‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 14 sur 212 · J4 CAUSES PIŒDISPOSAM KS GÈ>É11A1.K · texte numérisé non relu

J4 CAUSES PIŒDISPOSAM KS GÈ>É11A1.K

saisons: do tUiide électrique, en tout temps, et de ce corps singulier ivcenniient découvert par Sclioenbein et désigné sous le nom d'ozone. Sa température el sa pesanteur sont vaiiables; les vents lagiltMit et portent avec eux les miasmes, les émanations végétales et animales de toute espèce: en voilà plus qu'il n'en faut pour altérer les sources de la \ie et pour amener dans l'organisme des troubles spéciaux en rapport avec la nature de l'impression morbide. Ouand on voit tomber en syncope la femme qui respire le parfum dune lleiu' ou des vapeurs de cidoroforme, et cpiand on considère seulement la teinte pâle et blafai'de de ceux qui sortent dune non.breuse réunion de tbéàtre où pendant plusieurs beui'es l'air n'a pu se renouveler, on comprend aisément l'étendue de 1 iniluence de l'atmospbére sui- la bonne ou mauvaise composition cUi sang et sur les opéiations organiques qui en résultent. l>'innneuce insensible de l'atmospbére sur la santé ne saurait être révojpiée en doute, et c'est à elle qu'il faut attribuer, du moins comme prédisposition générale, la fréquence d'un certain nond)i'e de maladie^ de uiénie nature, au même moment, dans les mêmes lieux.

La sérbeiessc v[ le fioid atmospbéri(jues longtemjis prolongés impressionnent diriérennnenl les individus, selon leur babilude au fioid, ils slimuleid indirectement la vie. et ils ont pour résultat innnédiat le resserremeid des solides de manière à (Mupécbei' l'évaporation cutanée. Le réseau capillaiic extérieur se laisse menus remplir de sang, qui s'accunnde dans les viscères intérieurs, dans les poumons, le cerNcaii. lintestin, le loii* et les icins. Aussi les phleginasies de la nnnpieuse brcuieliicjue et pulmonaire, les pblegmasies des reins el de rinte^liu. soid-elles livs-conmmiic^ dans celle circonstance. Il (Mi est de méiuc de llirinorragie active et de Ibémonagie cérébrale en j)arli( iilici'. — La imlrilKtii es| alors plus active, et le sang, j)lus l'iche en principc^s réjiai'ateni's, est favorablemciil disposé à l'iidlannualion <mi méiiif lt'iii|is (|ii(' les organes (pril parcourt. (Test alors cpion observe surtout les maladies dites hilUnumatoircs. a cause de leui' élénwMd |)rincipal. ipu est Vcisuddluni plusl'niiie locale ou générale.

La ciialeiii- alinitspbérique inq^ressionne à sa l"ac«ni et d'une manière directe la \i(' el les Iuik lions des (issus et des oi'gauiîs ; elle dilate l't relâche les solides en produisant re\|>ansion des Tupudes. Klle f iNorisr la |terspiration « utanee : elle aii,L;menle la bécpience de la K'spiration. cl I exhalation ga/euse pulmonaire n'est pbis la même (ju en liiNei'. A la snile de snn ini|»ression longtenq»s cniihiniée. la digestion est lente, la snil \i\e et le \ eut le lessenc il \ a pen d urines, sans doute à cause de la li aiispii-ati<Mi, (pii est plus abondante. La circulation est plus a(ti\e el les loiicl ions cérébrales sont l(;nt(îs el cm-

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barrassées. L'intelligence est lourde et se laisse facilement vaincre par le besoin de sommeil.

L'impression prolongée de la chaleur dispose l'homme au développement des congestions cérébrales, aux inflammations de l'encéphale et de ses dépendances, aux maladies du foie et des voies digestives, aux fièvres locahsées dans l'intestin, à la dyssenterie et aux affections de la peau. En raison aussi des transpirations abondantes engendrées par cette impression et supprimées accidentellement, on voit alors des phlegmasies thoraciques et des voies aériennes, comme dans les circonstances où la température froide refoule le sang de la périphérie du corps dans les parties profondes.

