‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 149 sur 212 · S1G>ES FOURNIS PAR LA FACE · texte numérisé non relu

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tristesse et la douleur, il en est d'autres qui, tout différents, appartiennent exclusivement à l'état de maladie. Ainsi le volume exagéré du crâne, l'élévation et l'élargissement démesurés du front, indiquent la présence d'un épanchement considérable de sérosité dans la cavité arachnoïdienne ou dans les ventricules latéraux. C'est le signe certain de l'hydrocéphalie congéniale ou acquise. La diminution de volume du crâne, au contraire, coïncide avec la microcéphalie.

La réunion tardive des fontanelles, encore inachevée à deux ans, est un signe de rachitisme, et une fois, chez un enfant de trois ans atteint de celte maladie, j'ai vu le crâne, ayant son volume ordinaire, mou comme une vessie modérément remplie d'eau, ne présentant aucune trace d'ossification dans les parois crâniennes.

Dans l'hémiplégie faciale, la moitié de la peau du front est paralysée et elle reste lisse, immobile, tandis que la moitié non paralysée offre des rides transversales à chaque mouvement des sourcils. C'est au front que se montrent de préférence certaines éruptions de nature syphilitique. Il en est de môme des exostoses déterminées par cette maladie.

2° Signes fournis par les yeux et par la vision.

Les yeux perdent ordinairement leur éclat, et deviennent ternes, languissants, dans la plupart des maladies chroniques et aux approches de la mort. Ils deviennent saillants et proéminents, avec rougeur de la conjonctive, dans l'asphyxie, dans les maladies graves du larynx, du poumon, du cœur, et dans les cas où une tumeur poussant l'œil en avant produit l'exophthalmie. Ils s'enfoncent, au contraire, dans leurs orbites pendant les maladies adynamiques graves, et particulièrement dans les maladies, comme le choléra, qui produisent d'abondantes évacuations intestinales.

Les yeux sont /îj: ^5 dans la catalepsie, convulsés ou affectés de strabisme dans les maladies graves des méninges et du cerveau, dans la paralysie de la troisième paire, dans la rétraction d'un des muscles de l'œil, etc.

La pupille, ordinairement ronde, mobile et sensible à la lumière, est quelquefois très-large, insensible aux rayons lumineux et entièrement immobile. C'est le cas de l'amaurose. Elle devient ovale, anguleuse, irrégulière, dans l'iritis. Elle se contracte dans l'agonie et pendant le sommeil pour se dilater au moment du réveil et à l'instant de la mort. Cette ouverture paraît noire dans l'état habituel, à cause de la rétine noirâtre qui tapisse le fond de l'œil; mais, dans quchpies cas, elle est rouge chez les personnes dont la rétine n'est pas colorée. Ce phénomène est tout à fait spécial à ïalhinisme.

La sclérotique, ordinairement blanche, est jaune dans l'ictère, rouge

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•dans les oplithalmies, dans l'apoplexie conjonctivale, et dans les maladies du cœur qui produisent la cyanose; elle est bleuâtre chez les sujets lymphatiques et sur la plupart des individus affectés de phthisie tuberculeuse.

La cornée transparente offre quelquefois des taches laiteuses plus ou moins étendues, produites par la guérison d'ulcères superficiels, produits par la kératite simple ou traumatique, par la kératite de la scrofule, de la variole, etc. Elle se ramollit sous l'influence de l'inanition et des maladies de la cinquième paire. Son ramollissement s'accompagne alors très-souvent de la perforation et de la perte de l'œil, ainsi que l'ont établi les expériences de Chossat sur l'inanition, et les vivisections faites par Claude Bernard sur les animaux. Elle change de forme et devient conique dans le staphylôme; enfin elle perd la transparence et se couvre d'un voile glaireux à la fin de l'agonie ou immédiatement après la mort.

