RESPIRATION DES CHOLÉRIQUES
A. Début de la maladie.
Acide carbonique produit. . . 2,72 0/0 ) „ , ^^
A ' ' o no 1 Rapport, 0,20.
Oxygène consomme 2,92 \ tr » '
B. Période algide.
Guérison. Cas graves. Cas très-graves.
Acide carbonique. . . . 1,80 0/0 1,45 à 1,68 0,23 à 0,77 à 0,81.
Oxygène consommé. . . 2,42 0/0 2,02 à 1,75 1.030.
§ VIII. Respiration bruyante à distance.
L'étude des signes les plus importants que fournit l'appareil respiratoire, par l'auscultation médiate et immédiate, doit encore être précédée d'un court paragraphe relatif à Fexamen des bruits gutturaux que l'oreille perçoit à distance, c'est-à-dire sans être appliquée sur les parois tlioraciques.
Dans l'état de santé, la respiration se fait sans bruit guttural appréciable. Cependant il est des individus parfaitement bien portants chez lesquels, pendant le sommeil, se produit un ronflement plus ou moins fort. Ce bruit est dû, soit à l'hypertrophie des amygdales, à une disposition particulière des parois des cavités nasales et pharyngiennes, lorsqu'il est habituel; soit, lorsqu'il n'est qu'accidentel, à un gonflement passager de la muqueuse de ces cavités, déterminée par une inflammation légère et catarrhale, un coryza, une amygdalite, une angine, ou encore à la présence de mucosités qu'il suffit d'expulser pour faire cesser le ronflement. Le ronflement ne peut avoir de valeur comme signe diagnostique dans les maladies qu'autant que Ton est certain que le sujet, dans l'état de santé, ne produit pas ce bruit pendant le sommeil; même dans ces cas, il n'a pas une bien grande importance, bien que l'on ait cru quelquefois qu'il annonçait le début du coma dans certaines affections du cerveau, ou dans les complications cérébrales de la fièvre typhoïde.
Dans un assez grand nombre de maladies graves, chaque expiration s'accompagne d'un bruit assez semblable à un soupir; cette respiration, plaintive ou gémissante, ne se rattache à aucune affection déterminée, et s'observe chez les individus pusiflanimes lorsqu'ils sont en proie à une douleur un peu vive.
Il n'en est pas de môme de la respiration sifflante ou sibilante, qui indique presque toujours un obstacle mécanique au passage de l'air, soit qu'il vienne d'un œdème des replis arythéno-épiglottiquos et de h» glotte; d'une diminution dans le calibredes gros tuyaux broncliiciues de
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la trachée ou du larynx, à la suite d'un gonflement inflammatoire, soit qu'il dépende de la compression d'une de ces parties par une tumeur extérieure, aiguë ou chronique, abcès, goitre, etc. Ce sifflement peut ne se faire entendre que pendant un des mouvements respiratoires. Dans l'asthme, dans l'emphysème pulmonaire, ce sifflement, quelquefois excessivement intense et bruyant, n'existe guère que pendant l'expiration. 11 a lieu pendant l'inspiration chez les individus affectés d'angine grave ou d'œdème de la glotte, dans le croup, au milieu des quintes de coqueluche, et lorsque le malade cherche à reprendre haleine. Dans ce dernier cas, il est presque pathognomonique. Enfin, une des dernières modifications des bruits respiratoires perceptibles à distance que nous ayons à signaler, c'est le râle trachéal produit par le passage de l'air dans la trachée au travers ou à la surface des liquides visqueux qui l'obstruent, et dont le malade ne peut se débarrasser par l'expectoration. Il existe dans l'hémoptysie foudroyante, dans les vomiques ; mais c'est dans la dernière période des maladies graves qu'on l'observe principalement, et il signale, souvent plusieurs heures d'avance, la fin prochaine des individus ; c'est le râle de l'a-
gonie.
§ IX. Des bruits respiratoires normaux.
Lorsque l'on applique l'oreille sur les diverses parties de la poitrine, soit immédiatement, soit médiatement en interposant entre elle et les parois tlioraciquesle stéthoscope, on entend, à l'état normal, une série de bruits toujours les mêmes, quand on examine des points semblables de l'appareil respiratoire, mais variables suivant les différentes régions que l'on explore. Ce sont ces bruits, découverts par Laenncc il y a une quarantaine d'années, et dont cet illustre médecin a tiré un si merveilleux parti pour le diagnostic des maladies du poumon, qui constituent les bruits respiratoires normaux.
Au niveau du larynx, l'oreille ou mieux le stéthoscope fait reconnaître un double bruit de souffle doux ; le premier, produit par l'inspiration, est plus prolongé et moins fort que le second, déterminé par l'expiration. La durée des deux bruits est à peu près égale chez l'enfant, chez lequel la différence d'intensité seule persiste.
Sur le trajet de la trachée-artère, le bruit est le même, soufflant, mais moins fort qu'au niveau du larynx, ce qui tient à deux causes, d'abord au calibre plus grand et plus uniforme de la trachée, dans laquelle, par conséquent, l'air circule plus librement et sans frottements aussi marqués, puis à la profondeur plus grande des parties que recouvrent le sternum, les téguments et le tissu cellulaire plus ou moins épais, tandis que le larynx est tout à fait sous-cutané. Ce bruit