‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 179 sur 212 · SIGNES FOURNIS PAR L AUSCULTATION DU LARYNX · texte numérisé non relu

SIGNES FOURNIS PAR L AUSCULTATION DU LARYNX

lésion, s'il y en a une, est tout à fait insaisissable. On ne peut conjecturer qu'une chose, c'est qu'il se passe dans l'aphonie, pour les nerfs récurrents, un phénomène analogue à celui qui a lieu dans le nerf facial chez les sujets affectés de paralysie de la face.

Lorsque l'aphonie persiste et passe à l'état chronique, elle tient le plus souvent à une ou plusieurs ulcérations syphilitiques morveuses ou tuberculeuses des cordes vocales. Toutes les fois qu'en dehors de la diathèse farcineuse ou syphilitique on rencontre une aphonie datant de quelques mois ou de plusieurs semaines, il faut craindre l'invasion d'une tuberculisation pulmonaire prochaine.

Art. 111. — SiGKEs fournis par l'auscultation du lar\nx. § I. Des râles laryn^ïés.

L'auscultation, qui a tant favorisé les progrés du diagnostic des maladies de poitrine, n'a pas encore beaucoup servi à la diagnose des maladies du larynx. Laennec n'a rien tiré des applications du stéthoscope sur le conduit laryngo-trachéal, et ce qu'il n'a pu découvrir n'a que bien peu de chances d'être trouvé par un autre.

La science doit savoir gré à un médecin irlandais, Stokes, d'avoir le premier cité quelques faits sur les bruits entendus dans le larynx; mais c'est principalement aux recherches de M. Barth * que l'on doit les connaissances actuelles un peu plus étendues sur la valeur séméiologique des râles laryngés. Malheureusement la signification pathologique de ces râles est incertaine; ils ne constituent point de signes pathognomoniques, et la stéthoscopie du larynx, dans une affection de cet organe, ne doit occuper parmi les éléments du diagnostic qu'une place très-secondaire.

Dans quelques maladies du tube laryngo-trachéal, et notamment dans la laryngite aiguë ou chronique, alors que la membrane muqueuse a subi un certain degré d'épaississement, le l)ruit respiratoire laryngé est râpeux. Lorsque le corps thyroïde s'hypertrophie, lorsqu'il se développe soit un kyste, soit une tumeur dans son voisinage, le bruit respiratoire laryngé devient très-rude; et cela se conçoit, puisque l'organe est exposé à la compression de ses parois et au rétrécissement de son calibre. Dans certains cas d'ulcérations laryngées, dans l'angine pseudo-membraneuse, et même dans la laryngite stridulcusc, on perçoit avec le stéthoscope le ronfleynent laryngé, que M. Barth attribue « aux vibrations de l'air dans un tube dont la surface interne est tapissée par des mucosités visqueuses ou dont le diamètre est rétréci. »

' Archiver générales de médecine^ juillet 1858 et juin 1859.

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Ce ronflement révèle un obstacle au libre passage du fluide élastique, et il a quelquefois, surtout dans le croup, un véritable timbre métallique. Il semble alors que l'air résonne dans le larynx comme dans un tuvau d'airain.

Lorsqu'il s'accumule des liquides, des mucosités ou des matières purulentes à la partie supérieure des voies de l'air, qu'elles sont arrêtées au niveau de la glotte et que les malades n'ont plus la force de les rejeter au dehors par des efforts de toux, on entend à distance un râle humide à grosses bulles ; c'est le râle caverneux laryngé, connu encore sous les noms de râle trachéal et de râle des mourants. Cette dernière et vulgaire appellation s'explique par la fréquence avec laquelle s'observe le râle caverneux-laryngé dans les heures qui précèdent la mort et par la haute et imminente gravité dont il est généralement l'indice.

Dans quelques cas rares d'hémoptysie, M. le professeur Piorry ^ a remarqué que l'auscultation décelait l'existence d'un raie humide dans le larynx, sans rhoncus dans la poitrine ni dans la partie inférieure de la trachée, phénomène qui permet de reconnaître que l'hémorrhagie a son origine dans le larynx lui-même.

Le même auteur pense qu'il est possible qu'un râle humide puisse également se développer dans le larynx, consécutivement à la rupture d'un anévrisme de l'aorte dans les voies aériennes"^.

Enfin, la présence de corps étrangers dans le larynx ou la trachée artère et la production de fausses membranes peuvent déterminer localement une irritation qui provoque une sécrétion anomale de mucosités, et faire naître consécutivement le râle caverneux laryngé, accompagné cette fois d'un tremblotement tout particulier, annonçant qu'il y a de petits corps flottants dans le tube aérien, ou qu'un voih^ mobile membraneux est agité par l'air.

§ II. l>u sililcment laryngé.

Lorsque l'air enfermé dans les poumons éprouve une grande difficulté à franchir la partie supérieure des voies respiratoires, il se fait quelquefois dans les deux temps de la respiration, mais surtout dansl'inspiration, un sifflement laryngo-trachéal très-bruyant, dont le timbre musical, parfaitement reconnaissable , ne saurait induire en erreur. On le remarque surtout dans l'asthme, dans le spasme de la glotte, ou phréno-glottisme, dans le faux croup, dans la coqueluche, dans l'angine œdémateuse et dans les accidents

' Traité de Diagnostic et de Scméiologie, Paris, 1840, t. I, p. -444. "■ Loc. cit., p. 4*28.

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