Le cristallin perd sa transparence, et il en résulte un changement notable dans l'aspect de l'œil. La pupille, au lieu de paraître noire, est grise, ou tout à fait blanche, si le cristallin est devenu opaque. C'est ■ce qu'on observe dans la cataracte. A ce changement de couleur des parties constitutives de l'œil se rapporte un phénomène découvert par Sanson et dont la connaissance importe au diagnostic de certaines maladies de l'œil. Ainsi devant un œil dont les milieux sont transparents et dont la pupille a été dilatée par la belladone, la lum.ièrc d'une bougie produit trois images de flamme, les unes derrière les autres, l'une renversée entre les deux autres, qui sont droites. De ces trois images, l'antérieure, très-apparente, est produite par le mirage de la flamme sur la cornée; la seconde, renversée, résulte du mirage sur la face postérieure de la capsule cristalline, et la troisième, très-pâle, est produite par la face antérieure de cette même capsule. Les trois images manquent dans le cas d'opacité de la cornée. Une seule image indique l'opacité de la face antérieure de la capsule, et les deux images droites, en l'absence de l'image renversée, annoncent l'opacité de la face postérieure de la capsule. Ces phénomènes permettent de distinguer sûrement Tamaurose, avec conservation de la transparence des milieux de l'œil, d'avec la cataracte, qui a pour effet de les détruire.

Tout récemment aussi on a employé la lumière d'un réllecteur ou oplilhalmoscope, pour explorer les parties profondes de l'œil et de la rétine; mais les signes découverts au moyen de cet instrument sont extrêmement difficiles à saisir, et, à moins d'une grande habitude, il est impossible de les découvrir. C'est un instrument à l'usage exclusif des oculistes.

A rexamen de l'organe se rapportent naturellement les signes lires de l'étude des troubles visuels. Ainsi la vision s'altère par sympathie, et elle offre quelques signes importants au diagnostic et au pronostic des maladies. Des éblouissements, des bluettes et de petites flammes rouges au devant des yeux annoncent la congestion cérébrale et l'imminence de l'apoplexie. Des taches noires annoncent un commencement de maladie circonscrite dans la rétine, et la perte de la vision, sans lésion apparente des milieux de l'œil ou amaurose, indique une paralysie de la rétine et du nerf optique. L'amaurose subite, accompagnée d'un peu d'œdème des paupières, a été signalée'par ^I. Landouzy comme le phénomène initial de l'albuminurie ; l'amaurose sans œdème, et venue par degrés, résulte quelquefois de la présence d'un taenia. La diplopie se rattache souvent à une lésion organique du cerveau, etc.

5° Signes tirés de l'examen des paupières.

Les paupières peuvent être modifiées dans leur couleur, dans leur volume et dans la régularité de leurs mouvements.

Elles s'entourent quelquefois, surtout à leur bord inférieur, d'une teinte bleuâtre formant des yeux cernés, phénomène produit par la fatigue, la veille, la menstruation, l'onanisme, de grandes évacuations, la fièvre, etc. Leur bord est rouge, croùteux, dans la blépliarite ciliaire chronique, renversé en dedans chez les personnes affectées dentropion, et en dehors dans Yectroinon. Elles sont rouges et gonflées dans l'érysipèle; volumineuses et pâles dans l'œdème et dans l'anasarque. Chose importante, l'œdème qui débute par les paupières et qui gagne les autres parties du corps est presque toujours le signe d'une albuminurie grave, souvent mortelle. Les mouvements de ces organes sont souvent modifiés d'une manière importante. Tantôt fréquents et rapides, comme dans la manie aiguë, où ils constituent ce qu'on appelle le clignotement, ils sont, au contraire, lents à effrayer dans certaines maladies adynamiques, et en particulier dans le choléra; ils sont enfin abolis dans certaines maladies des nerfs et du cerveau, qui amènent des paralysies partielles. Les paupières ne peuvent plus se rapprocher et restent entr'ouvertes dans l'hémiplégie faciale et dans la paralysie rhumatismale de la septième paire, à cause de la paralysie de l'orbiculaiie palpébral. Chez d'autres malades, au contraire, l'œil se ferme, mais il ne s'ouvre qu'à demi, et la paupière supérieure ne peut plus être relevée. C'est ce qu'on observe dans la paralysie de la cinquième paire et dans la paralysie du moteur oculaire commun, qui envoie un rameau à l'élévateur de la paupière supérieure.

