SIGNES FOURMS PAR LES MEMBRES
jetées en avant d'une façon régulière et elles fauchent brusquement le sol, où bien elles traînent péniblement à sa surface.
La faiblesse de la main s'observe dans les paralysies incomplètes, nerveuses et organiques, dans la paralysie consécutive à une hémorrhagie cérébrale en voie de guérison et dans les paralysies myogéniques de l'enfance. Celle du bras s'observe dans les mêmes circonstances et dans la paralysie rhumatismale du deltoïde. Quant à la faiblesse des membres inférieurs, lorsqu'elle occupe les deux membres, elle appartient à une maladie de la moelle, tandis que dans un seul elle est l'indice d'une hémiplégie liée à une altération du cerveau.
Les membres sont quelquefois agités de mouvements convulsifs ioniques dans le tétanos, et alors il y a une roideur permanente troublée par des secousses douloureuses avec roideur plus grande; de mouvements convulsifs toniques et cloniques dans Féclampsie, dans la méningite à sa troisième période, dans l'épilepsie et dans l'hystérie; de mouvements convulsifs entièrement cloniques dans la chorée; mais ici les mouvements se distinguent aisément de tous les autres mouvements convulsifs parleur fréquence et par leur durée compatible avec l'exercice del'intelhgenceetde la santé. Ceux de l'éclampsie, de l'hystérie et de l'épilepsie n'ont lieu que pendant les attaques convulsives, et ils ne durent pas très-longtemps. Nous en reparlerons plus loin.
La contracture est une convulsion tonique, caractérisée par la roideur permanente et douloureuse des parties malades , et due à la contraction permanente des muscles. Elle occupe ordinairement l'extrémité des membres, des doigts des mains et des pieds. C'est le symptôme de la contracture essentielle des extrémités, qu'on observe dans la convalescence du choléra, de la fièvre typhoïde et de quelques maladies aiguës, chez les enfants, sous l'influence du froid, etc. Il doit être un peu plus loin l'objet d'une étude spéciale.
Le tremblement des 7nembres, et surtout de leurs extrémités, est un phénomène assez commun, surtout dans les membres supérieurs et dans la main. Il est le signe de la caducité chez le vieillard; mais, à l'âge adulte, ce tremblement a une signification toute différente, car il se rapporte toujours à un empoisonnement chronique dont l'influence a dérangé les fonctions du système nerveux. Il se rencontre chez les buveurs atteints d'alcoolisme aigu avec délire, désigné sous le nom de delirium tremens, et dans l'alcoolisme chronique, là où sans trouble intellectuel il n'y a pas d'autre signe que le tremblement de la langue et des mains. On l'observe chez les doreurs au mercure, où il est produit par l'empoisonnement mercuriel, très-rare par suite des progrès de l'industrie dans la dorure galvani(|ue. Les mains seulement sont af-
788 DE LA SÉMÉIOLOGIE.
fectées,etla langue reste libre, ce qui distingue ce tremblement mercu- Irie de l'autre tremblement dont je yiens de parler.
Leur volume augmente dans la phlegmatia alba dolens, dans l'œdème et l'anasarque, dans l'éléphantiasis des Arabes; mais, dans le premier cas, il y a douleur; dans le second, empâtement des tissus, et, dans le troisième, déformation avec cliangement de structure de la peau. Cette augmentation est partielle dans l'œdème des mains produit par la suppuration de \ariole, dans l'œdème des pieds occasionné par l'anémie, par les maladies du cœur, du foie; dans l'éléphantiasis; dans la phlegmatia alba dolens, qui occupe un ou deux membres; elle est générale dans l'anasarque consécutive aux maladies du cœur, à l'albuminurie, etc. Le volume des membres augmente encore, mais sur divers points de leur étendue, lorsqu'une tumeur s'est développée à leur surface dans les maladies articulaires, telles que le rhumatisme et la goutte, où il se fait un gonflement notable des articulations. Dans le rhumatisme chronique et dans la goutte, le gonflement des articulations des doigts et leur déviation en dehors a quelque chose de si évident, qu'il en résulte une difformité caractéristique de cette double maladie. A côté de celte augmentation générale ou partielle des membres se place tout naturellement leur diminution par l'atrophie progressive. Cela s'observe à la suite des anciennes paralysies causées par les altérations du cerveau, et dans une maladie nouveflement décrite par M. Cruveilhier sous le nom de paralysie musculaire atrophique^, parce que les centres nerveux ne sont pas malades et que toute l'altération réside dans une atrophie spéciale des nerfs qui se rendent aux muscles. Cette atrophie, suivie de la dégénérescence graisseuse, s'observe principalement dans les muscles de la main, mais eUe peut devenir générale et envahir la presque totalité des muscles du membre et du tronc. C'est le signe d'un état incurable presque toujours mortel.
Des douleurs plus ou moins vives occupent les membres lorsqu'une phlegmasie doit y prendre naissance, mais alors la fièvre les accompagne. Au contraire, des douleurs apyrétiques sont le résultat d'un rhumatisme chronique lorsqu'elles occupent les articulations et d'une névralgie quand elles suivent le trajet des nerfs dans toute la longueur du membre. La douleur qui revêt le cdiracièvc à' engourdissement et do fourmillement est infmiment plus rare; elle indique la compression des nerfs si elle est partielle; une altération du cerveau si elle occupe les membres supérieurs et inférieurs à la fois; une maladie de
* DuUeiin de l' Académie de médecine, Paris, 1855, t. XVHI, payes 490, 540.