TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ . DE LA DOULEUR
substances toxiques introduites dans restomac, enlin avecla durée de l'accident, toujours très-gra\e et incurable dès qu'il se prolonge au delà de plusieurs mois.
Art. h. — Troubles de la seinsibilité.
§ I. De la doulonr.
La douleur est une sensation pénible éprouvée par les êtres vivants.
Il y a des douleurs pbysiques et des doideurs morales, provoquées les unes par la réaction de substance du corps contre l'action des agents extérieurs, et les autres par le jeu des passions. Les premières seules, étant du domaine de la médecine, méritent de fixer un instant notre attention.
La douleur suppose nécessairement la perception, c'est-à-dire une opération psychologique dans laquelle le système nerveux joue un rôle particulier; et, en effet, ce sont les nerfs qui servent d'intermédiaires entre les impressions subies par les organes et les centres de la sensibilité. Il y a cependant des impressions dont lame n'a pas la conscience et que ressentent les tissus, puisque, sous leur influence, une désorganisation plus ou moins complète peut se produire. C'est ce que j'appelle des impressions morhifiques . A cet égard, il faut distinguer la sensation de l'impression, qui a lieu sans conscience, par suite d'une propriété particulière aux tissus vivants.
Ceux qui définissent la douleur une modification de la sensibilité des tissus ont donc tort, car une impression sans conscience, suivie d'une réaction organique locale, est une modification de la sensibilité des tissus qui ne produit point de douleur. Beaucoup de tissus sont impressionnables, je voudrais pouvoir dire impressibles, et ne sont pas sensibles. Au contraire, chez quelques individus, la sensibilité etladouleur se confondent et ne sont qu'une seule et même chose.
La perception d'où résulte la douleur est plus ou moins vive selon les individus, et selon la nature de l'organe affecté. Elle se traduit par des sensations plus ou moins aiguës, et variées dans leur caractère d'après un certain nombre de circonstances qu'il est souvent impossible de préciser.
Tous les tissus et tous les organes peuvent être le siège de la douleur, les organes des sens plus particulièrement que les autres, en raison de leur sensibilité spéciale. Ainsi les yeux, la peau, donnent lieu à des sensations douloureuses particulières différentes de celles qui ont les autres tissus pour siège. Le tissu des cordons nerveux
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est le plus douloureux de tous, et ce sont les parties les plus riches en nerf qui sont aussi les plus douloureuses. Toutefois certains tissus, tels que les ligaments, les tendons et les os, habituellement insensibles dans l'état normal, deviennent, comme Ta démontré Bichat, très-douloureux lorsqu'ils sont malades, et on ne peut les toucher, même faiblement, sans occasionner la plus vive douleur.
On ne peut juger de la douleur dans les maladies par la sensibilité normale des tissus. En effet, sous l'influence de l'état morbide, il se développe une sensibilité spéciale très-vive dans les organes habituellement insensibles et dans les tissus doués de sensibilité; certains agents naturels, tels que l'air, la lumière, le vent, provoquent quelquefois des crises douloureuses extrêmement vives. Pour chaque organe doué d'une sensibilité spéciale, il y un agent dont l'influence est particulièrement pénible, la lumière dans l'ophthalmie, le froid sur la peau atteinte de rhumatisme, etc.
Les causes générales de la douleur sont dynamiques, humorales et organiques. Les premières ne peuvent être rapportées à aucune altération matérielle des organes ou des nerfs qu'on y trouve. Ce sont des modifications essentielles de la sensibilité, dont la cause reste entièrement inconnue, et il y a des personnes qui éprouvent des douleurs vagues générales ou des élancements circonscrits à une partie du corps, sans aucun trouble appréciable de la santé. Le spasme des impressions morales, la migraine et certaines douleurs hypocondriaques ou hystériques, sont de ce nombre. Aux causes humorales de la douleur se rapportent celles qui dépendent de la diminution des globules rouges du sang, de l'hydroémie et des intoxications, par la strychnine, par les virus, par les miasmes ou les effluves, etc. On sait, en effet, que les modifications de composition du sang, dont le contact avec le cerveau est nécessaire à la production de la force nerveuse, ont une grande influence sur la production des névroses, des névralgies et des douleurs sympathiques des maladies viscérales.
Les causes organiques de la douleur sont les maladies des organes où elle réside, telles que les contusions, les plaies, les inflammations, les tumeurs, les com[)ressions, les tiraillements, etc., les affections locales des nerfs, les maladies du cerveau et de la moelle.
Partout, dans ces différents ordres de causes, la perception douloureuse n'est teUe que ])ar l'action régulière de l'action encéphalique, et il faut, pour qu'elle s'accomplisse, que le cerveau conserve l'intégrité de son organisation et de son action. Ce sont les nerfs qui sont les agents de la transmission, et là où ils ont été détruits la douleur cesse.