Les conjonctives, la caroncule lacrymale, les cils, le sac lacrymal et

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les sourcils ne fournissent aucun signe important pour les maladies qui n'intéressent pas directement leur texture.

4° Signes tirés de l'examen des tempes.

Les tempes se creusent dans les maladies chroniques et dans lagonie. Elles sont le siège de douleurs névralgiques fréquentes chez les personnes affectées de cldorose, et on y observe des battements considérables chez les sujets pléthoriques et disposés aux congestions cérébrales ou à l'apoplexie.

5° Signes tirés de l'examen des joues.

Les joues, habituellement rosées, présentent quelquefois unecoloration rouge intense, circonscrite sur les deux pommettes, que Ton a considérée comme l'indice probable du développement ultérieur d'une phthisie pulmonaire. Cela est souvent vrai. Au contraire, la coloration rouge intense unilatérale, avec fièvre, caractérise une maladie aiguë du poumon correspondant. Elle s'observe souvent dans la pneumonie. Alors la joue colorée est infiniment plus chaude que l'autre. Fermes et rebondies chez les personnes chargées d'embonpoint, les joues sont creuses chez les sujets maigres; elles sont flasques, mobiles et agitées parle vent de l'expiration chez les personnes qui viennent d'être frappées d'hémorrhagie cérébrale. Outre l'importance diagnostique de ce signe, il a encore, dans le cas particulier dont nous parlons, une certaine importance pronostique, car il révèle un grand danger.

G" Signes fournis par l'cxan en au nez.

Le nez s'amincit, s'eftile et se refroidit dans les maladies graves, aux approches de la mort, et les narines, pulvérulentes dans les maladies adynamiques sérieuses^ sont agitées de mouvements rapides et très-visibles dans le croup et dans l'asphyxie par maladie du poumon à leur dernière période. Chez les petits enfants, cette dilatation fréquente des narines, par lesquelles sort un petit bruit d'expiration, est le signe certain d'une pneumonie lobulaire conlluente très-grave.

Il y a des cas où une seule narine reste immobile ou s'affaisse dans les mouvements d'inspiration, l'autre conservant toute la liberté d'action. C'est le signe d'une paralysie faciale.

7* Signes tirés de l'examen de la bouche et des lèvres.

La couleur rosée des lèvres change souvent dans les maladies. Roiujes dans les maladies aiguës inllammatoircs , elles sont ]}âles dans le frisson de la fièvre intermittente, dans l'anémie, dans la chlorose ; livides dans les maladies adynamiques et dans les maladies du cœur, noires dans l'asphyxie, dans le choléra, et à la suite de l'usage prolongé du nitrale d'argent. Elles sont sèches et couvertes de pellicules

épidermiques minces dans les affections chroniques des \oies digestives et dans la fièvre hectique; elles sont, au contraire, sèches, poisseuses et noirâtres, couvertes de pellicules épaisses, dans les maladies aiguës graves, compliquées d'adynamie, et particulièrement dans la fièvre typhoïde. Dans ce cas, elles offrent souvent des gerçures par lesquelles s'échappe une certaine quantité de sang.

Les lèvres tremblent momentanément dans la colère, dans le frisson et dans la courte période qui précède les vomissements ; leur tremblement continu indique la présence d'une névrose. Ordinairement rapprochées, elles pendent, surtout la lèvre inférieure, dans les maladies adynamiques, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, etc. Elles sont flasques dans la paralysie ou l'hémiplégie faciale, de manière à produire une déviation dans le côté sain, entraîné en arrière par les muscles restés contractiles. Souvent aussi la partie paralysée des lèvres, très-mobile, est entraînée par la colonne d'air chassée dans l'expiration, et il en résulte un mouvement singulier qu'on exprime par une comparaison grossière en disant que le malade fume la pipe.

