PATIIOL. GÉN
Fig. 30. Matière pigmentairc ou piginenl; </, granulations pigmentaires et libres; f, w, granulations et pigmciilaires des cellules de la couche de malpiglii ; /, m, amas du pigment dans les cellules; i, cellules pigmentaires polyédriques de la choroïde; t], (('Uulos pigmentaires irn'gulières; p, cellules pigmentaires avec des gouttes d'huile dans leur épaisseur.
La mélanose infiltrée, réunie en masse ou enkystée, se présente, en quantité variable, depuis la granulation la plus mince jusqu'à l'état de tumeur très-considérable. Rarement isolée , on la trouve éparse dans un grand nombre de tissus. Quand elle existe sous forme de tumeurs, ce sont des masses noires, rondes ou ovoïdes, inégales, bosselées, quelquefois attachées par une pédicule à la surface des organes. Le tissu, d'abord dur et résistant, se ramollit par suite d'un travail intime qui le désagrège, absolument comme cela se passe dans la matière tuberculeuse, et il en résulte une bouillie noirâtre autour de laquelle, dans les tissus, commence un travail d'élimination.
La mélanose se développe dans tous les tissus et dans tous les organes. A l'état d'intiltration elle existe dans les poumons, dans les membranes muqueuses, dans le tissu de la peau et dans le tissu cellulaire.
Réunie en tumeur, on Ta rencontrée dans l'œil, à la joue, dans l'intestin, dans le péritoine, dans le tissu cellulaire des membres, dans le cerveau, dans le foie, dans la rate, dans les poumons, dans la mamelle et jusque dans les parois du cœur.
Comme tous les néoplasmes morbides, la mélanose tend à se développer partout et à se généraliser; chez quelques individus elle occupe un grand nombre d'organes à la fois, primitivement ou par suite d'infection consécutive à l'extirpation d'une tumeur superficielle. 11 y a une diathèse mélanique comme il y une diathèse tuberculeuse, cancéreuse épithéliale, fibro-plastique, etc. C'est là le danger des opérations faites sur des personnes atteintes de mélanose. Après l'amputation d'une tumeur mélanique isolée, on en voit plus tard apparaître une multitude d'autres situées à l'intérieur ou dans les viscères, et les malades succombent dans un état de cachexie prononcée produit par la diathèse mélanique.
Tantôt la mélanose existe seule, sans mélange avec d'autres néoplasmes morbides, constituant ainsi toute la maladie, et tantôt elle se combine et se développe concurremment avec le tubercule, le cancer, l'épithélioma, le tissu lîbro-plastique, etc. Rien n'est commun comme la mélanose unie au cancer, et on adonné à cet assemblage le nom de cancer mélanique.
La mélanose est une maladie de l'adulte et du vieillard. On a expliqué sa formation dans l'âge avancé par la métastase de la matière pigmentaire, qui, cessant de colorer les cheveux en noir, se iîxcrait seit dans les poumons, soit ailleurs ; mais c'est là une hypothèse peut-être plus ingénieuse que réelle. En effet, de ce que la mélanose, si commune chez le cheval, où l'on en trouve des masses énormes de douze à quinze livres, ne se monlre que sur les chevaux blancs ou gris,
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et semble résulter d'une métastase pigmentaire, il ne s'ensuit pas rigoureusement qu'il doive en être ainsi chez le vieillard blanchi par l'âge, car la rétention de la petite quantité de pigment renfermée dans les cheveux est bien faible relativement à celle qui continue à se déposer à toute la surface de la peau. Quoi qu'il en soit, c'est une vue de l'esprit qu'il est bon de ne pas oubher.
La mélanose est surtout une maladie de la race chevaline, où elle est héréditaire. On n'a fait aucune observation de ce genre chez l'homme. Elle résulte évidemment d'une diathèse que caractérise la dissémination de son produit dans un certain nombre d'organes et de tissus.
La mélanose cutanée ou sous-cutanée est assez facile à reconnaître à la coloration brune ou noirâtre des téguments. A l'intérieur, sa présence ne peut être reconnue que sur le cadavre. Les symptômes qu'elle produit sont d'abord ceux d'une tumeur dont le volume et le poids gênent plus ou moins les fonctions des organes voisins. Ce n'est que plus tard, à une époque avancée de son développement, que, donnant lieu, par son ulcération, à une suppuration abondante ou à une infection générale de l'économie, elle entraîne l'amaigrissement, la fièvre hectique et une cachexie mortelle. Tant qu'elle reste locale et limitée à l'extérieur, elle ne produit pas d'accidents et paraît compatible avec le libre exercice de toutes les fonctions.
On n'a aucun moyen spécial dynamique à opposer au développement de la mélanose. Beaucoup d'expériences ont été faites sur le cheval, mais aucune n'a réussi. Si le mal est extérieur, isolé, il n'y a que l'extirpation qui puisse guérir les malades, encore doit-on craindre la récidive sur place et l'infection générale de l'organisme pai' des produits mélaniques de nouvelle formation.
14° De la kirronosc.
A coté de la production accidentelle de pigment normal, il faut placer la génération morbide d'une autre matière colorante signalée par quelques auteurs.
Lobstein a découvert chez des fœtus de trois à cinq mois une matière colorante jaune d'or, colorant la plupart des tissus intérieurs, sans affecter a peau ni le tissu cellulaire, et disposée sous forme ih plaques plus ou moins larges. MM. AndraP et Dubrueil- ont signalé cette coloration singulière, que l'examen microscopique fait rapporter à la présence de granulations pigmentaires colorées en jaune au lieu d'être colorées en noir.
* Coîirs de pathologie générale.
- Eplic'm. de Montpellier, t. II, i>. 507.
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M. Lebert a également signalé la présence d'un pigment olivaire dans de petits kystes situés à l'orifice de la vulve; mais ce sont là des résultats qui ont besoin d'être éclairés par de nouveaux faits et des recherches nouvelles.
^ III, — Des nosorganies caractérisées par Thétéroinorphie trophique.
On trouve dans ces nosorganies toutes les altérations de texture caractérisées par la formation d'éléments nouveaux sans analogues dans l'économie, les tubercules, le cancer, les kystes, etc.