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De la production du pigment et des tumeurs mélaniques

On sait que dans l'état normal certains tissus, tels que la peau, le poumon des vieillards, quelques points de l'encéphale, la surface interne de la choroïde, etc., sont rempUs d'une matière colorante noire, formée de granulations noirâtres libres, pigment, ou enfermées dans des cellules dites pigmentaires. L'augmentation anomale de cette matière ou sa production accidentelle dans les tissus qui en sont privés est une nosorganie fréquente, qui produit les changements de coloration des organes et des tissus. C'est un état particulier qui a reçu le nom de mélanose.

Quelques circonstances particulières, telles que les dépots de carbone dans le poumon chez les mineurs employés à la houille, la teinte brune ardoisée de l'intestin des anciennes [)hlegmasies produite par le sullnre de fer, la coloration noire de quelques tissus par le sulfure de |)lond)

dans quelques cas, la couleur noire de l'estomac par la matière colorante du sang après une hématémèse, peuvent en imposer et faire croire à une mélanose qui n'existe pas. Il n'y a qu'un moyen d'éviter cette erreur, c'est d'examiner les tissus colorés au moyen du micros- || cope. Des granulations et des cellules pigmentaires spéciales caractérisent la mélanose vraie des tissus colorés en noir par la fausse mélanose.

Quoique bien connue d'après son aspect extérieur, par les travaux de Laennec\ deBayle^, de Dupuytren % de Breschet*, de M. Andral^ de M. Cruveilhier, etc. , et par les nombreux travaux des vétérinaires, la structure de la mélanose n'a été bien appréciée que depuis les applications du microscope à l'anatomie pathologique, par Vogel, Lebert, Virchow, Ch. Robin, etc. (i'est un tissu nouveau semblable à tous les tissus morbides, par la vie qu'il emprunte à l'organisme où il se développe, par les phénomènes de son développement, par son évolution et par l'action infectante qu'il exerce sur les humeurs, en donnant quelquefois lieu à une diathèse redoutable toujours mortelle.

D'après les micrologues, la mélanose s'observe en quantité exagérée dans les tissus physiologiques ou dans les néoplasmes, tels que les tubercules, le cancer, etc.; et le pigment déposé se rencontre tantôt à l'état de granules libres dans les tissus ou renfermés dans des cellules pigmentaires, tantôt sous forme de petits cristaux noirs ou rougeâtres.

M. Forster et quelques anatomistes pensent que la mélanose est très-probablement due à une transformation de la matière colorante du sang. Cela est vrai dans quelques cas : pour les taches brunes de l'ovaire dans les vésicules de graaf, les taches de rouille sur le cerveau après les épanchements sanguins, la teinte noire des parois d'une liémorrhagie enkystée, etc., ainsi que l'a vériiiéM. Lebert; mais il en est d'autres où ce fait est impossible à établir.

Quoi qu'il en soit de cette origine de la mélanose, ce tissu est parliculièi'cment caractérisé par une matière organique renfermant des granulations des cellules pigmentaires et des cristaux d'hémaline. T Les granulations moléculaires sont brunes ou noires, d'inégal volume, de 1/400'' à 1/500^ de millimètre, de^forme anguleuse irrégnlièrc , hbres et entassées ou renfermées dans des cellules de nature très-différente. T Les cellules pigmentaires ne sont pas des

* Traite (rauscuUfilio?i, l. I, \). 288.

2 Jonrn. de Médecine de Corvisarl, t. iX, p. 3C0. ^ Idem, |). AïO.

* Joiirn. de Physiologie, par Magciidic, Paris, 1821, t. I, p. 555.

3 Anal. pfUhol., t. I, p. 440.

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néoplasmes particuliers ; ^ toutes les cellules épithéliales, fibro-plastiques, cancéreuses, etc., peuvent renfermer des pigments que Ton rapporte à la transformation de la matière colorante du sang infdtré dans ces cellules ( /i(/. 50). Elles renferment peu ou beaucoup de oranules, et, avec le temps, quand elles sont bien remplies, elles se déforment, s'atrophient et forment des amas ronds de 1/50'' de millimètre, où la cellule est difficile à reconnaître. Pour quelques auteurs, c'est une membrane cellulaire nouvelle qui enveloppe des amas de globules sanguins ou des granules de pigment et se garnit plus tard d'un noyau. 5° Il y a enfin, en outre, un certain nombre de cristaux rhomboïdes ,

rouges

ou noirs, formés

àliématine.

L'analyse chimique y démontre de la fibrine, de l'albumine, des matières grasses et une grande quantité de carbone évaluée à 80 ou 90 pour 100.

Une fois ce pigment produit, il s'arrange de différentes manières dans les tissus, et se présente, d'après M. Andral, sous trois formes différentes : à l'état d'infiltration dans les soKdes, en masse, sous forme de tumeurs, ou renfermé dans un kyste.

Quelques auteurs , et parmi eux M. Lebert, admettent une mélanose liquide, primitivement déposée sous cette forme ou consécutive au ramollissement d'une tumeur mélanique.

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