‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologie (volume 2)Chapitre 183 sur 212 · DE LA RESPIRATION NORMALE · texte numérisé non relu

DE LA RESPIRATION NORMALE

accélérée. On remarque assez habituellement que le chiffre des mouvements respiratoires est dans un rapport presque exact avec celui des battements du pouls, comme 1 est à 4.

Chaque respiration se compose de deux mouvements successifs , entièrement distincts dans leur mécanisme et opposés dans leur résultat : Y inspiration, phénomène actif, s'opéra iit par des contractions musculaires et ayant pour but d'introduire l'air dans le poumon, c'est-à-dire dans les cellules pulmonaires; Y expiration , purement passive, se produisant par la cessation de ces contractions, par l'élasticité du tissu pulmonaire qui revient sur lui-même, et dont le résultat est l'expulsion de l'air qui a servi à la respiration.

Sans vouloir entrer ici dans l'histoire physiologique de l'acte respiratoire, nous devons attirer un instant l'attention sur quelques différences qui existent, suivant les âges et les sexes, dans le mécanisme des deux temps dont il se compose. Chez l'enfant, c'est plus particulièrement par le mouvement d'élévation des côtes que se fait l'inspiration ; chez le viedlard, au contraire, la mobilité des côtes étant grandement diminuée par l'ossification des cartilages du sternum, c'est principalement par le diaphragme qu'elle s'accomplit. Un phénomène mohis facile à expliquer, et qui est établi par MM. Beau et Maissiat, dans leurs Recherches sur le mécanisme de la respiration, c'est que, dans l'âge adulte, l'inspiration, chez l'homme, a une prédominance bien marquée à s'exercer par l'action du diaphragme, l'un des dilatateurs les plus énergiques de la cavité du thorax, tandis que, chez la femme, la dilatation se fait beaucoup plutôt par les muscles intercostaux, scalènes, etc., et moins parle diaphragme; en un mot, chez l'homme la respiration est à un haut degré diaphragmatique ou abdominale; chez la femme elle est surtout thoracique ou costale. Nous verrons plus loin de quelle importance est cette distinction au point de vue pratique.

Les deux mouvements dont l'accomplissement constitue l'acte respiratoire ont, à bien peu de chose près, la même duiée. Cependant, s'il y avait une différence appréciable, il semblerait, à l'examen extérieur, que l'expiration fût un peu plus lente, un peu plus prolongée que l'inspiration. Au contraire, lorsque l'on pratique l'auscultation de la poitrine, on reconnaît de la manière la plus évidente que le bruit inspiratoire est, en réalité, beaucoup plus long que le bruit qui se produit pendant l'expiration. C'est là un point assez important sur lequel nous reviendrons dans le cours de ce chapitre.

Nous avons dit, au commencement de ce paragraphe, que dans l'état de santé la respiration n'est accompagnée d'aucun bruit. On a

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déjà compris que nous n'entendons parler ici que des bruits perceptibles à distance, et nullement de ceux que nous révélera plus tard l'auscultation. Normalement, un frémissement à peine sensible l'accompagne; la présence de mucosités dans les fosses nasales ou dans le pharynx, la diminution, par une disposition physiologique individuelle, du caUbre des voies destinées au passage de l'air, peuvent produire pendant le sommeil un ronflement passager. La production de bruits particuhers perceptibles à distance est un résultat de la maladie des bronches ou du poumon, et nous en parlerons plus loin. Chacun des phénomènes physiologiques que nous venons de passer en revue peut <^tre modifié sous l'influence des affections de l'appareil respiratoire.

§ II. Fréquence de la respiration.

Dans toutes les affections aiguës fébriles, la respiration s'accélère, et, dans un temps déterminé, le nombre des mouvements respiratoires et expiratoires est plus considérable qu'à l'état de santé. Le rapport normal de 1 à 4, relativement au pouls, cesse d'exister. La nature de l'affection, son siège, sont autant de circonstances qui peuvent et doivent le faire varier. Il est facile de comprendre qu'une maladie du poumon accélérera la respiration plus qu'un rhumatisme articulaire, lequel aura cependant produit une augmentation très-considérable des pulsations artérielles. Il n'est pas extrêmement rare, dans les affections thoraciques, de voir la respiration doubler de vitesse, monter à trente-six, quarante par minute, tandis que le pouls ne dépasse pas quatre-vingt-dix ou cent dans le même espace de temps. Cette fréquence relative peut devenir souvent précieuse pour le diagnostic de certaines altérations profondes de l'appareil respiratoire que la symptomatologie ordinaire n'aurait pas suffi à faire rccormaître, ou que l'on n'aurait pas même soupçonnées, en l'absence de tout phénomène extérieur.

Le nombre des inspirations peut devenir très-considérable, s'élever à cinquante, soixante, quatre-vingts et même plus; on a constaté jusqu'à cent respirations par minute chez des enfants atteints de pneumonie double ; mais nous rappellerons qu'à cette période de la vie la respiration normale est plus ii'équcnte qu'à l'âge adulte, et, dans l'appréciation du phénomène pathologique, il faut toujours tenir compte du phénomène correspondant dans l'état de santé.

Plus, dans le cours d'une maladie, la respiration devient fréquente, et plus on doit supposer que le danger augmente. Sans vouloir poser de règle invariable et absolue, nous croyons pouvoir établir qu'une respiration qui dépasse soixante par minute chez l'adulte

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