‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 126 sur 212 · IB · texte numérisé non relu

IB

Fiy. 26. (.anéroïde épidermique de l;i langue; .4, cylindres musculaires de rinfdlration; B, élcmenls f'pidcrnnquos simples, inliltrés de graisse connuenle ou granuleuse.

opalines, demi-lrausparenlcs, séparées avec raison par Bayle des tubercules, dont on les a rapi)rocliées depuis Laennec, et (jui ne sont antres (jue des productions é[)ilhéliales. Je les ai étudiées avec M. Cli. liobin, et nous en avons fait connaitrcla structure en détail dans mon

DES NOSORGAMES. 625

IVaité des maladies des nouveaux-nés^ Il en existe également dans la pie-mère des enfants qui succombent à la méningite granuleuse. On les trouve aussi dans le foie, dans les reins, dans la rate, dans la plèvre et dans le péritoine.

Ces granulations épithéliales varient du volume d'une petite tête d'épingle au volume d'un pois; leur nombre est toujours très-considérable, et, dispersées ainsi dans les différents organes, il est évident que leur génération est le résultat d'une diathèse. Elles coexistent souvent avec les granulations tuberculeuses, dont elles ne sont que le premier degré, car on les trouve fréquemment en voie de transformation avec un point jaune opaque au centre formé d'éléments tuberculeux. Elles provoquent l'hypérhémie et l'inflammation des organes où elles se trouvent, de là des accidents aigus souvent mortels.

Le cancroïde ou épithélioma cutané est plus connu dans sa marche que l'épithélioma viscéral. On sait qu'il se développe lentement et qu'il peut rester longtemps stationnaire sans faire de grands progrès ni compromettre l'existence. Il tombe quelquefois naturellement et peut guérir tout seul ; mais, dans quelques circonstances, lorsqu'il est très-volumineux, et qu'on l'irrite ou qu'on l'enlève incomplètement , il se reproduit sur place avec une rapidité très-grande, il se développe dans les ganglions lympathiques du voisinage et dans les viscères, où sa présence amène des accidents mortels. Au contraire, l'épithélioma viscéral primitif se développe d'une manière lente et inappréciable; puis surviennent des accidents inflammatoires aigus, et, selon leur degré, la guérison ou la mort.

Le traitement des épithéliomas est purement chirurgical. Quand ils sont accessibles à la main et encore peu développés, sans participation des ganglions lymphatiques du voisinage, il faut les détruire par l'opération ou par les caustiques. La seule précaution importante à prendre, c'est d'enlever le mal bien au delà de ses limites apparentes, afin de ne pas lui laisser de racines qui favoriseraien t sa reproduction.

9° De la production du tissu fibro-plastique accidentel et des tumeurs fibro-plastiques.

Le tissu fibro-plastique normal existant au milieu des tissus dont il sert à constituer la trame est, comme on sait, formé de cellules fibro-plastiques, de noyaux isolés et de fibres fusiformes. On en trouve dans le tissu cellidaire ou connectif, dans le tissu muqueux, dans les glandes lymphatiques, dans les viscères, dans les ganglions

* De laphlhisie pulmonaùc, p. 577. . .

B. — PATHOL. GÉN. 40

du grand sympathique; mais il est toujours disséminé au milieu des autres éléments, et sa présence n'est appréciable qu'au microscope. Dans l'état pathologique, au contraire, il s'accumule dans les tissus et dans les organes à l'état d'infiltration ou de tumeur, de manière à en troubler les fonctions et à produire des accidents gra\es souvent mortels. C'est une nosorganie souvent confondue avec le cancer, auquel elle ressemble beaucoup dans sa marche, et dont elle ne diffère que

par la structure anatomique.

La production accidentelle du tissu fibro- plastique se rencontre à tous les âges, chez le fœtus comme chez l'adulte; mais, à l'état de tumeur, c'est dans la période moyenne de la vie qu'on l'observe. Elle est aussi fréquente chez l'homme que chez te femme, et elle parait être la conséquence ordinaire d'une irritation locale des tissus et d'une phlegmasie chronique, jointes à une prédisposition toute spéciale, telle que la diathèse syphilitique et fibro-plastique. En effet, dans la syphilis constitutionnelle , les ulcères formés reposent souvent sur une base résistante de tissu induré rempli d'éléments fibro-plastiques; et on sait, d'après des recherches de M. Gubler, que chez les enfants mort-nés atteints de syphilis héréditaire, le foie renferme souvent des dépôts jaunâtres de matière dure fdDro-plastiquc.

