‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 17 sur 212 · IMPRESSIONS CLIMATÉRIQUES · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS CLIMATÉRIQUES

en bonne santé, une sorte d'état pléthorique peut être constaté, et c'est alors qu'on observe les hémorragies nasales, les lièvres éphémères suivies ou non d'hémorragie, et guéries par une saignée ou parles seuls efforts de la nature.

Dans l'été, des maladies spéciales, sinon chez nous, dans notre climat, mais au moins dans les pays chauds, se développent en grand nombre. — On y observe principalement les inflammations et les suppurations du foie. La sécrétion de la bile y est plus considérable qu'en hiver ; ses éléments, primitivement formés dans le sang, y restent peut-être, sans être séparés par le foie, et il en résulte ce caractère bilieux des maladies et des fièvres endémiques dans ces malheureux pays. Il y a en même temps des pyrexies, des maladies des voies digestives, des ophtlialmies, etc.

L'automne s'annonce par le retour des inflammations catarrhales des muqueuses observées dans les hivers doux et humides, affections qui deviennent aiguës lorsque l'hiver est froid et sec; par les fièvres intermittentes, l'asthme, et la rapidité des phthisies.

On peut se demander, à l'exemple des anciens qui ont suivi Hippocrate dans cette étude de l'influence des saisons, si les résultats que je viens d'indiquer ont quelque chose de spécial, particulier à la saison, ou si, au contraire, ils ne sont pas la conséquence pure et simple des conditions atmosphériques régnantes. Il est impossible de résoudre cette question, et, tout en croyant pour ma part à une très-grande intervention de l'état de l'atmosphère dans la production des maladies saisonnières, je pense que cela ne suffit pas entièrement pour expliquer la fréquence moyenne ou extrême d'une ou plusieurs maladies à un moment donné, leur gravité et la différence de traitement qu'elles réclament. C'est là un desideratum de la science sur lequel je reviendrai avec plus de détails à propos des constitutions médicales.

Impressions climatériques. — Hippocrate^ nous a le premier montré toute l'influence des impressions climatériques sur le développement physique et moral de l'homme, et sur le maintien de sa santé. Il faut lui rendre justice à cet égard; cette influence, qu'il a exagérée, est très-réelle, et sa manière de voir, complètement partagée par Aristote et Platon, a reçu, de nos jours, la haute sanction de Montesquieu et de Cabanis. Pour Hippocratc, dans les climats tempérés, les hommes ont des mœurs douces et faciles, peut-être manquent-ils de constance dans le travail ; facilement abattus par la fatigue, ils n'ont pas de courage moral et ont un grand attrait pour le plaisir. Supposant ensuite

* De l'air, des eaux et des lieux. OEuvres complètes, trad. par Littré. Paris, 1840,

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un pays montiuHix. inégal, élevé, avec des saisons variables, il en déduit i>our les habitants un grand courage, l'ardeur au travail, l'opiniâtreté, la résistance à la Tatigue et l'aptitude aux grandes entreprises. Dans les pays entuncés. plats, exposés aux vents chauds, avec des saisons peu variables, on trouve des habitants sans courage, mous, indolents, faciles à décourager dans leurs entreprises, et incapables de s'élever à de grandes destinées. 11 accorde aux })enples des pays nus et froids l'iiidomplabilité des mœurs, la fermeté de résolution, la sagacité, rintclligence, et le sentiment de la dignité Inunaino, qui les pousse vers la liberté. C'est à ce propos qu'il cherche à établir riniluonce des climats sur les institutions politiques des peuples et la forme des gouvernements, pensant, avec une grande apparence de raison, qu'un climat chaud, qui énerve les hommes, y favorise l'installation du gouvernemout absolu.

Les impressions climatériques sont en partie produites par l'impression de latmosphére et en partie par l'action du sol, de l'eau et de l'ensendiie dus conthtions extérieures où se trouve l'homme, (les impressions continues et prolongées sont différentes dans leurs résultats, suivant le climat où on les suliit. Klles ont ([uelque chose de tout spécial dans les diinats chauds dans les climats froids et dans les climats tempérés.

L'impression climatéri(iue chaude s'exerce sur l'honnue qui habite la zone terrestre conqirise eiilie les olP degrés de latitude australe et boréale. Klle modilie les j)rincipales fonctions, et en particulier celles des pomnons et de la peau. Klle diminue l'énergie d'action de raj)parcil respiratoire et alTadilit la production de la chaleur aiùmale : l'acide carlK)ni(|ne e^t <'xlialé eu moindre (n'opoilion (pie de coutume, el l<' carbone lonrni par les aliineiiK respiratoires pour èli'e biùlé dans le poumon, ne l'étant pln^ «pi Cii |i;ulie, est éliminé |)ar un antre appareil. leTnie. dont l'actiNité fouctioinielle. considérablement augmentée, s'annonce |);ir l'aboudmice de la sécrétion biliaiic. La sécrétion s|)ermaticpieet la perspiiation cntanéesout également considérables. Toutes les fonctions de la vie orgaiùcpuî languissent, et peu à |)eu se prononœiit les caractères du leinpéiaiuent bili(»so-lvnq)liati(pie. La peau décolorée oITre une teinle spéciale le^ rlievfMix sont châtains et la barbe mal lburiù<*. La cireid.ilion est pln^ :i( li\('. de l:i une tendance, chez les nouveaux veiuis, aux hémorragies et principaleineni aux épistaxis. Les fonctions digeslises sont lentes. (;l la salise. le suc paucréati(jU(^ les li(|ind<'s intestinaux, les matières slercorales el les \u iues, sont uo- Inblemeut diminués dans leur quantité, à cau.se de l'abondance d(^ la lranspirati(ui. L-s forces nmsculaires sont facihîs à épuiser. L'ardeur

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