‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 100 sur 212 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DE liA HOIUEUeLATURE:.

La nomenclaliire est le vocabulaire des sciences. C'est la réunion do tous les mots techniques qui leur servent de base. Il y a une nomenclature de chimie, de botanique, d'anatomie, etc.; toutes les branches des connaissances humaines en ont une plus ou moins parfaite, selon la nature de leur objet et leurs rapports avec les choses usuelles de l'esprit humain.

On a dit que le dictionnaire était le génie d'une langue : le mot est juste; mais il est encore plus vrai lorsqu'on l'applique à la nomenclature dans son rapport avec les sciences. En effet, sans elle ces dernières ne sont très-souvent que confusion. Une faudrait pas dire, comme Condillac, qu'une scienee se réduit à une langue bien faite, puisque, au contraire, c'est la bonne science qui fait le bon langage; mais on est dans le vrai en attribuant une grande importance à la formation des mots qui servent de communication à nos idées. Si l'on donne des noms particuliers aux choses qu'on a abstraites des autres, dit Sauvages, les abstractions deviennent plus claires et plus distinctes et les choses abstraites se retiennent et se gravent plus aisément dans la mémoire. . . Oter les noms, c'est ôter la connaissance des choses, car il n'y a rien sur quoi on puisse discourir sans le secours des noms.

La médecine a sa nomenclature comme toutes les autres branches des connaissances humaines ; mais quel assemblage de noms ! quel chaos! vingt appellations différentes plus ou moins barbares pour une même maladie; non-seulement elle varie dans chaque pays, mais elle diffère dans la même langue, selon les temps, au gré des systèmes et des hommes. Il n'y a pas de science dont la nomenclature soit plus vicieuse et cependant plus difficile à corriger. Faite lentement et par degré, au hasard, d'une façon irrégulière, elle n'offre rien de scientifique, et les noms qui la composent sont tirés des sources les plus diviM'scs et les plus bizarres. Cependant, comme elle représente l'incertitude qui a régné, qui règne et qui régnera toujours sur la véritable natiue des maladies, elle sera très-difticile à changer d'une manière complète, et, si l'on y arrive, ce ne sera que par degrés, lorsque de nouvelles découvertes auront changé la face d(î la science. Qu'on parvienne à indiquer la nature et le siège e.xact de toutes les maladies, il ne faudra pas longtemps pour réformer la langue médicale. Après les

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