En outre de cette prédisposition créée par la syphilis, il y a certainement, chez les sujets atteints de nosorganie fibro-plaslique, une disposition générale comparable à celle du cancer, et qui favorise le développement anomal de ce tissu. En effet, bien que les tumeurs fibro-plasti(|ues semblent constituer primitivement un mal local et superficiel qui n'a point ses racines dans une disposition dynamique et humorale de l'organisme, puisqu'on peut les extraire avec succès, elles n'en sont pas moins le résultat d'une diathèse latente qui éclate sur un point avant de se manifester partout. Qu'arrive-t-il souvent après l'ablation d'une de ces tumeurs? Elles se reproduisent une ou deu.\ fois à la même i)lace, puis elles envahissent les ganglions

Fig. 27, Éléments libro-plastiques; a, b, cellules fusifornies avec noyau central; elles sont pointues ou bilides; c\ cellules libro-plastiques ovales; les noyaux, fibro-plastiques renfermes dans les cellules sont longs (le 0""",007 à 0"'"',040; larges de 0""",005 à O^^.OOG, avec granulations moléculaires, quelquefois un ou deux nucléoles.

DES jNOSORGAMES. 627

lymphatiques voisins , plus tard les poumons, le foie et les viscères, et de cette multiplication caractéristique d'une diathèse résulte bientôt une cachexie mortelle. Comme on le verra, les choses se passent ici comme dans le cancer, avec cette différence que dans un cas la généralisation du mal est peu fréquente, tandis que dans le cancer cette générahsation s'observe presque toujours. Il y a donc une diathèse fibro-plastique et une diathèse cancéreuse ; mais la première est infiniment moins redoutable que l'autre.

La production accidentelle du tissu libro-plastique a été d'abord étudiée par M. Lebert, et successivement par tous les autres micrologues.

D'après cet auteur le tissu fibro-plastique observé dans les organes se présente sous trois formes différentes :

1 ** Le tissu fibro-plastique d'origine inflammatoire ; 2" l'hypertrophie fibro-plastique ; o"" la formation fibro-plastique, autogène et essentielle.

« Une tumeur fibro-plastique essentielle est composée d'un tissu qui existe à l'état normal dans l'économie, et qui n'est autre que du tissu cellulaire ou fibreux incomplètement développé et en voie de formation. Ces tumeurs constituent une maladie locale qui, dans quelques-unes de ses formes, a une tendance à récidiver sur place; et qui, dans des cas exceptionnels, peut se généraliser dans l'économie tout entière, comme, du reste, beaucoup d'autres maladies essentiellement locales dans le principe * . »

Le tissu tibro-plastique d'origine inflammatoire présente des éléments mal formés et offre une grande tendance à la transformation fibroïde définitive, ou à l'atrophie; tandis que le tissu d'origine autogène tend à prendre une vie propre et un développement indépendant.

Le tissu fibro-plastique inflammatoire existe surtout dans les tissus affectés d'induration à la suite des phlegmasies chroniques, et il se produit là où se fait une réparation. On le trouve au milieu du tissu jaune, lardacé des membranes synoviales, dans les tumeurs blanches, dans le tissu rouge et fongueux des fistules ; dans les bourgeons charnus des plaies ; autour des tubercules, qui infiltrent une grande partie de l'épididynie ou du testicule, enfin, dans le chancre induré, au moment où se fait la cicatrisation. L'hypertrophie fibro-plastique glandulaire et les tumeurs fibro-plastiqucs, autogènes ou essentielles, sont infiniment mieux formées et renfeniient

* Traité d'analomic patholoyùiue générale et spéciale, Pans, 1850, t. I, p. 177.

les éléments du tissu fibro-plastique à son état de développement le plus parfait. Celles des membres, et surtout de la cuisse, ont généralement une forme ronde ou ovoïde, lisse ou lobée. Le volume de ces tumeurs est très-variable. Quelquefois grosses comme une noisette à la peau, elles peuvent atteindre le volume d'un œuf de cane dans les ganglions lymphatiques. Dans la parotide, dans le testicule, dans la mamelle, etc., elles peuvent offrir le volume d'une tête d'enfant et même d'adulte.

C'est principalement aux membres et sur le tronc que les tumeurs fibro-plastiques présentent un volume énorme. Le tissu fibroplastique des tumeurs est généralement résistant, élastique; mais il offre quelquefois un tel état de mollesse, qu'il fait croire à de la fluctuation.

