‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 162 sur 212 · TROUBLES DU MOUVEMENT. — DE LA PARALYSIE · texte numérisé non relu

TROUBLES DU MOUVEMENT. — DE LA PARALYSIE

chez riiomme; elle a été signalée, en France et en Allemagne, par un certain nombre d'auteurs. Orfila, Christisonet M. Leroy d'Etiollesen ont fait connaître plusieurs exemples.

Les paralysies saturnines sont connues depuis beaucoup plus longtemps. Elles occupent de préférence les extenseurs du poignet et des doigts, ce qui donne à ces parties une apparence toute particulière de flexion permanente. On les a observées, mais plus rarement, dans le deltoïde et dans les muscles extenseurs de la jambe. Ces paralysies n'offrent rien de particulier que leur siège dans les extenseurs, et c'est à tort, ou par suite d'expériences mal faites, qu'un médecin a récemment soutenu que les muscles paralysés sous l'influence du plomb perdaient l'irritabilité galvanique, cette propriété persistant dans les autres variétés de paralysie musculaire. En effet, dans les paralysies saturnines comme dans les autres, l'irritabilité galvanique n'est jamais détruite, et, chez les malades qu'on m'a présentés comme tels, l'électro-puncture m'a toujours permis de constater la persistance de la contractilité électrique. Qu'il y ait affaiblissement de cette propriété, la chose est possible, mais elle n'est pas assez nette pour servir de base à l'établissement d'un caractère différentiel des paralysies. Cette irritabilité, dans les paralysies saturnines comme dans les autres, est moins en rapport avec la cause de l'abolition du mouvement volontaire que de l'altération des muscles. Elle s'affaiblit et disparait toutes les fois que, les faisceaux musculaires perdant leur couleur, leurs stries transversales s'infiltrent de graisse et de tissus adipeux.

Paralysie musculaire ou myogénique. — La paralysie peut dépendre d'une altération primitive de la fibre musculaire, occasionnée par différentes causes, et c'est pour la désigner que j'emploie le mot de paralysie myogénique. La commotion des muscles à la suite d'une contusion; le froid exerçant son action sur une partie telle qu'un coté de la face, une épaule, les membres inférieurs ou supérieurs, comme cela est si commun chez les enfants; l'épuisement de la force musculaire par un exercice continuel trop actif, amenant l'atrophie; les troubles et les arrêts de la circulation dans un muscle, sont la cause de cette espèce de paralysie.

Ordinairement partielle et n'occupant qu'un ou plusieurs muscles, ceux qui ont été soumis à l'influence locale, elle s'observe sur les membres et sur le tronc. C'est dans cette classe qu'il faut ranger l'hémiplégie rhumatismale de la face, la paralysie bornée au deltoïde ou au grand dentelé, les paralysies d'un membre chez les enfants, celles qui résultent de la ligature d'une artère ayant déterminé i'atro-

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phie des muscles; celles, enfin, qui ont pour siège les muscles des mains, de l'avanl-bras, des jambes, avec une notable atrophie, et que MM. Cruveilhier et Aran ont décrites sous le nom de paralysie atrophique progressive.

La paralysie myogénique générale est très-rare et ne s'observe que dans la paralysie progressive atrophique. Quelques faits de ce genre ont été observés. La paralysie occupait les membres supérieurs et inférieurs, les muscles du tronc et jusqu'au diaphragme, de manière à suspendre les fonctions respiratoires et à déterminer F asphyxie.

Cette espèce de paralysie, ayant pour siège primitif les muscles, détermine dans ces organes une altération de texture qu'on ne retrouve pas au même degré dans les autres variétés de la paralysie. Les libres musculaires, habituellement rouges et striées dans le sens transversal, deviennent plus pâles et perdent graduellement leur apparence striée. Elles diminuent de volume, s'infiltrent de graisse, de sorte que le muscle finit par disparaître en partie et se trouve être remplacé par une notable quantité de tissu adipeux.

Parahjsie symiitomatique . — La paralysie succède le plus ordinairement à une lésion matérielle du cerveau, de la moelle et des cordons nerveux. Comparée, sous le rapport de la fréquence, aux autres paralysies essentielles, sympathiques et musculaires, celle-ci est infiniment plus commune que les autres. La paralysie symptomatique des maladies du cerveau s'observe dans la congestion cérébrale, dans l'hémorrhagie, dans les tumeurs du cerveau, etc. Elle offre des apparences variables selon le siège et l'étendue de l'altération anatomique.

Dans la congestion cérébrale, elle est subite, générale, plus ou moins complète, et porte sur le mouvement et sur la sensibilité à la fois ou sur le mouvement en particulier.

Dans rhémorrhagie cérébrale, elle est plus ou moins étendue, suivant le siège et le volume de l'épanchement sanguin. Elle est générale et affecte les quatre membres, lorsque l'hémorrhagie occupe la piotubérance, lorsqu'elle est double et siège dans chacun des hémisphères; enfin, lorsque, très-considérable et occupant l'un des hémisphères céi'ébraux, elle comprime l'autre en pénétrant dans les ventricules. Elle est partielle et se présente à l'état d'hémiplégie, lorsque l'hémorrhagie, n'ayant qu'un volume peu considérable, occupe l'un des centres ovales de Vieussens. Alors elle existe toujours dans le côté opposé à l'épancliement sanguin, à gauche, si le coté droit du cerveau est malade, et réciproquement, à droite, si la lésion occupe l'hèmis- [)bèi'e cérébral gauche. C'est là un principe de physiologie qui souffre

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