Le volume des lèvres, principalement celui de la lèvre supérieure, est souvent augmenté chez les scrofuleux, à cause des gerçures qu'on y trouve et par suite de l'inflammation chronique engendrée par Técoulement continuel d'un flux nasal acre et irritant. Il augmente aussi, soit en haut, soit en bas, dans les maladies de l'enfance, à la suite de la stomatite ulcéreuse et des aphthes qui irritent le tissu cellulaire subjacent et favorisent si rapidement l'apparition de la gangrène. On l'observe encore dans quelques maladies aiguës avec l'herpès critique et de bon augure développé à leur surface.

Les lèvres eniin présentent à leur surface des gerçures chez les scrofuleux et dans les maladies aiguës ; des plaques muqueuses dans la syphilis constitutionnelle ; de l'herpès comme signe d'une heureuse terminaison des maladies aiguës, et à leur face intérieure des taches de muguet idiopathique ou symptomatique. Celui qu'on observe chez l'adulte dans le cours des maladies chroniques a une gravité pronostique toute particulière. Il indique la mort dans un temps assez rapproché.

Les mâcJioires écartées, mais conservant leurs facultés motrices, s'observent dans les maladies adynamiques et dans l'agonie ; elles sont écartées, mais immobiles, dans la double luxation de l'os maxillaire. On les voit serrées dans le trismus produit par le tétanos, et dans le cours des affections convulsives provoquées par la méningite aiguë ou chioni(iue, parles tumeurs du cerveau, etc. Un écartement incomplet avec déviation de la pointe du menton à droite ou à gauche est le signe de la luxation d'une seule branche du maxillaire à gauche ou

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à droite, c'est-à-dire du côté opposé au déplacement du menton.

Les dents sont ordinairement minces, d'un blanc laiteux, molles et souvent atteintes de carie chez les sujets disposés à la phtliisie. Piquées à la surface de leur émail, elles annoncent l'existence antérieure d'une maladie prolongée des \oies digestives. Elles se couvrent d'un enduit sec, noirâtre, fuligineux, dans les lièvres graves adynamiques. On les entend claquer les unes contrôles autres dans le frisson, et, lorsqu'elles frottent en produisant un bruit de grincement dans les maladies convulsives, il y a tout lieu de craindre la mort.

Les gencives sont pâles dans la chlorose, dans l'anémie et à la fm des maladies cachectiques. Elles sont, au contraire, rouges, livides, couvertes d'un enduit pultacé, dans les maladies aiguës et surtout dans la lièvre typhoïde; elles sont rouges, livides, saignantes et infectes dans le scorbut. Leur bord libre est souvent ulcéré dans une forme particulière de stomatite chez les enfants, et il présente alors un liséré grisâtre ulcéro-membraneux qui tend à s'agrandir, peut amener la destruction des gencives, la nécrose d'une portion de maxillaire et la chute des dents, ou même, dans certains cas, la gangrène de la bouche. Ailleurs, dans l'intoxication saturnine, le bord libre des gencives est gris bleuâtre par suite du dépôt d'une couche très-mince de sulfure de plomb, et il offre une teinte verte prononcée d'oxyde de cuivre dans les maladies des ouvriers qui fondent et qui manipulent ce métal.

8° Signes fournis par l'examen des oreilles et de la région parolidienne.

Les oreilles et la région parolidienne n'offrent qu'un petit nombre de signes diagnostiques ou pronostiques, mais en revanche ces signes ont une grande importance.

Les oreilles sont froides, pâles et cyanosées, dans le frisson des lièvres intermittentes, dans quelques maladies du cœur, dans l'asphyxie, dans le choléra et à la fin de l'agonie. Elles sont le siège d'un suintement purulent plus ou moins considérable chez quelques scrofuleux, et, chose plus importante, d'un écoulement séreux, roussâtre, à la suite des chutes sur la tète, car ce phénomène indique toujours une fracture de la base du crâne au niveau du rocher.

Au-dessous et en avant de l'oreille, se trouve la parotide, qui est assez souvent le siège d'une tuméfaction considérable, pouvant donner lieu à une saillie énorme au niveau de l'angle de la mâchoire. Ce gonllement, lorsqu'il est double et accompagné de fièvre, caractéi'ise les oreillons; il s'observe chez les enfants et n'offre aucune espèce de gravité. Au contraire, le même gonflement d'un seul côté du cou, au milieu des fièvres continues graves, porte le nom de parotide, et il annonce presque toujours la mort.

