SIGNES FOURNIS PAR LE POCLS
Pour explorer le pouls à l'artère radiale, il faut y appliquer l'extrémité libre de la face palmaire des trois doigts, index, médius et annulaire, réunis de manière à pouvoir comprimer et relâcher doucement le vaisseau contre le radius, sur lequel il appuie. On apprécie la fréquence, la force, la dépressibilité, la mollesse, la régularité de l'impulsion artérielle. Afin de ne pas se tromper, il faut compter longtemps, un quart ou une demi-minute, il faut compter sur un bras et sur l'autre, à l'aide d'une montre à secondes ou d'un sablier mesurant un quart de minute. Quelques personnes ont conseillé l'usage d'autres instruments de précision, qui sont parfaitement inutiles. Le pulsiloge de Sanctorius, le sphygmomètre Hérisson, lesphygmographe de Vierorht, sont inutiles. Si l'on ne veut que compter le pouls, la montre ou le sablier sont très-suffisants.
Il faut que les malades dont on explore le pouls soient silencieux, calmes et en repos depuis quelques instants, couchés ou assis, et que le membre sur lequel on cherche le pouls soit libre de toute gêne et de toute compression. Ces précautions sont indispensables. En effet, la parole, l'émotion, môme celle de voir le médecin, l'exercice, la station verticale, augmentent un peu la fréquence des battements artériels de la radiale, et la compression des membres peut en altérer le caractère. Généralement il est utile, chez les personnes impressionnables, de tâter le pouls à plusieurs reprises, et sans prétention doctorale, afin d'éviter les erreurs qui peuvent résulter d'une notion inexacte delà fréquence des pulsations. On voit ainsi, chez quelques femmes et chez les enfants, le pouls tomber de 15 à 20 pulsations après quelques minutes de conférence. C'est un phénomène désigné quelquefois sous le nom de poids du médecin.
Le pouls offre d'innombrables variétés de fréquence, de nature et de caractère, suivant l'âge, le sexe et l'idiosyncrasie des individus: suivant les conditions extérieures normales au milieu desquelles ils se trouvent, et suivant 1(3S maladies, leur siège, leur degré, leur danger même, etc. 11 doit être étudié dans sa fréquence, dans son volume, dans sa consistance et dans son rhythme. Malheureusement les différents caractères qu'il présente, variables et mobiles, s'observent si souvent dans des conditions opposées, à l'état normal et à l'état pathologique par exemple, qu'il est impossible d'en tirer des signes aussi certains que plusieurs pathologistes, et notamment Bordeu, l'ont professé.
La fréquence du pouls offre différents caractères que l'on caractérise parles noms de pouls accéléré ou fréquent, d(i pouls lent ou rare.
Le pouls fréquent s'observe dans l'état normal sous riidkiencc des émotions vives, de l'exercice, de la marche ou de la course, de hi di-
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gestion, des boissons alcooliques ou excitantes, chez les femmes et chez les personnes faibles, nerveuses ou excitables, etc. Dans l'état morbide, il résulte de la réaction fébrile qui accompagne la plupart des maladies aiguës et chroniques, et on le rencontre dans certains cas de chlorose et de maladie organique du cœur. Le chiffre des pulsations s'élève à 100, 120, souvent à 140 et au delà, jusqu'à 160 et 200. Continue dans le plus grand nombre des maladies fébriles, la fréquence du pouls ne persiste pas au même degré dans les lièvres et dans les maladies chroniques; elle offre, le matin ou le soir, des redoublements irréguhers qui constituent autant à'exacerbations.
Le pouls rare et lent est celui qui tombe au-dessous de GO pulsations par minute, et on cite des exemples où il a pu s'abaisser jusqu'à 40, oO, 25 et même jusqu'à 20 dans le même espace de temps. Cette lenteur, naturelle chez quelques personnes, résulte ordinairement d'états morbides très-opposés; ainsi on l'observe dans l'ictère, dans la convalescence de la diarrhée, après la guérison du choléra, dans les maladies chroniques du cerveau, dans la commotion cérébrale, dans quelques maladies du cœur, dans l'empoisonnement par la digitale, par le sulfate de quinine, etc., etc.
Du reste, pour bien interpréter ce que signifie la fréquence ou la rareté du pouls, il faut connaître le nombre des pulsations qu'on rencontre, dans l'état normal, aux différents âges de la vie; sans cela, on est exposé à considérer comme signe d'un état morbide une fréquence du pouls qui n'a rien que de fort naturel. De nombreuses recherches ont été faites par Haller, Billard, Valleix, Gorham, Rochoux, Leuret et Mitivié, Trousseau, Dechambre, etc.; mais les résultats obtenus sont si contradictoires, que la question, non résolue, appelle de nouvelles observations. Tant qu'on n'aura pas recueilli un nombre considérable de faits sur des individus en parfaite santé et endormis, afin d'éviter la fréquence que donne l'état de veille, on ne saura rien de précis sur l'état du pouls aux différents âges.
A la naissance et dans le premier mois de la vie, le pouls varie, d'après Ileberden, Gorham, Trousseau, de 120 à 140 pulsations par minute. Dans les deux premières années, il est de 100 à 120 pulsations, puis il tombe graduellement à un cliiffre inférieur, et, vers cinq à six ans, il est environ de 80, comme chez l'adulte. Seulement, le pouls de la jeunesse est entièrement mobile, et le moindre exercice ou la plus légère émotion lui impriment une rapidité que les mêmes circonstances n'engendrent plus à un âge avancé. Chez l'adulte, le pouls reste entre entre 70 et 80, et, dans la vieillesse, il tombe, suivant les uns (Haller, Uochoux), à 00 ou G5, tandis (]ue pour les nulres (Leuret