‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 163 sur 212 · TROUBLES DU MOUVEMENT. DE L.V PARALYSIE · texte numérisé non relu

TROUBLES DU MOUVEMENT. DE L.V PARALYSIE

peu d'exceptions et qu'on peut appliquer à toutes les hémiplégies, quelle qu'en soit la cause anatomique. Elle résulte de ce qu'on connaît sur l'action croisée de| hémisphères, sur les mouvements des memhres, fait incontestable et démontré par de très-nombreuses observations. Des paralysies ]JrtrtiW/t's moins étendues que l'hémiplégie s'observent encore après l'hémori^hagie cérébrale de très-petit volume. Elles peuvent n'occuper qu'un seul bras, si le foyer sanguin est dans le côté opposé du cerveau près de la couche optique; la jambe, s'il a pour siège les corps striés; un côté de la face, si les pédoncules cérébraux sont malades; la langue, une paupière, l'œil, etc., selon les différentes parties du cerveau occupées par répanchement. Malheureusement tout ce qui a été dit sur le rapport des paralysies partielles aux lésions anatomiqucs du cerveau laisse beaucoup à désirer, et les résultats que je viens d'énoncer ne doivent pas être admis comme des choses détinitives. Toute cette partie de la science est à faire. 11 n'y a aujourd'hui de démontrée que la localisation du mal dans le côté du cerveau opposé à la paralysie. Au delà de cette affection, tout ce qui a été dit est encore à établir.

La paralysie se présente encore sous forme d'hémiplégie ou de paralysie partielle dans l'encéphalite et le ramollissement cérébral sénile, dans les hémorrhagies des méninges, dans les suffusions séreuses du cerveau, dans les tubercules, les cancers, les tumeurs fibreuses, fibro-plastiques et les hydatides développées au milieu de cet organe ou dans ses enveloppes. Partout le résultat est le môme : soit brusquement, si la lésion est instantanée; soit, au contraire, d'une façon progressive; après un temps de tolérance variable, si le mal s'est développé par degrés, la paralysie arrive dans le côté du corps opposé à la lésion cérébrale et elle occupe une étendue d'autant plus grande que la désorganisation est plus avancée.

La paralysie symptomatique des maladies de la moelle est rarement générale. Elle occupe le tronc et les quatre membres si la lésion existe à la région cervicale de la moelle; les membres inférieurs seulement lorsqu'elle a pour siège la partie inférieure de cet oigane. C'est alors ce qu'on appelle une jjaraplégie. Cette paralysie alfccle presque toujours le mouvement et le sentiment, lorsque la substance médullaire blanche et grise est altérée; mais, dans quelques circonstances, la sensibilité se conserve si toute la moelle n'est pas délriiilri et si la lésion a pour siège les cord(ms antérieurs. Elle existe tonjonis dans le côté correspondant à cette lésion, et une maladie du côté gauche de la moelle entraîne nécessairement une paialysie musculaire à gauclie.

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Un instant on avait cru pouvoir reconnaître et placer dans les cordons antérieurs de la moelle les altérations susceptibles de produire la paralysie du mouvement, et dans lesfcordons postérieurs celles qui déterminent les paralysies de la sensibilité. Tous ces faits ont été remis en question par les expériences contradictoires récentes de 31. Brown-Séquard, et il paraît que les choses ne se passent pas d'une manière aussi simple. Il est démontré que les paralysies du mouvement sont la conséquence des maladies des cordons antérieurs; mais, pour les paralysies de la sensibilité, on ne sait au juste s'il faut les mettre sous la dépendance des cordons latéraux et postérieurs, ou, au contraire, de la substance grise de la moelle. De nouvelles expériences éclaireront peut-être un jour ce point de la physiologie.

Quand la paraplégie affecte le mouvement sans amoindrir la sensibilité et n'est pas complète, les malades marchent avec peine et fauchent ou sautillent en marchant d'une manière significative et caractéristique. Quand elle est complète, la marche est impossible, et tous les mouvements volontaires sont abolis dans les muscles des membres inférieurs. Les malades restent au lit sans pouvoir lever la jambe ni le genou; cependant, comme ils sentent la douleur, et qu'en chatouillant la plante des pieds ou en irritant la peau on détermine une sensation désagréable, il en résulte presque toujours un mouvement involontaire ou réflexe de retrait de la jambe sur la cuisse. La persistance de CCS mouvements a une très-grande importance pour la détermination du siège de la maladie, que l'on ne peut localiser dans les muscles, et qui doit être placé, au contraire, dans les cordons antérieurs. L'abolition de ces mouvements indique soit une paralysie myogénique avancée, soit plus ordinairement une lésion de la substance grise et des cordons postérieurs de la moelle.

La paiaplégie ou la paralysie des membres et du tronc dépendenl des altérations aiguës ou chroniques, primitives ou secondaires de la méninge spinale et du cordon môme de la moelle. La méningite spinale, les hémorrliagies de la moelle, la myélite aiguë ou chronique, les corps étrangers de la moelle, etc. , favorisent la production de cet accident. Il en est de même des tumeurs du canal vertébral, des anévrismes ayant usé une vertèbre, des abcès par carie vertébrale donnant lieu à une compression ou à une inflammation médullaire ou méningée spinale.

Les paralysies qui dépendent d'une altération des nerfs moteurs du tronc et des membres se rattachent de près aux paralysies symptomatiques des maladies de la moelle. Leur mécanisme est le même. Elles dépendent d'une interruption de rinlliix nerveux par interiup-

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tien complète de la continuité des tubes nerveux ou seulement par compression de ces conduits.