SIGNES FOURNIS PAR L EXTÉRIEUR DU COU ET DE LA TOITHINE. 779 9° Signes fournis par les cheveux et par la barbe.

Les cheveux tombent souvent à la suite de l'accouchement, des maladies aiguës graves, et principalement des fièvres typhoïdes. Ce phénomène existe dans la phthisie pulmonaire, mais à un bien plus faible degré. Les cheveux blanchissent lentement avec l'âge, ou d'une façon subite sous l' influence de la frayeur et d'un profond chagrin. Leur décoloration partielle indique le vitiligo. Ils changent de couleur et passent du châtain ou du brun au roux dans les maladies chroniques, et notamment dans la phthisie tuberculeuse. Ils tirent sur le vert chez les ouvriers qui fondent et qui travaillent le cuivre, et sur le rouge chez ceux qui fabriquent le minium.

Dans la teigne ils s'amincissent, se décolorent et tombent avec la plus grande facilité. Ce caractère permet de distinguer, parmi les maladies du cuir chevelu, celles qui dépendent d'un favus de celles qui sont produites par l'impétigo et par l'eczéma.

SIGKES FOURNIS PAR i/eXAMEN DU COU.

Les proportions ordinaires du cou changent dans certaines dispositions morbides. Un cou large et court favorise le coup de sang et l'hémorrhagie cérébrale; au contraire, un cou mince et allongé indique une grande faiblesse de constitution et une aptitude spéciale au développement de la phthisie pulmonaire. Il peut être déformé par des tumeurs, en avant du larynx par le goitre ou hypertrophie du corps thyroïde, sur les côtés par des ganglions lymphatiques hypertrophiés ou tuberculeux, à l'angle de la mâchoire par le gonflement des amygdales, dans l'angine intense par des phlegmons variés, et en arrière, sous l'occipital, par des ganglions indurés qui indiquent une syphihs constitutionnelle.

Chez quelques malades, les veines du cou sont le siège d'un battement isochrone aux pulsations du pouls et visible à la surface de la peau. C'est ce qu'on appelle le pouls veineux. Il s'observe dans les maladies du cœur droit et principalement dans l'insuffisance de la valvule tricuspide.

SIGNES FOUIIMS PAR l'eXAMEK EXTÉRIEUR DE LA POITRINE.

On trouve à coté des signes fournis par la spirométrie, par la percussion et par l'auscultation, un certain nombre d'autres signes tirés de l'inspection de la poitrine, et qui ne manquent pas d'importance.

La largeur de la ])Oîlrine et l'épaisseur de ses muscles sont les meilleures conditions qu'on puisse rencontrer à l'état normal.

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Au contraire, une poitrine globuleuse, maigre, étroite, portée en avant sur le sternum, comme une poitrine de poulet, avec des épaules saillantes et basses, indique une constitution faible et des poumons susceptibles de devenir tuberculeux.

Des voussures particulières et permanentes se produisent localement à la région précordiale dans la péricardite avec épanchement et dans l'hypertrophie du cœur ; au sommet du sternum dans le cas d'anévrisme de l'aorte faisant saillie au dehors; sur les divers points des parois thoraciques, dans l'emphysème pulmonaire, à la région sus et sous-claviculaire, sternale, mammaire, etc., ainsi que l'a indiqué M. Louis dans un mémoire sur ce sujet; d'un seul côté de la poitrine dilaté par un épanchement séreux excessif qui efface les espaces intercostaux, sur la colonne dorsale, dans le cas où une carie des vertèbres détermine la gibbosité ; sur les différents points de la poitrine à la suite d'abcès par congestion, d'abcès froids, d'abcès hydatiques, etc.; mais alors ce sont des voussures qui sont tôt ou tard remplacées par de véritables tumeurs plus ou moins considérables.

