TROUBLES DU MOUVEMENT. DE LA PARALYSIE
par des liquides et des gaz qui s'entre-choqucnten faisant un bruit appréciable à distance; celle de l'œsopbage s'annonce par la déglutition bruyante des liquides qui tombent avec bruit dans l'estomac et par la difficulté d'a\aler les solides. En effet, les aliments solides s'accumulent dans l'œsophage, le remplissent quelquefois jusqu'en haut et sont rejetés au dehors après y a\oir séjourné quelque temps. Dans la paralysie du pharynx, les liquides ne peuvent passer, et ils s'échappent, soit par les fosses nasales, soit dans le larynx, où leur présence détermine de graves accidents de suffocation.
Dans les paralysies récentes où le mouvement est aboli d'une façon plus ou moins complète, sans complication de paralysie du sentiment, la contractilité volontaire est détruite, mais des mouvements involontaires ou réflexes peuvent être déterminés par le chatouillement ou la brûlure et l'irritation de la peau. Cette contractilité peut encore être rendue manifeste par l'usage des excitants galvaniques ou par le courant d'un appareil électro-magnétique. Dans les paralysies anciennes, au contraire, lorsque le tissu du muscle paralysé s'altère, s'atropliie et passe à l'état graisseux, la contractilité ne peut être réveillée par aucun excitant électrique ni par les autres excitants du système nerveux. On a récemment soutenu que les muscles paralysés dans la paralysie saturnine perdaient d'emblée la contractilité électrique, c'est une erreur que l'électro-puncture permet de constater. Tout ce qui a été dit à cet égard est faux et demande à être vérifié par de bons observateurs. Quelle que soit la nature et l'ancienneté de la paralysie, tant que les fdDres du muscle conservent leur apparence striée, la contractilité, électrique subsiste; mais quand les faisceaux musculaires perdent leur rougeur, et que les stries de leur surface s'infiltrent de graisse, la contractilité électrique diminue et finit par disparaître.
La température des parties paralysées a été l'objet de recherches assez nombreuses et contradictoires. Au début, la température est quelquefois augmentée de un à deux degrés sur la température de la partie correspondante du corps dans le côté sain, mais plus tard la température s'abaisse d'une manière assez évidente. Elle tombe de 1 degré 5/10 à deux degrés. Plusieurs fois, dans certains cas d'hémiplégie ancienne, j'ai trouvé cette différence entre la température des deux membres. C'est un fait que j'ai également observé à la suite d'une ligature de l'artère humérale terminée par la guérison, mais suivie de la paralysie et de l'atrophie du membre. Au reste, si les changements de température dans les parties affectées de paralysie sont variables, la diminution de la colonne thermométrique est plus fréquente que son augmentation. Ce fait est en lapport avec le raleii-
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tissement de la circulation capillaire, qui est moins active que de coutume, avec la diminution du mouvement nutritif des organes, avec leur atrophie, avec l'induration des cordons nerveux, l'infdtration du tissu cellulaire, etc. La modification de la nutrition est si profonde, sans aller jusqu'à la gangrène, qu'une fracture dans un membre paralysé peut rester mobile et sans consolidation des fragments. Cela résulte des observations publiées par M. Malgaigne^
Rien n'est facile à reconnaître comme la paralysie d'un membre ou d'un organe; mais il n'en est pas tout à fait de même de la paralysie d'un seul muscle, surtout si elle est peu prononcée. Dans ce cas, on peut confondre la paralysie d'un seul muscle avec la contracture ou la rétraction du muscle antagoniste. C'est ce qui arrive pour le torticolis; mais alors il est facile de remettre la tête en place, et on n'a pas à vaincre la résistance du muscle sain, ce qui aurait lieu s'il avait été le siège d'une rétraction. La paralysie du deltoïde, qui laisse tomber le bras en effaçant le contour arrondi de l'épaule, peut faire croire à une luxation de l'humérus; mais la moindre attention suffit pour éviter de pareilles erreurs. La paralysie doit être distinguée de l'immobilité produite par l'inflammation, par l'atrophie, par le rhumatisme, ou enfin de l'état de torpeur générale causée par l'ivresse ou certains poisons, tels que l'opium, par lacompression du cerveau, etc. Souvent il n'est pas possible de se prononcer au moment même, mais un peu plus tard la marche des accidents ne laisse pas de doute sur leur nature, et c'est alors seulement que la paralysie peut être reconnue.
La paralysie porte généralement sur les muscles et forme ces paralysies du mouvement dont le mot de paralysie tout seul a consacré la nature; mais quelquefois ce phénomène est compliqué d'une paralysie de la sensibilité, de sorte qu'il y a chez les individus paralysie double, portant à la fois sur le mouvement et sur la sensibilité. Les malades ne peuvent se mouvoir et ne sentent pas qu'on les touche ni qu'on les pince pour provoquer de la douleur; les mouvements réflexes sont abolis et il y a chez eux ce qu'on appelle de VcDiestlLcsie, phénomène particulier qui mérite une attention particulière et que nous avons décrit dans un chapitre spécial.
La paralysie est un symptôme qu'on observe dans une foule de maladies différentes parleur siège et par leur nalure. Ordinairement en rapport avec une altération matérielle de la substance cérébrale ou des cordons nerveux, avec l'altération primitive du tissu cellulaire, elle peut dépendre de troubles nerveux sympathiques occasionnés par une maladie viscérale ou constitutionnelle, ne produisant pas de désordres
' Trailc des fractures et des luxations, Paris, 1847-1855, '2 \ol. in-S".