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DES SIG.NES FOURNIS PAR LE VOMISSEMENT

Pour bien comprendre ce phénomène, il faut analyser la succession des faits qu'on y observe.

C'est d'abord une sensation particulière qu'on n'explique pas plus que certaines excrétions, un besoin qu'on appelle nausée. Cette sensation intime est le résultat d'une impression subie par Torgane luimême, sensation provoquée tantôt par des corps étrangers, tantôt par des aliments pris en excès, tantôt par des sucs viciés, par des lésions organiques, etc.

L'estomac paraît être le siège de cette impression ; mais c'est évidemment dans le système cérébro-nerveux qu'elle réside.

Les physiologistes des siècles derniers ont cherché à savoir quel est le rôle de l'estomac dans le vomissement. Les uns, Bayle, Chirac, Duverney, à la suite d'expériences dans lesquelles ils avaient enlevé les muscles abdominaux d'un chien, ont remarqué que le vomissement ne se produisait pas. Pour eux, l'estomac était passif. Lieutaud, Haller, Portai, crurent observer qu'il y avait pendant le vomissement contraction des libres propres de l'estomac, rétrécissement du viscère et rejet des matières qu'il contenait.

Magendie, en 1813, reprend toutes ces expériences. Tl fait avaler de l'émétique à un chien, l'animal vomit; il ouvre l'abdomen, en écarte les muscles, les vomissements cessent; il réunit par une suture les muscles divisés, les vomissements reparaissent sous l'intluence des contractions du diaphragme et des muscles de l'abdomen. Il tire l'estomac hors de la cavité abdominale, les vomissements s'arrêtent; il le remet en place, ceux-ci recommencent. Substituant alors à l'estomac une vessie de cochon pleine de hquide coloré, les phénomènes se produisent de la même manière. Enfin, laissant l'estomac intact, coupant les nerfs diaphragmatiques, enlevant les muscles du ventre, ne laissant de paroi à l'abdomen que le péritoine, le vomissement est impossible. Magendie crut alors avoir démontré d'une manière péremptoire que l'estomac est dans le vomissement un réservoir inerte, que les muscles abdominaux et le diaphragme en sont les principaux agents.

Magendie était trop exclusif dans son opinion; Maingault, la même année, lui a opposé des expériences dans lesquelles on voit des animaux vomir sans muscles abdominaux et sans diaphragme.

Bichat, Tiedemann et Gmelin, etc., ont cru, de leur côté, que les mouvements de l'estomac dépendent du nerf vague ou pneumogastrique ; d'autres ont cru en trouver la raison dans l'action du grand sympathique.

D'où vient cette divergence d'opinions?

M. Longet a recommencé ces diverses expériences et est arrivé à ce

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résultat que, durant la ehimifkation, les mouvements de l'estomac dépendent de la paire vague et non du grand sympathique. Toutefois, considérant que « le tronc mixte du nerf vague et ses cordons œsophagiens en particulier renferment dans leur épaisseur même un grand nombre de lilets empruntés au grand sympathique, » et que ces mêmes cordons, excités artificiellement, produisent des contractions qui ne se manifestent que quelques secondes aiirès l'irritation, tandis que les nerfs céphalo-rachidiens la produisent instantanément, il admet ici une action mixte.

11 résulte de ces faits qu'il y a une connexion intime qui existe entre le grand sympathique de l'abdomen et le système nerveux de l'estomac ; que le cerveau commande le vomissement et que les muscles de l'estomac, ceux de l'œsophage, du diaphragme, de l'abdomen, concourent à le produire. C'est un phénomène réflexe, produit par la transformation des impressions morbides éprouvées par l'estomac et les différentes parties de l'appareil cérébro-nerveux.

Ces considérations générales étaient nécessaires pour comprendre le mécanisme de ce phénomène, si important au point de vue séméiotique, car très-souvent il met le médecin sur la voie d'une maladie qui n'offre pas encore des caractères bien tranchés. Nous en excepterons toutefois le premier âge, époque à laquelle le vomissement de lait est facile et constitue un phénomène presque naturel.

A la suite d'impressions morales particulières, d'une saveur, d'un sentiment de dégoût, d'un souvenir, du mouvement cadencé du corps, etc., il survient des vomissements chez une personne présentant toutes les apparences de la santé et chez laquelle toutes les fonctions s'exécutent normalement. D'autres fois ils apparaissent au début d'une maladie générale ou locale, d'une péritonite, d'une variole, etc.; quand le cours de la bile est intercepté par des calculs biliaires ; quand il y a un trouble quelconque de l'économie ; au début d'une grossesse; enfin dans certaines affections de l'estomac lui-même; dans la gastrite, dans la gastralgie, dans certaines maladies organiques, etc.

Relativement à ces causes différentes, le vomissement est considéré comme idiopathiqiie, sympathique ou symptomatique.

Nous appelons vomissements sympathiques ceux qui résultent d'une impression) provoquée par un trouble quelconque de l'organisme, pourvu toutefois que ce trouble ne dépende point d'une lésion de l'estomac lui-môme; dans ce dernier cas, les vomissements sont le symptôme de la lésion de l'estomac ; ils sont symptomatiques.

Les vomissements idiopatJiiques sont ceux qui ne rentrent dans au-

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