérescence), in Nouv.Dict. de med. et de cb. pr„ 1865. - Renault. Bull, de la Soc. anat.. 1873. - Cazalis. De la dégen. amyloïde et de la stéatose du foie, etc., Ib. de Paris, 1875. - BottcHER. VircboVs Archiv Bd. LXXII. - Helsch. Sitzb. der Kais Acad, in Wien, 1876. - COUTY. Bull. Soc. anat., 1876. — Tiessen. Arcli. fur Heilkunde, Bd XVIII.
SYPHILIS DU FOIE