SIGNES FOUKSIS PAR LE RIRE
(lus soit à l'introduction de corps étrangers dans les voies de l'air, soit à la compression de la trachée artère par une tumeur ou un anévrisme aortique.
Ce serait faire usage d'un moyen d'investigation tout à fait insufiisant que d'appliquer le stéthoscope sur le larynx sans inspecter les organes pulmonaires, car il est très-important de savoir, dans l'angine couenneuse et même dans la laryngite simple, si la muqueuse bronchique et le parenchyme du poumon participent au désordre phlegmasique. En somme, et sans discuter ici la valeur séméiologique des bruits révélés par la stéthoscopie du larynx, car il ne règne encore sur eux dans l'état actuel de la science que des opinions vagues et contradictoires, il est possible d'établir que les bruits respiratoires laryngés, couverts de râles humides perçus à distance indiquent une obstruction du tube aérien par des mucosités purulentes ou par du sang, et que plus les râles sont nombreux, plus le pronostic est grave. Le bruit râpeux indique une affection de médiocre intensité, tandis que le ronflement laryngé, ainsi que le sifflement avec timbre musical, annonce une exsudation muqueuse abondante.
Art. IV. — Des signes FOURiMs par le rire.
Le rire n'a que des rapports éloignés avec l'état pathologique, il est le plus souvent l'indice de la santé et d'une agréable disposition de l'esprit. Le rire consiste en une série de petites expirations saccadées, plus ou moins bruyantes, qui sont dues à des contractions du diaphragme; les muscles qui meuvent la face, et en particulier ceux des lèvres, participent à cet état et provoquent l'épanouissement de tous les traits delà physionomie. Il est des circonstances où ce phénomène, en apparence si normal, et que l'on est habitué à ne considérer que comme l'expression de la joie, s'élève à la hauteur d'un signe diagnostique : c'est, par exemple, lorsque le rire n'est pas motivé par les actes de la vie de relation, par les circonstances du milieu où l'on se trouve, par les conversations, et lorsqu'il se produit sans la participation de la volonté. Les aliénés, les individus qui délirent passagèrement, les idiots, en fournissent à chaque instant des exemples. Les femmes sujettes aux attaques d'hystérie sont également prises quehiuefois d'un rire analogue ; elles l'entremêlent volontiers avec des pleurs et des sanglots, et elles n'ont dans le moment aucune conscience de ces manifestations insolites. Ce trouble spécial et instantané du système nerveux présage souvent l'invasion ou la fm d'un accès convulsif; mais nous avons vu des cas où il se produisait tout à fait en dehors de ces circonstances morbides.
900 DE LA SÉMÉIOLOGIE.
Il est une variété du rire qui a reçu le nom de rire sardonique, parce qu'on l'observe, assure-t-on, chez ceux qui font usage d'une renoncule qui croit en Sardaigne (herbaSardonia). Elle est due à l'entraînement en sens contraire des deux commissures labiales, avec spasme convulsif dans les lèvres et les joues. On a cru voir dans le rire sardonique un symptôme fréquent de l'inflammation du diaphragme et des maladies ataxiques, mais c'est une ancienne assertion que rien ne confirme plus aujourd'hui.
Art. V. — Des signes rouimis par le bâillement.
Le bâillement est une inspiration prolongée involontaire accompagnée d'un écartement convulsif irrésistible des deux mâchoires, et suivie d'une longue expiration. C'est un phénomène réflexe dont la cause est peu connue et qui a pour effet d'introduire une plus grande quantité d'air dans les voies respiratoires, toutes les fois qu'une cause comme le besoin de sommeil, la faim ou l'ennui, tend à la diminuer. Il est souvent accompagné de pandiculationSj c'est-à-dire de mouvements automatiques des bras en haut, avec renversement de la tête et du tronc en arrière et extension des membres abdominaux. Les bâillements et les pandiculations s'observent souvent comme phénomènes précurseurs d'un accès de fièvre intermittente, et notamment dans l'hystérie, dans le somnambulisme et la catalepsie, etc., etc. C'est un symptôme vague dont la signilîcation n'a rien de spécial.
Art. VI. — Des SIGNES fournis par l'éternument.
L'éternument est un mouvement subit et convulsif des muscles expirateurs, par lequel l'air, brusquement rejeté au dehors, va se précipiter, en occasionnant un grand bruit, dans les anfractuosités des fosses nasales, et y chasse les produits muqueux et les corps étrangers qui s'y trouvent. L'éternument est un symptôme caractéristique du coryza, car c'est habituellement par des picotements incommodes et une espèce de chatouillement entraînant des éternuments d'abord rares, puis de plus fréquents, que débute l'inflammation de la muqueuse nasale. Néanmoins, lorsque l'éternument est isolé et qu'il a lieu, comme chez certaines personnes, sans cause appréciable, il n'a aucune importance diagnostique. Dans l'enfance, il accompagne toujours la première période de la rougeole, et il y a en même temps lièvre, larmoiement et catarrhe bronchique. Ce fait, bien connu et dont j'ai souvent parlé \ a été signalé en ces termes par
' 'l'raiLc pratique des maladies des nouveaux-nés et des enfants à la mamelle.