Caractères phijsiques des tumeurs fibro-plastiques. — Ces tumeurs se rencontrent dans la peau et dans le tissu cellulaire sous-cutané; là, elles constituent ce qu'Alibert désignait sous le nom de keloidey maladie qui se reproduit toujours après l'extirpation et qui devient aisément la source d'une infection fibro-plastique générale. 11 y en a qui se développent dans les glandes lymphatiques, dans les glandes mammaires, parotides, testiculaires, et dans les follicules sébacés; dans la profondeur des tissus, ordinairement dans l'épaisseur des membres, et elles atteignent quelquefois un volume considérable; dans le foie, dans les poumons, dans les méninges, et enfin dans les différentes parties du système osseux, qu'elles détruisent au point de nécessiter l'amputation ou l'ablation complète des os malades.

Les tumeurs fibro-plastiques sont, en général, molles^ lobées ou lobulées, peu vasculaires, assez homogènes, d'unjaunepale ourougeâtre, ou bien remplies d'une substance fibro-gélatineuse, demi-transparente, placée entre les fibres du tissu fibro-plastique. Elles ont une forme arrondie, assez lisse. Mamelonnées dans les ganglions lymphatiques, lobulaires ou lobées dans la mamelle et dans la parotide, ordinairement mobiles ou du moins peu adhérentes, ces tumeurs s'entourent d'une enveloppe fibreuse, très-vasculaire, dont les vaisseaux s'irradient jusque dans l'épaisseur du tissu morbide. La peau qui les couvre garde presque toujours son intégrité, mais, en quelques circonstances, s'ulcère comme dans les véritables tumeurs cancéreuses.

D'après M. Lebert , le tissu fibro-plastique offre à l'œil nu des caractères différents, selon qu'il s'agit d'hypertr^ophies fibi'oplasliques ou de tumeurs fibro-plastiques autogènes ou essentielles. Ainsi, dans les hypertrophies fibro-plastiques, les caractères intérieurs varient suivant les régions affectées. Dans l'hyperlrophie papillaire,

DES NOSORGANIES. 629

on trouve les papilles en petit nombre, molles et vasculaires. Dans l'hypertrophie tîbro-plastique du derme, on constate un tissu mou, élastique, d'un jaune grisâtre. L'hypertrophie tibro-plastique des ganglions est jaune luisant, demi-transparent et comme gélatineux, ou bien le tissu a l'aspect blanc jaunâtre du tissu fibreux. Dans les glandes comme le sein ou dans les testicules, le tissu fibro -plastique a l'aspect fibro-gélatineux, demi-transparent par place, et offrant, dans quelques endroits, une forte vascularité.

Les tumeurs du tronc et des extrémités offrent la même variété dans l'apparence extérieure. Elles sont formées d'une substance homogène ou lobulée demi-transparente ou opaque, plus ou moins vasculaire, avec des épanchements sanguins colorés, offrant une infinité de nuances différentes les unes des autres.

M. I.ebert distingue trois variétés de structure extérieure dans le tissu fibro-plastique : une substance homogène, une substance lobulée, une substance diffuse, infdtrée entre les éléments de certaines excroissances fibro-plastiques.

Substance homogène. — Elle offre plusieurs variétés types, {a) C'est une substance homogène d'un blanc jaunâtre, ferme, à forme fibreuse, peu vascularisée; [b) ou bien c'est une substance homogène, d'un jaune verdâtre, molle, demi-transparente, se rapprochant de la forme colloïde, peu vasculaire en général.

La substance lobulée offre le second type du fibro-plastique et renferme les deux variétés d'aspect non transparent ou incomplètement transparent et gélatiniforme. La variété non transparente de la substance lobulée est un tissu jaune rougeâtre, lobule, souvent très-mou, élastique , renfermant un peu de liquide incolore, peu abondant. Il est uniformément vasculaire; on y rencontre peu d'épanchements sanguins. La seconde variété du tissu mou, gélatineux, est lobée et bosselée, vasculaire, à épanchements sanguins. « On voit, dit M. Lebert, que nous assimilons le tissu libro-gélatineux ou lîbro-coUoïde, qu'il soit lobé ou homogène, avec le tissu fibro-plastique. En effet, sa texture s'identifie avec celui-ci, et l'on ne saurait, sans multiplier inutilement les divisions, le décrire comme un tissu à part. »

Le liquide des tumeurs fibro-plastiques est quelquefois lactescent et pourrait être confondu avec celui du cancer; mais, en le délayant dans l'eau, l'eau reste transparente et l'on voit nettement les cellules et les corps fusiformes, causes de cette opalinité.

