‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 113 sur 212 · DES FIÈVRES OU PYREXIES · texte numérisé non relu

DES FIÈVRES OU PYREXIES

cette espèce de maladie; mais cette erreur a fait son temps. Les fièvres éruptives ont repris la place qu'elles doivent occuper. L'altération anatomique qui les accompagne est justement considérée comme un effet important, quoique secondaire, l'élément fébrile occupant la première place. En effet, ces altérations sont très-variables, elles peuvent faire défaut ou n'apparaître qu'à un faible degré, la maladie ayant er> core une intensité considérable et pouvant être suivie de complications très-graves.

En dehors des altérations spéciales et caractéristiques développées dans le cours de certaines pyrexies, il est d'autres lésions qui sont communes à toutes les fièvres, bien qu'elles soient de nature différente; elles semblent se rattacher à la diffluence du sang. Ce sont les congestions viscérales, quelle que soit la nature de la lièvre, mais principalement lorsqu'elle revêt le caractère adynamique et ataxique; le sang séjourne dans le cerveau, dans les poumons, dans le foie, dans les reins, dans la rate, s'arrête dans les parties déclives, et forme des congestions qui deviennent cause de troubles à leur tour. En effet, sous l'intluence de la stase sanguine, une sorte de réaction s'opère dans les tissus irrités, l'inflammation se joint à la congestion, les produits déposés se transforment, surtout dans les poumons, et il en résulte des pneumonies bâtardes, dites hypo statiques, des encéphalites superficielles, des ramollissements de la rate, du foie, etc., qui compliquent la pyrexie et empêchent le prompt rétablissement des malades.

Partout dans les lièvres, l'élat général domine la situation et doit être mis en première ligne. L'intensité de l'état fébrile, sa forme ou sa malignité, l'emportent de beaucoup en importance sur l'état anatomique local, qui n'est généralement pas dangereux et qui n'intervient que comme effet secondaire dans la maladie. L'état inflammatoire typhoïde, ataxique ou adynamique, la fréquence excessive et les irrégularités du pouls, constituent le danger des fièvres plus que les lésions matérielles, qui peuvent être insignifiantes ou faire défaut. Ce n'est pas l'éruption cutanée de la rougeole ou de la scarlatine qui rend la maladie grave , c'est la malignité de l'affection humorale qui produit l'ataxie, les complications du côté de la poitrine ou les angines gangreneuses et coucnneuses, etc. Le danger de la variole n'est pas dans une éi'uplion (pii sort bien, mais au contraire dans une éruption qui se (léti'it et n'excite aucune réaction inflammatoire de la peau, la vitalité du sujet étant profondément affaiblie par la lésion humorale. Il

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en est de même dans la fièvre typhoïde, sauf quelques cas où l'altération matérielle devient cause à son tour et engendre de graves accidents; c'est l'état général ataxique ou adynamique, dont la cause nous est inconnue^ qui en constitue le danger.

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La succession et renchaînement des phénomènes observés dans les fièvres a singulièrement éclairé leur nature. C'est d'après l'état fébrile primitif suivi ou non par des altérations de structure variables, d'a- [)rès l'altération du sang et des humeurs, d'après la généralisation des troubles fonctionnels, et d'après la spécificité de la cause, que leuiexistence, comme classe morbide distincte, a été établie. En séparant, sous le nom de pyrexies, les fièvres de la fièvre observée comme symptôme dans les autres classes morbides,'et particulièrement dans l'intlammation, les médecins, à l'exemple d'Hippocrate et de Galien, on! consacré une distinction naturelle, fondée sur l'observation, et contre laquelle personne ne s'élève plus de nos jours. Seulement, dans le but de séparer davantage les fièvres de la fièvre et de toutes les autres maladies fébriles, autant que pour obéir aux entraînements d'une théorie exagérée, quelques médecins ont qualifié (ï essentielles les fièvres ainsi nées de l'altération spécifique des humeurs, et indépendantes des lésions matérielles de l'organisme. Ils n'ont voulu y voir que des maladies sine materia^ développées sous l'influence d'une altération du princijie vital, et restant ainsi en dehors de toutes les conditions ordinaires de la maladie. C'est ainsi que s'est développée la doctrine de l'essentialité des fièvres, qui a fait tant de bruit et qui a passionné plusieurs générations médicales.

Ces deux mots, fièvre essentielle, appliqués aux pyrexies, ont été l'occasion de luttes d'une violence extraordinaire les unes; pour maintenir que des fièvres sans altération des parties solides du corps étaient de véritables maladies primitives, distinctes comme classe de la fièvre symptomatique, des inflammations, et par cela môme des maladies essentielles; les autres, pour démontrer qu'il n'y avait pas de fièvre indépendante des lésions organiques, et qu'il y avait toujours une altération de tissu dans les fièvres. Ainsi posée, la question ne pouvait être résolue que par les faits et par l'observation attentive des malades. Qu'en est-il résulté? C'est qu'on ne parle pas plus aujourd'iiui de fièvres essentielles que de fièvres symptomatiqiies. Les docti ines rivales se sont écroulées ; il est impossible de localiser toutes les fièvres, car on ignore les altérations qu'elles déterminent, et, d'autre part, il n'est personne ([ui croie à leur existence comme maladies

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