La dépression thoracique, générale ou partielle, s'observe quelquefois d'un côté du thorax, à la suite d'épanchement pleurétique entièrement guéri, laissant une complète adhérence entre les deux feuillets de la plèvre; à la région précordiale après la guérison d'une péricardite ayant produit des adhérences; enfin dans les déviations de la colonne vertébrale, suite de rétraction musculaire, et dans le rachitisme. Ici toutefois la dépression des parois thoraciques ne se produit pas au moyen d'adhérences pleurales ou péricardiques tirant les côtes en dedans; elle résulte d'un autre mécanisme. La rétraction des muscles de la gouttière vertébrale, changeant les conditions du rachis et les conditions de l'équilibre, amène une sailhe de la poitrine d'un côté et un enfoncement qui devient permanent dans le côté opposé. Dans le rachitisme, la mollesse des os et des côtes les rend aptes à subir toutes les déformations possibles imposées par la violence extérieure. Les côtes sans résistance subissent la pression des bras par le décubitus, et, sous chaque aisselle, les côtes plus ou moins enfoncées donnent Heu à une déformation caractéristique de cette maladie. En effet, la dépression latérale et régulière de chaque côté de la poitrine avec gonflement de la symphyse sterno-costale formant chapelet sur le thorax est un signe certain de rachitisme.

Des plaies et des tumeurs soulevées d\ine façon intermittente à chaque effort d'expiration et de toux se montrent quelquefois à la surface de la poitrine. L'air sort de ces plaies ou pénètre dans ces tumeurs. C'est ce qu'on observe dans les plaies pénétrantes du poumon, dans

SIGNES FOURNIS PAR l'aBDOMEN. 781

les fistules pulmonaires sous-cutanées que j'ai décrites \ dans les hernies du poumon^ etc.

Les mouvements de la respiration, réguliers dans l'état sain, et limités au chiffre de 12 ou 18 par minute, s'accélèrent beaucoup et deviennent irréguliers dans l'état morbide. La respiration devient trèsfréquente et s'élève à 20, 50 et 40, soit chez l'adulte, soit chez l'enfant, dans les maladies aiguës de la poitrine. Dans le premier âge, elle est intervertie dans son rhytlime, et, comme je l'ai fait connaître, elle devient expiratrice dans la pneumonie lobulaire confluente et dans la pneumonie lobaire, phénomène dont on peut se faire une idée en poussant plusieurs expirations gémissantes aussitôt suivies de l'inspiration. Elle est irrégulière, lente et suspirieuse, dans la méningite granuleuse, de façon qu'une série de petites inspirations à peine appréciables soient de temps à autre irrégulièrement entremêlées d'un soupir ajouté à l'inspiration. Elle est abdominale chez les individus qui ont la poitrine faible et dans les cas d'épanchement pleurétique ou d'obstacles à l'inspiration situés dans le thorax. Elle est enfin courte, empêchée, dans la pleurésie avec douleur pleurétique, vive et dans la péritonite aiguë très-douloureuse. Ces phénomènes sont extrêmement prononcés chez les jeunes enfants, et leur présence acquiert une très-grande importance diagnostique.

SIGJNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DE l'aBDOMEN.

Le ventre, ordinairement lisse, souple, arrondi, indolent, peu sonore, sans éruption ni gargouillement dans l'état de santé, offre, dans l'état de maladie, un certain nombre de phénomènes dont la présence reconnue est infiniment utile au diagnostic. Quelques-uns devant être l'objet de considérations étendues à propos de la séméiologie de l'appareil digestif, je me bornerai à les mentionner ici sans y accorder trop de place. C'est à l'inspection, à la palpation, à la percussion, à la mensuration et à l'auscultation, qu'il faut recourir pour la recherche de ces différents signes.

Le ventre lisse est quelquefois couvert de vergetures blanches et rougeâtres chez les femmes qui ont eu des enfants, chez les personnes affectées d'ascite, d'hydropisie enkystée des ovaires, ou même d'un certain degré d'embonpoint. Ce sont des déchirures profondes du derme, sous l'influence de la pression intérieure dont il est l'objet. Il est quelquefois parcouru à la surface par un grand nombre de veines

* Bulletin de V Académie impériale de médecine, Paris, 1853, t. XIX, page, G 4. - Morel, Mémoires de la Société de chirurgie, Paris, 1847, 1. 1, page 75.