Les VENTS, produits dans l'atmosphère par la lutte de ses éléments, leurs combinaisons et le déplacement de sa masse sous l'influence des courants électriques, impressionnent très-profondément l'homme. Causes individuelles de maladie, ils constituent également des causes prédisposantes générales, quand, par leur nature et leur durée, il exercent une impression lente et soutenue sur la santé. Soufflant du nord et du nord-est, ils agissent comme la température sèche et froide à laquelle ils correspondent ; au contraire, partis du sud et du sud-ouest, ils coïncident avec la température chaude, et ils ont, comme elle, la même influence prédisposante morbiflque.

Dans quelques pays les vents ont quelque chose de spécial suivant la locahté où on les observe, et, en outre de leur action prédisposante générale , ils exercent une action individuefle à laquelle personne ne saurait échapper. Qui n'a entendu parler du simoun, de ce vent du désert qui, sortant du Sahara, vient, étouffant et rapide, chargé d'une poussière sablonneuse et Ijrûlante, se rouler sur le littoral algérien, desséchant tout sur son passage et couchant les animaux et Ihomme morts sur le sol s'ils n'ont pas eu la précaution de s'abriter et de s'enfermer pour en moins souffrir? C'est le khamsin des Égyptiens, aussi appelé vent des cinquante jours, parce qu'il vient pendant les cinquante jours qui entourent l'équinoxe ; ce vent est aussi redoutable qu'en Afrique, et il fait quelquefois périr les habitants de suffocation s'il dure trop longtemps. Tels sont encore le brûlant 6'irocco, le froid mistral, dans la Méditerranée, enfin les vents qui passent sur la mer ou, sur des marais non submergés et qui portent à de grandes distances, là où ils vont se perdre, le germe de malaises dont on ignore souvent la nature et la cause.

L'état hygrométrique de l'atmosphère, c'est-à-dire la sécheresse et l'humidité de l'air, impressionnent l'économie d'une manière assez directe pour qu'on leur attribue un rôle dans l'action prédisposante

1(1 i AI SKS IMlEDISrOSA.NTES GÉ>ÉllALES.

générale inoibiliquc. 1/iinprossion île l'air liuiniile sur le corps n'est pas la même avee une leinpérature chaude ou froide; ainsi l'air iiumide et chaud est moins pesant que l'air humide et froid ; il relâche les tissus el rend leur action lan<iuissante. Le eorps est gonflé, couvert (le sueur ([ui ne se vaporise pas. L'appétit est faible, et les digestions lentes, imparfaites. La soif est nulle à cause de l'absorption de la vapeur d'eau pai- les poumons. Le pouls est inmi. faible, el au milieu d'une mollesse générale, d'un engourdissement intellectuel assez prononcé, il v a tendance à l'accumulation de la graisse dans le tissu cellulaire, et même à l'obésité.

Au bout d'un certain temps, les individus soumis à celte impi'ession hygrométrique de l'almosphére priMment les attributs extérieurs du tempéi'ament lynq»lialiqu<\ Leurs chairs sont molles, décolorées, et tout l'extérieur annonce la débilité généialc de lenis fonctions. Ils sont prédisposés aux phlegmasies des nnicpieuses et en particulier des voies digestives, au scorbut et aux lièvres intermittentes, qui se développent j)rincip:dcment an moment on existe cet étal de l'atmosphère.

Ailleurs celle hnmidilé chaude de l'atmosphère est favorable à certaines persomies binne^. doid la libiv est sèche, ii'ritable, ou dont les voies respiratoire ^oiit alleintes de maladies aiguës ou chroniipies, La bi'ouchite cbronicpie el la Inbeiculisation sont, (pioi qu'on îiit dit, très-avantageusement modiliées par les voyages marilimes. intertropicaux, là ou riivgi'omélrie de laii* est à son maxiimmi d'iidensité.