Les vaisseaux, dans le tissu fibro-plastique, se ramifient suitout

dans leur enveloppe cellulo-iîbreuse, et pénètrent moins complètement dans les couches profondes.

l.e tissu fibro-plastique se mêle souvent à des kystes et à un grand nombre d'autres productions morbides. On y rencontre quelquefois des parties osseuses et des concrétions calcaires, surtout dans l'ostèosarcome fibro-plastique. M. Lebert l'y a vu, avec ce qu'il appelle le tissu phymatoïde, mais cette alliance est très-rare.

Examen microscopique. — Le tissu fibro-plastique n'est que le développement du tissu connectif. On y trouve tous les éléments caractéristiques de ce tissu, plus les variétés enfantées par l'état morbide.

Les éléments de ce tissu sont, d'après M. Lebert, « des cellules fibroplastiques, arrondies, sphériques, ovoïdes, allongées et irrégulières, généralement assez plates; plus elles sont jeunes, plus leur enveloppe est pour ainsi dire accolée à la surface du noyau. Leur dimension moyenne est de 1/iOO^ à 1/GO^ de millimètre. La paroi cellulaire est pfde, homogène, peu granuleuse. On trouve un ou deux noyaux dans leur intérieur, mais les cellules mères en renferment en plus grand nombre, qui ont de 1/200^ à 1/140^ de millimètre de longueur. Ronds dans l'origine, ils deviennent phis tard ovoïdes, et atteignent 1/40'' de millimètre de longueur ^ » « Les corps fusiformes caractéristiques constituent en quelque sorte l'intermédiaire de la cellule et de la libre. Ils sont allongés et se terminent le plus souvent en s'eflilant; mais quelquefois ce prolongement effilé est divisé (fig. 24). En moyenne, ils ont 1/130'' de millimètre. Leur longueur considérable est de 1/40'' de millimètre, quelque fois l/^O*" et même 1/10\ Il n'est pas rare de trouver le tissu lîbroplastique entièrement composé de ces fuseaux. On trouve au microscope aussi bien qu'à l'œil tous les passages au véritable tissu fibreux. »

« Outre les cellules simples etles corps fusiformes, on rencontre de grands feuillets ou des cellules mères variant entre 1 /oo'' et i/l'i'' de millimètre, et renfermant un certain nombre de noyaux, munis encore quelquefois de leurs parois cellulaires. Ces grandes cellules sont quelquefois entourées et comme enroulées de fuseaux, et ces amas bien délimités constituent des globes concentriques libro-plastiques qui, par suite, peuvent subir des altérations. Les cellules et les fuseaux fibro-plastiques ordinaires subissent aussi une infiltration granulograisseuse. La substance gélatineuse des tumeurs fibro-plastiques est, sous le microscope, à peu près transparente et parsemée de

* Traité cfanalomie pathologiqur gcncralr cl spécifile, t. I, p. 185.

DES INOSORGANIES. 651

libres fines et de noyaux cellulaires. Les éléments graisseux libres sont très-rares dans toutes ces tumeurs. »

Les tumeurs libro-plastiques tendent à envahir et à détruire les tissus et les organes voisins, soit par l'usure et l'absorption des parties molles ou dures qui s'opposent à leur libre développement, soit par l'extension de la maladie à des tissus primitivement étrangers. Les muscles peuvent être, par ce moyen, déformés et atrophiés, les os dénudés de leur périoste.

Si l'on consulte les nombreuses observations de M. Lebert sur les différentes phases de leur développement, voici ce qu'on trouve : une fois les premiers éléments de tissu libro-plastique déposés dans le tissu, l'accroissement reste longtemps stationnaire et devient plus rapide, soit par le fait d'une irritation extérieure, soit spontanément par une nutrition exagérée due à une vascularisation très-grande ou à un accroissement rapide par développement abondant de cellules, sans augmentation notable de vascularité.

Quelquefois ce tissu devient le siège d'un état phlegmasique aigu, suivi de gangrène, d'épanchements hémorrhagiques, lorsque le tissu est mou et la vascularité très-grande; d'un ramollissement causé, soit par une infiltration plus abondante d'un suc liquide et transparent, soit par suite d'une liquéfaction des éléments histologiques eux-mêmes. C'est alors que la peau se détruit et donne lieu à des ulcères incurables.

Les tumeurs fibro-plastiques offrent l'infiltration granulo- graisseuse dans les tumeurs déjà anciennes, l'infiltration calcaire et quelquefois une véritable ossification dans celles qui proviennent du tissu osseux.