Les blessures et la section des nerfs, leur compression et leur tiraillement par une tumeur, les névroses, la névrite simple et rhumatismale, produisent la paralysie des muscles soumis à l'influence des nerfs altérés. Ce sont des paralysies partielles plus ou moins étendues, selon le nombre et le volume des fdets nerveux malades. On observe souvent cette paralysie dans le nerf facial malade après sa sortie du trou stylo-maxillaire, dans le nerf radial ou cubital, dans le nerf sciatique, etc. C'est une paralysie généralement facile à reconnaître, toujours bornée à un certain nombre de muscles, et elle n'offre rien de particulier.

En résumé, la paralysie porte à la fois sur le mouvement et sur le sentiment. 3Iais le nom de paralysie employé tout seul s'applique exclusivement à l'abolition du mouvement volontaire et de l'action des muscles de la vie animale. On donne à la paralysie du sentiment le nom d'anesthésie. La paralysie du mouvement volontaire est partielle, locale, hémiplégique et paraplégique, ou au contraire générale, et détruit en totalité ou en partie les mouvements musculaires. Elle a pour causes les troubles essentiels ou sympathiques du système nerveux cérébro-spinal, les empoisonnements, les maladies du sang, les maladies primitives des muscles et les altérations matérielles des cordons nerveux, de la moelle rachidienne, de la substance cérébrale et de leurs enveloppes.

§ II. De la syncope.

La syncope est un état morbide caractérisé par la diminution de la force et de la fréquence des battements cardiaques, avec perte subite du sentiment et du mouvement. C'est en quelque sorte une paralysie incomplète et momentanée du cœur. Jusqu'à la précieuse découverte de Harvey\ on avait dit que la syncope consistait dans la suspension complète des battements du pouls ; puis, la circulation du sang une fois entrevue, les médecins et les physiologistes modifièrent cette opinion généralement acceptée alors, et attribuèrent la syncope à 1'^//^sence des mouvements du cœur. Il y a là une erreur scientifique profonde qu'il nous importe de déraciner entièrement.

La plupart des anciens confondaient la syncope et l'asphyxie ; la disparition du pouls dans ces deux états, cependant bien distincts, semblait légitimer cette fausse manière de voir. J. \\ Fiank lui-même ne sut pas éviter cet écueil, et il décrivit ensemble la syncope et l'asphyxie.

Ce n'est pas évidemment par l'état du pouls que l'on peut juger de

' Flourons, Histoire de la découverte de la circulation du sang. Pmis, 185i.

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la syncope, car Galieii [De piilsus Prxcognitione, lib. I, cap. m) a vu des individus privés de pouls qui conservaient leur parfaite connaissance. Cœlius Aurelianus, Lancisi (De Mortibus suhitaneis)^ rapportent des faits analogues, et Morgagni parle d'un cas où le pouls resta sans ])attements pendant quarante jours ! Haller et Ramazzini se rangèrent à cette opinion et Borsieri (InsUiutiones medicd^] cite l'observation d'une femme qui marchait, mais dont l'absence du pouls était cependant bien manifeste.

Ce n'est pas davantage sur l'absence des mouvements ou des bruits du cœur que l'on peut faire reposer la syncope, car l'observation clinique infirme tous les jours cette proposition, qui remonte à CuUen; aussi, lorsque Haller, Frank, Burdach, MuUer, Piorry, Bouillaud, Devergie, Orfila et Monneret viennent dire qu'il y a dans la syncope une suspension complète des battements du cœur, ils émettent là une assertion qui ne repose sur aucune preuve et que l'expérience repousse. Ces auteurs, si recommandables d'ailleurs à tant de titres, n'ont guère parlé de la syncope qu'en se guidant sur des vues théoriques ; mais, depuis la découverte due au génie de Laënnec, la science a marché, etl'auscultation est venue jeter un nouveau jour sur la question jusque-là si controversée de la syncope. Il ne faut donc plus parler aujourd'hui de l'absence des mouvements de l'organe central de la circulation dans les mêmes termes qu'au temps où l'on était privé des secours de l'auscultation.

Dans la syncope, l'application de la main sur la région précordiale peut très-bien ne pas faire reconnaître les battements du cœur, cela est vrai; mais appliquez un stéthoscope ou votre oreille sur la poitrine du malade, et vous entendrez très-distinctement les bruits (je dis les bruits, et non pas les battements, car ces derniers peuvent parfois échapper à l'ouïe la plus fine) de l'organe ; ils pourront être faibles et raies, mais ils persisteront. H existe cependant dans leur nature une modilication morbide toute spéciale, je veux parler de leur dédoublement. L'oreille, par exemple, ne perçoit qu'un seul bruit faible et rare au lieu du tic-tac ordinaire. Ce bruit caractéristique existe toujours, et, s il vient à cesser pendant quelques minutes, on n'assiste pas à une syncope, mais on constate le plus important des signes de la mort.

(( Haller n'a-t-il pas exprimé cette pensée, que la vie de l'homme commence par les fonctions vasculaiies, cor primum vivens, ultimum moriens? » — « Le mouvement de ce viscère est le principe de la vie ; il est le lien fragile de l'àme et du corps; c'est ce mouvement, dit le célèbre Louis, qui entretient le feu qui anime nos tissus. Avec lui cesse notre r.\isl(;nce. »

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