l/;iir humide el lioid uMpres-idiine la vitalité dune manière bien phis fâcheuse (pie l'iiii- humide el ehaud. Il rend l'aclion du froid pln> pénéiranle p;ir suite de la ((indnelibilih' de la vapeur d'eau ; aussi les |ii(»nillai(ls snnl-ils lrès-dés;igréables poni la sm l'ace du coi'ps el pdiii l("> limnches; e'esj rimiiiidih'' joiiilc ;iii froid (pii rend si j)énible jmhm les \(i\ijgeurs du Nord celle p(Missiér(^ de glace hansporlée pai- le \enl -m 1rs veux. >\w le visage el ^\w les exirémilés. (|n'(»lle irrite ( i nrlltiiiciij cl ipi tllc dispose ;"i |;i congélalion. L inq)ression prol(Mi;^éc de telle inihience picdisposc ii lonles les iidlaunnalions catarrhales. telles (jue olilcs. coryzas, br(»n( biles, angines, diarrhées; aux phlegmasiiîs pulmonaires, an\ engoigenienis des t^l.indes Ivmphalifpies. aux hyiliopisies, et('.

La prcssuni de iatiniisjihn'i' sons hupielle nous \iv«His el (jui parait èlre la plus con\cn;d>le ;i nuire «uganisidiou esl mesurée an baromètre par une colonne de mercure de soi\anle-sci/c cenhmélri^s , mobile el variable suixaut la liaideur à laipielle on ICIeNc an-dessus du ni\ean i\c la mer Lette pression est eqinsalenle dans sa inass<; an poids de la culuHUe baromcli i(|ne multiplie par la surface du corps,

PRESSION ATMOSPHÉRIOI'E. 17

ce qui met l'iiomine sous un poids continuel approximatif de trentetrois mille six cents livres ou seize mille huit cents kilogrammes. Si nous supportons un pareil poids sans nous en douter et sans en avoir la conscience, que d autres impressions organiques non moins réelles doivent nous échapper !

Dans ses variations accidentelles et dans ses modifications constantes, suivant les localités, la pression atmosphérique altère et change l'état des forces et de certains actes de l'économie, sans que les individus en aient la conscience. Les habitants du Tibet, dans la haute Asie, ne paraissent pas plus souffrir de la diminution de pression atmosphérique, à une hauteur de quatre mille huit cents mètres au-dessus de la mer, que les ouvriers des mines ne s'aperçoivent de l'accroissement de pression à une profondeur considérable dans les entrailles de la terre; et il est évident que la circulation, et consécutivement l'absorption, l'exhalation et la nutrition, ne s'accomplissent pas de même dans un cas que dans l'autre. On en peut juger par ce qui arrive chez ceux qui passent d'une pression barométrique moyenne à une pression moindre, en s' élevant sur les montagnes, par exemple. Les fluides du corps tendent à se porter à la périphérie , d'où un embarras de la circulation, des congestions vers la tête, de la diflîculté de respirer, quelquefois des hémorragies pulmonaires, ou au moins un malaise général qui fait trouver le temps lourd, alors qu'il est au contraire réellement plus léger \ La diminution rapide et brusque de la pression barométrique est une cause prédisposante d'hémorragie cérébrale ou de déchirure des gros vaisseaux. Ainsi Duhamel a remarqué qu'au mois de décembre 1747, le baromètre ayant baissé en moins de deux jours de un pouce quatre lignes, ce qui faisait une différence de près de quatorze cents livres dans le poids de l'atmosphère supporté par l'homme, il y eut beaucoup de morts subites. L'impression lente produite par l'action prolongée d'une diminution ou d'une augmentation de pression barométrique est jusqu'ici peu connue. On sait seulement que l'homme peut vivre dans un air trèsrare, car à Quito, situé à huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer, le pays est habité et fertile. A douze cents mètres au contraire, il n'y a plus traces de végétation, et il est probable que T homme n'y pourrait pas vivre.

. Il y a dans l'atmosphère de l'électricité en quantité plus ou moins considérable, qui se produit d'une manière incessante dans les actes de la végétation, dans les décompositions chimiques du sol, dansl'iné-

* Extrait des Lettres de HumboliU, Arm. du Muséum, t. II.— De Saussure, Voyage dans les Alpes.

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