‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 141 sur 212 · DES REGLES A SUIVRE DANS L EXAMEN DES MALADES · texte numérisé non relu

DES REGLES A SUIVRE DANS L EXAMEN DES MALADES

Si l'observateiu' doit réunir des qualités aussi nombreuses et aussi variées, c'est que la mission d'examiner un malade présente de sérieuses difficultés, et que, pour parvenir le plus promptement et le plus sûrement possible à la connaissance de l'affection et à celle des indications thérapeutiques, il faut passer par une série d'opérations diverses ; elles se compliqueraient l'une l'autre et rendraient les recherches confuses et pénibles, si l'ordre et la méthode ne venaient tout simplilîer. Or le premier soin d'un médecin, lorsqu'il arrive près du lit d'un malade, est de se rendre minutieusement compte d'une foule de circonstances qui peuvent aider au diagnostic: le sexe, l'âge, l'extérieur, l'état général, le faciès, rattitude,le tempérament et la constitution du malade, par exemple. Déjà, tout en procédant à ce rapide coup d'œil d'ensemble, il juge de l'étatextérieur du corps, et il remarque si l'amaigrissement, la pâleur et l'adynamie semblent attester' des souffrances anciennes, ou si l'embonpoint, la coloration normale et la force témoignent d'un mal récent; enfin il consulte le degré de chaleur de la peau et le nombre des pulsations du pouls, afin de se renseigner sur le caractère fébrile ou apyrétique de la maladie. L'éducation que peut avoir reçue le sujet observé, sa position sociale, ses relations avec les personnes qui l'approchent, l'étendue de son habitation, l'exposition atmosphérique de cette dernière, les endémies et les épidémies, sont autant d'informations muettes qu'un médecui exercé a bientôt prises d'un regard.

Les devoirs de la profession impriment souvent à l'économie des modifications tellement profondes, qu'elles se traduisent au dehors par des traces indélébiles et qui frappent tout d'abord l'attention. Voici, par exemple, un malade dont toutes les fonctions languissent, dont les chairs sont molles, dont la face est bouffie, dont les gencives sont ramollies, dont les dents tombent, chez lequel il y a prédominance de globules blancs, infiltration des jambes, affaiblissement de l'intelligence et mouvement fébrile ; il a évidemment absorbé du mercure vaporisé, il est atteint de cachexie hydrargyriquc, et sa profession est celle d'ouvrier dans des manufactures de glaces ou de doreur sur métaux. Dans ce cas, l'aspect seul du malade a tout révélé. Toutes ces indications peuvent être, il est vrai, données par la personne qui souffre; mais nous n'avons point encore parlé de l'interrogatoire des malades, voulant ainsi faire ressortir tous les bénéfices qui [)euvent être retirés, pour les besoins de la cause, d'un examen fait en silence.

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