‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 114 sur 212 · DES FIÈVRES OU PYREMES · texte numérisé non relu

DES FIÈVRES OU PYREMES

essentielles indépendantes de certaines modifications nerveuses, hnmorales et organiques.

Les pyrexies sont encore à connaître dans leur nature comme danleur siège réel. La lutte de Yes.sentiaUté contre la localisation aura eu pour résultat de les mieux faire connaître, et de substituer l'unité typhoïde à la multiplicité des lièvres précédemment admises comme distinctes, quoique semblables, ce qui est énorme; mais il reste encore beaucoup à faire pour éclairer les points obscurs de leur histoire. Ce ne sont pas des maladies essentielles, car elles ont une cause spécifique incontestable, et elles développent des altérations humorales plus ou moins caractérisées, ou des altérations de tissu assez souvent semblables dans leur nature pour être rattachées à la maladie. On ne peut en faire des maladies symptomatiques localisées dans un organe, comme la pneumonie et les transformations organiques fébriles; mais, en les considérant comme des diathèses aiguës à manifestations multiples dans les tissus et dans les humeurs, on s'approche beaucoup de la vérité.

Les fièvres, dit Borsieri, constituent un genre de maladies, nonseulement très-commun, mais encore multiple. Elles diffèrent beaucoup les unes des autres par leur cause et par leur nature, parleurs caractères extérieurs, et, lors même que la nature en est la même, elles peuvent offrir des symptômes absolument différents. Divisées à l'infini d'après des considérations tirées de leur marche, de leur durée, de leur intensité, de leurs symptômes, de leur nature, etc., les fièvres ont été l'objet d'une foule de classifications dont il faut extraire, avani tout, l'ancienne division hippocratique de fièvres continues, intermittentes et rémittentes. Une fois cette division naturelle et fondamentale acceptée comme base de recherches, rien ne s'oppose à l'admission de qualifications secondaires pour exprimer sommairement ce que les fièvres présentent de plus important dans leur nature, dans leurs formes, dans leurs causes, dans leur durée, etc., etc.

Il fut une époque où l'on divisait les fièvres en fièvres essentielles ou primitives, et en fièvres symptomatiques ou secondaires, afin d'établir que dans ces maladies les unes étaient primitives et indépendantes de lésions organi(iues, et les autres placées sous la dépendance immédiate de lésions constantes et bien caractérisées. Il n'y a pas heu de maintenir cette division, car toutes les fièvres doivent être considérées comme sym|)athiques ou symptomatiques d'un désordre nerveux, hmnoral ou organique. Le mot de lièvre, synonyme de pyrexie, estre-

serve aux seules maladies générales, avec ou sans altération organique secondaire; tandis que, lorsqu'il s'agit d'une fièvre réellement symptomatique liée à une lésion de structure constante, ce n'est plus une fièvre, pijrexie, c'est une inflammation, une pneumonie, une entérite, etc., etc.

La cause et la nature des fièvres ont été prises comme bases de quelques divisions nosograpliiques, et on a admis des fièvres ou pyrexies sporadiques , développées isolément sur une personne au milieu de beaucoup d'autres ; des fièvres épidémiques, frappant au môme instant sur un grand nombre de personnes; des fièvres endémiques, sévissant dans une localité ; des fièvres contagieuses, transmises par contagion ; des fièvres infectieuses, propagées par infection de l'atmosphère ; des fièvres Jdémales, vernales, estivales, automnales, ainsi nommées à cause de la saison où elles se montrent, etc., etc.

Il y a des pyrexies dont l'épithète générique vient de leur apparence extérieure et de la prédominance de quelques-uns de leurs symptômes. Ainsi la fièvre typhoïde et le tijphus, à cause de la stupeur; la fièvre jaune^ à cause de l'ictère; la fièvre adynamique, à cause de la perte des forces; ataxique, à cause du délire; comateuse, à cause du coma; algide,k cause du froid; épiale, avec frissons et tremblement; lypirienne, avec froid extérieur et sensation intérieure de chaleur dévorante; pétéehiale, miliaire, à cause de l'éruption de pétéchies et de miliaire, etc. , etc.

Quelques fièvres ont été désignées d'après leur nature présumée: on a admis des fièvres ou pyrexies infla^nmatoire^ bilieuse, muqueuse, putride, vermineuse, etc.; d'après leur durée, exemple: les fièvres aiguës et chroniques; les fièvres éphémères, hectiques; d'après la gravité, exemple : les lièvres bénignes, malignes, pernicieuses, etc., etc. Ce sont là des subdivisions et des qualifications importantes, car elles représentent chacune un ordre d'idées qu'il faudrait de longs discours pour faire connaître.

Les fièvres continues sont très-nombreuses et varient selon les contrées où Ton observe. Il en est qui sont endémiques dans une localité, et n'existent pas ailleurs, exemple : la fièvre jaune. Par leurs caractères particuliers, elles constiluent plusieurs ordres parfaitement distincts les uns des autres ; ainsi il y a des fièvres continues éruptives^ telles que la vai'iole, la rougeole, la scarlatine, etc.; des fièvres coutinues pestilentielles f exemple : le typhus, la suette, le choléra, la fièvre jaune, etc.; des fièvres continues \)vo]}vGmoM dites, exemple : l'éphé-

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