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sous-cutanées bleuâtres, ce qui annonce une ascite, une phlegmatia alba dolens ou une tumeur profonde comprimant la veine ca\e inférieure. On y trouve enfin à l'ombilic des hernies ombilicales, et, sur la ligne blanche, un amincissement de l'aponévrose avec écartement des muscles droits, ce qui indique une ascite guérie ou un certain nombre de grossesses antérieures. C'est Yéventration. Par cet écartement de lahgne blanche sortent les viscères formant de petites hernies dangereuses ou des hernies en besace recevant à l'intérieur une plus ou moins grande partie des intestins.

La couleur régulièrement pâle du ventre est altérée par les éruptions diverses de pétéchies du typhus ; de sudamina incolores ; de taches morbilleuses; décoloration scarlatineuse; mais, entre toutes, celle qui a le plus d'importance est l'éruption de taches papuleuses roses et larges de quatre à cinq millimètres, qu'on observe du huitième au douzième jour de la fièvre typhoïde. Ce sont les taches rosées lenticulaires, extrêmement importantes à rechercher, sans avoir cependant, comme on Fa dit, l'importance d'un signe pathognomonique. On les observe quelquefois dans le cours de l'état fébrile engendré par l'inflammation.

La forme du ventre change avec l'état de maladie, et devient ronde, saillante en avant avec affleurement ou saillie de l'ombilic dans l'ascite. Elle s'arrondit, au contraire, dans le sens transversal dans l'hydropisic enkystée de l'ovaire devenue très-volumineuse. Dans l'obésité, la forme reste réguhère et l'ombilic conserve la dépression qui lui est habituelle.

Le volume du ventre s'accroît dans l'obésité d'une manière générale et uniforme; dans la grossesse, à l'hypogastre ; dans l'hydropisie enkystée des ovaires, sur l'un ou l'autre des flancs ; dans l'ascite, d'une façon régulière avec proéminence de l'ombilic; dansla tympanite, partout, y compris l'épigastrc.

11 se développe partiellement dans les maladies du foie avec hypertrophie ou tumeur considérable, dans les corps fibreux de l'ovaire, dans la distension de la vessie par l'urine, dans les tumeurs de la fosse iliaque, etc.

Il diminue, au contraire, dans les maladies chroniques par suite de l'amaigrissement général, dans la diarrhée excessive cholérifoi'inc, dans la colique de plomb, etc. On y trouve alors aisément les tumeurs formées par le pancréas, par la rate, par un rein mobile, par le cœcum rempli de matières, etc.

La fermeté du \Qï\lvG, variable suivant les matières soUdes, liquides ou gazeuses qu il renferme, ne fournit aucun signe spécial.

SIGINES FOUR?JIS PAR l'aBDOMEN. 785

Lsi réso7imince du ventre, ordinairement peu considérable, augmente beaucoup dans certaines circonstances, et forme, soit le météonsme si la résonnance est faible, soit le ballomiement si le phénomène est très-bien caractérisé. C'est l'indice d'une pneumatose gastro-intestinale produite par une fièvre de mauvais caractère, par un obstacle au cours des matières fécales, par des aliments féculents, ou par la disposition hystérique.

Le gardouiUement du ventre n'existe que lorsque des matières liquides sont renfermées dans l'intestin. Celui qui est spontané n'a pas d'importance pour le diagnostic ; mais, d'après son siège, celui que l'on provoque par la palpation est infiniment utile à rechercher. Le gargouillement localisé dans la fosse iliaque droite, au niveau du cœcum, est un des signes de la fièvre typhoïde. Étendu à tout le ventre, au contraire, il annonce l'entérite aiguë ou chronique avec flux muqueux ou séreux de l'intestin.

La fluctuation existe quelquefois dans le ventre, et cela indique toujours la présence d'un hquide dans le péritoine, dans un kyste des ovaires. Les caractères particuliers de ces deux maladies permettent ensuite très-facilement de les distinguer l'une de l'autre.

