MÉTHODE ÉTIOLOGIQUE
d'après la nature humorale de leurs causes premières. Pour lui, le sang, la pituite, la bile et l'atrabile, forment quatre humeurs dont le mélange exact et le parfait équilibre constituaient la santé. Ces humeurs pouvaient circuler dans toutes les parties du corps, communiquant les unes avec les autres, comme les aréoles d'un tissu celluleux. Les maladies étaient le résultat des modifications de nature et de distribution de ces humeurs. Quand l'équilibre ou le mélange cessait, et qu'une d'entre elles venait à se porter sur un tissu ou sur un organe, il en résultait une maladie que la coction et la crise devaient entraîner d'après des lois toutes particulières et dans un espace de temps déterminé. La première idée de la méthode de nosographie étiologique me semble donc devoir être rapportée au père de la médecine. C'est une théorie et un système plus qu'une méthode, mais c'est déjà une tendance de classilication qu'd est nécessaire d'indiquer. Cette méthode, d'ailleurs, fut, à peu de chose près, celle de Galien. Longtemps après Hippocrate parut à Rome Asclépiade, fondateur du méthodisme et de la dichotomie étiologique des maladies, que Thémison de Laodicée, son disciple, a mise au jour après l'avoir développée autant qu'elle était susceptible de l'être. Dans ce système, il y avait deux classes de maladies : les unes engendrées par une modification particulière de la propriété contractile des solides du corps vivant, par un resserrement des tissus, ou strictum; les autres, par un relâchement de ces mêmes tissus, ou laxum; quant à la classe tout exceptionnelle due au mélange de ces deux états combinés ou succédant l'un à l'autre, on la désignait alors par le nom de mixtum. Thémison fit de grands efforts pour trouver des signes capables de séparer ces divers états les uns des autres, mais il n'y réussit que fort mal, comme ceux qui, depuis lors, ont renouvelé ce système avec plus ou moins d'éclat et de bruit, en l'affublant d'un nom différent mieux en rapport avec les idées régnantes.
Ce système fut celui de Baglivi; un peu plus tard celui de F. Hoffmann, qui l'ajusta aux idées de son temps et inventa le mot de spasme; alin de l'opposer à l'ancien mot (ïatonie; de Brown, qui fanatisa une époque en divisant toutes les maladies en slhéiiiques et asthéniques; de Tommasini; de Broussais enfin, qui, attribuant toute maladie à Y action organique augmentée ou diminuée, créa le mot (Virritation pour les affections de la première classe, et qualifia à'astJiénie celles de la seconde. Je n'ai pas besoin de rappeler l'immense succès obtenu par cette doctrine, aujourd'hui presque entièrement oubhée.
Avec des idées différentes, mais sous l'influence du même principe, qui tend à rassembler les maladies d'après la nature de leurs causes
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productrices, nous \oyons les paracelsistes admettre des maladies sulfureuses, salines, terreuses, mercurielles et astrales, en raison de l'influence hypothétique accordée de ce temps au soufre, à la terre, au sel, au mercure et à l'influence des astres.
Tachenius admettait des maladies acides, alcalines et neutres, en raison de l'hypothèse nosologique qu'il avait créée, pour exphquer les phénomènes morbides par l'excès ou la prédominance d'acides et d'alcalis dans les humeurs.
Le célèbre Sauvages, auquel on doit cette nosographie symptomatique dont je parlerai plus loin, a aussi essayé de faire une classification fondée sur l'étiologie et qu'il a mise à la lin de son grand ouvrage comme une chose qu'on laisse dans l'ombre, crainte d'avoir à en rougir. Cette classification comprend vingt-cinq classes: les maladies vénéneuses, virulentes, exanthémateuses, métastatiques, fébriles, miasmatiques, pldogistiques, sanguines, biUeuses, saburrales, pituiteuses, catarrhales, lactées, séreuses, flatulentes, purulentes, acrimonieuses, organiques, traumatiques, empliractiques, vermineuses, calculeuses, spasmodiques, atoniques et morales.
Selle, dans ses Rudimenta pyretologix methodicx, publiés en 1789, termine par une iconographie curieuse des différentes maladies, dont la base est presque uniquement étiologique. Il les rapporte à dix-liuit classes : 1*" les inflammations, 2" les putrides, €>" les bilieuses, 4** les pituiteuses, 5° lesvermineuses, 6*" les laiteuses, 7"* les nerveuses, 8° les périodiques, 9"" les emphractiques ou maladies d'obstructions, 10' les artlmtiques, 11"" les rachitiqucs, 12Mes scrofuleuses, 13"* les cancéreuses, 14° les vénériennes, l.V les psoriques, lO"" les scorbutiques, 17° les vénéneuses, et 18° les organiques.
Vers la même époque, en 1793, parut une autre classification qui fit plus de bruit qu'elle n'eut de succès.
Entraîné par le désir d'éclairer la nature intime des maladies, non moins que par sa brillante imagination, Darwin, disciple de Brown, emprunte à ce maître une partie de son système pour le combiner à ses projjres idées. Considérant les maladies comme le résultat du trouble survenu dans les quatre phénomènes suivants de l'organisme : l'irritation, la sensation, la volition et l'association, il établit sa classification comprenant quatre classes principales, onze ordres dichotomiquernenl foiinés selon le système de Brown, et quarante et un genres (hsiribués en espèces.
TKKMiÈr.K CLASSE. — Maladies d'iriutation (5 oixlres, 15 genres). \" ordre, hritation avec augiiieiitatioii traction : 1° du système sanguin; 2" du sys-