La tendance aux récidives, dans les tumeurs fibro-plastiques enlevées par l'opération, est un fait qui ne peut plus aujourd'hui être mis en doute : Signalé par Virchow, Bennett, Velpeau,etc.,M. Lebert, l'accepte également. Cet auteur compte en tout treize cas de récidives sur quatrevingt-quatorze opérations, mais il déclare n'avoir observé cet accident que sur soixante-cinq cas de tumeurs fibro-plastiques autogènes ou essentielles, et jamais dans les hypertrophies fibro-plastiques glandulaires. Pour ce micrographe, dans l'hypertrophie libro-plastique, l'absence de récidive n'exclut pas la reproduction ultérieure d'une maladie semblable. Ainsi l'ablation d'une glande hypertrophiée et fibroplastique n'empêche pas la reproduction de la même maladie dans une autre glande.

« Ce chiffre de treize cas de récidives sur soixante-trois tumeurs autogènes établit déjà une énorme différence entre les tumeurs ilbro-

plastiques et le cancer, dans lequel la récidive est à peu près constante et presque fatale. Dans les tumeurs fibro-plastiques, elle a lieu sur place; dans le cancer, elle peut avoir lieu partout. En un mot, les cas de généralisation exceptés, rares dans les tumeurs fibro-plastiques, très-fréquents dans le cancer, nous voyons, dans l'une des affections, le cachet d'une maladie qui, tout en pouvant suivre une marche fort grave, est cependant locale, tandis que, dans l'autre, une marche en apparence bénigne n'empêche pas le mal d'être d'emblée général et constitutionnel, différence capitale pour les doctrines pathologiques et pour la pratique ' . »

Non-seulement les tumeurs fibro-plastiques peuvent récidiver sur place, mais, ce qui est est plus grave, elles ontcomme le cancer, quoique à un plus faible degré, la propriété funeste de se multiplier dans l'économie, par suite d'une infection générale des humeurs, résultant de l'état diathésique. Cette généralisation des maladies fibro-plastiques, un instant mise en doute, est aujourd'hui incontestable, et M. Lebert en rapporte neuf observations empruntées à différents auteurs.

Elles récidivent sur place, se produisent dans les ganglions lymphatiques voisins et ensuite dans les viscères, principalement dans les poumons, où elles produisent des accidents variables se terminant toujours par la mort.

On connaît les principaux symptômes des tumeurs fibro-plastiques, en sachant quels peuvent être leur volume, leur consistance et leurs différentes formes; mais il est un autre symptôme qu'elles peuvent offrir, c'est la douleur. Les tumeurs fibro-plastiques sont peu douloureuses à la pression et rarement le siège de douleurs névralgiques aiguës comme dans le cancer. Les troubles qu'elles produisent varient selon la fonction des organes affectés et résultent en grande partie d'une gène locale. C'est ainsi qu'elles troublent la motilité, la marche, les organes des sens, des facultés intellectuelles et quelquefois de la digestion, lorsqu'elles occupent le cerveau ou les méninges.

Un autre fait local de ces tumeurs, c'est la tendance aux hémorrhagies, après une ulcération de leur surface; mais, dans l'immense majorité des cas, la santé générale reste bonne en apparence pendant la durée de leur développement.

Dans certaines circonstances, il se fait un dépérissement rapide, quand le mal exerce son action réflexe sur les organes digestifs en altérant la nutrition; quand une ulcération de la peau secrète du pus en abondance ou engendre des hémorrhagies. Le môme état d'amai-

' Loc. cit , p. 187.

DES INOSORGAMES. 6o5

grissement accompagné de la perte des forces, de l'insomnie, du trouble des fonctions digestives et de la teinte cachectique de la peau, se produit également dans les cas d'infection fibro-plastique générale, et il indique toujours une mort prochaine.

Les nosorganies fibro-plastiques, quel que soit leur siège, par cela même qu'elles résultent d'une diathése, sont donc des maladies graves. — Quoique l'extirpation puisse les guérir dans un grand nombre de cas, il ne faut pas oublier qu'elles récidivent très-souvent sur place et quelquefois dans les ganglions lymphatiques du voisinage ou à l'intérieur des viscères, de manière à occasionner la mort.

Le traitement qu'il faut employer dans cette altération de structure consiste à tenter de produire la résorption ou l'atrophie des tumeurs par les sels d'or, les mercuriaux et l'iode au dedans et au dehors. Si la production fd3ro-plastique est d'origine syphilitique , elle peut ainsi disparaître. Quand elle a résisté à ces moyens, et qu'elle est accessible à la main, il faut en faire l'ablation par le fer ou par les caustiques.

Page 1