Des frottements peuvent se produire dans le ventre, mais cela est très-rare. On les entend au moyen du stéthoscope, soit dans les tumeurs hydatiques du foie et du péritoine, et ils offrent le caractère général du frémissement hydatique; soit, d'après M. Després, au début delà péritonite, mais c'est un signe très-difficile à étudier.

Des bruits de souffle et des battements s'y font entendre dans plusieurs circonstances normales ou pathologiques. — Des battements isochrones au pouls s'observent souvent à l'épigastre chez les personnes maigres, très-nerveuses, et surtout chez les hypocondriaques. Des battements très-fréquents, plus accélérés que ceux du cœur, s'entendent à l'hypogastre chez les femmes à la fin de la gestation. C'est un excellent signe de la grossesse, et qui résulte de la transmission du bruit formé parles mouvements du cœur du fœtus. Les bruits de souffle qu'on entend dans le ventre ne sont appréciables que dans les trois circonstances suivantes : l*" l'anévrisme de l'aorte abdominal ; 2** les tumeurs volumineuses anomales de l'utérus comprimant la veine iliaque, et par cela même produisant le souffle ; 3° enfin la grossesse, cas le plus ordinaire dans lequel le souffle, attribué par les uns à la circulation des parois utérines, me paraît devoir être, comme dans la circonstance précédente, attribué à la compression des veines iliaques par l'utérus en état de gestation.

La douleur, dont je parlerai plus loin, se présente avec le double

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caractère de la spontanéité ou de la provocation par l'apposition des mains. Ce sont des élancements, des coliques^ des douleurs provoquées par la palpation, ou des épreintes et du ténesme s'il s'agit de souffrances au moment de la défécation. D'après leur siège, ces douleurs ont une signification différente et caractérisent des maladies d'estomac, d'intestin, du cœcum, du côlon, du foie, de l'utérus, des reins, etc.

La douleur spontanée, sourde, avec brûlure à l'épigastre, se rattache aux affections nerveuses chlorotiques de l'estomac si la digestion reste bonne, et à la gastrite aiguë ou chronique, au contraire, si la digestion est douloureuse, pénible, accompagnée d'un léger mouvement fébrile. Elle porte le nom de gastralgie. Des douleurs également spontanées, d'une forme à peu près semblable, s'observent entre l'ombilic et l'épigastre chez les sujets habituellement constipés ou ayant des alternatives de diarrhée et de constipation. Elles appartiennent au côlon plus qu'à l'estomac; c'est une véritable co/o?ux/^î^ qui se rattache à l'atonie du cœcum et à l'obstruction de cette partie parles matières fécales.

Les coliques sèches s'observent, soit dans le choléra sec, qui est très-rare, soit dans la colique sèche des pays chauds, dont la nature est peu connue, soit dans la colique de plomb et dans les obstructions de l'intestin. Les coliques humides, au contraire, sont le signe de l'irritation gastro-intestinale, de l'entérite aiguë ou chronique, de tumeurs cancéreuses de l'intestin et de toutes les maladies accompagnées de flux intestinal. Quelques personnes ont soutenu qu'il n'y avait de coliques que dans le côlon, parce que seul il recevait des nerfs de la vie de relation. C'est une erreur. Toutes les parties de l'intestin, ordinairement insensibles dans l'état normal, acquièrent, comme les tendons par exemple, une sensibilité organique très-grande dans l'état de maladie, et les intestins grêles, malades et ulcérés, peuvent devenir aussi douloureux que le gros intestin.

Les douleurs spontanées de la défécation, épreintes ou ténesme, annoncent toujours une dysenterie plus ou moins forte.

Il y a des douleurs spontanées de l'hypocondre droit, revenant irrégulièrement par crises plus ou moins fortes, d'une façon intermittente, souvent accompagnées d'ictère; ce sont des coliques hépatiques, et elles révèlent ordinairement la présence de calculs biliaires.

Des douleurs également spontanées d'une acuité intolérable, revenant par crises intermittentes irrégulières, accompagnées de vomissements sans fièvre, se montrent quelquefois à la région lombaire et dans le flanc. Ce sont des coliques néphrétiques annonçant l'existcnre de calculs dans les reins.

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