DES SIGNES FOURINIS PAR LE VOMISSEMENT
cune de ces deux catégories; tels sont les vomissements qui surviennent à la suite d'impressions morales, par imitation, ou bien lorsque le corps est soumis pendant un certain temps à un mouvement cadencé, tel que le balancement, le roulis d'un vaisseau, la valse, etc.
En connaissant l'influence du cerveau sur le vomissement, on comprend facilement pourquoi les vomissements sijmpatliiques sont si communs. Perrault, un des premiers, soutint que les sympathies se faisaient par l'intermédiaire du cerveau; Astruc alla plus loin, il démontra que les sympathies n'avaient lieu que par le cerveau, contrairement à Vieussens et à Boerhaave, qui admettaient une sympathie particulière des organes entre eux.
« Les sympathies les plus marquées de la tête avec les autres parties sont celles avec l'estomac et le foie. Le mal de tête ôte d'abord l'appétit, et le vertige, qui a son siège dans la tête, donne des nausées et souvent des vomissements même; les premiers accidents des plaies, des contusions, des épanchemeuts qui attaquent le cerveau, sont aussi très-souvent des vomissements ; tous ces faits prouvent l'extrême influence de l'état de la tête sur l'estomac \ » C'est par eux sans doute que quelques philosophes ont été conduits à placer le siège de l'âme dans l'estomac.
Presque toutes les affections du cerveau sont donc précédées ou accompagnées de vomissements, depuis la simple hèmicrânie ou migraine jusqu'aux productions étrangères qui se forment dans la cavité crânienne. On les observe dans les hémorrhagies cérébrales abondantes, dans les empoisonnements par les narcotiques, dans la lipothymie, dans la méningite, dans le ramollissement, dans les tubercules du cerveau, symptôme précieux pour le diagnostic de cette maladie si fréquente chez l'enfant. Ils se produisent également lorsqu'il se développe des tumeurs osseuses, ou squirrheuses dans le cerveau, dans l'hydropisie des ventricules, etc.
Morgagni rapporte l'histoire d'un prêtre distingué de Tordre de Saint-Augustin, qui mourut après avoir été sujet à des vomissements fréquents liés à la présence d'une tumeur dans l'hypocondre droit. L'autopsie fit découvrir dans la vésicule neuf calculs de différentes formes ; le foie était extrêmement volumineux et rempli de stéatomes. En un mot, l'hépatite, les abcès du foie, les dégénérescences de cette glande, peuvent, soit sympathiquement, soit mécaniquement, en comprimant l'estomac, amener des vomissements.
* Tissot, Mal. des nerfs, eh. m, art. ii, des sympathies.
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On les observe encore dans les maladies du pancréas, soit par altération de l'organe, produisant une sécrétion viciée, soit enfin par le fait d'une tumeur comprimant les organes voisins. Morgagni ne sait positivement s'il faut attribuer ces vomissements à une sorte d'irritation de l'estomac ou bien à l'obstacle mécanique apporté par la tumeur.
11 y a une sympathie très-marquée entre l'estomac et l'utérus. C'est un fait qui a frappé l'esprit des premiers observateurs. Hippocrate a signalé les vomissements aigres dans certains cas de dysménorrhée, dans les coliques menstruelles. Stoll cite une personne qui, à la suite d'une frayeur, eut une suppression menstruelle, et aussitôt survinrent des nausées, puis des vomissements qui diminuaient quand les régies revenaient pour reparaître ensuite au moment de leur suppression.
Dés les premiers jours de la conception, les femmes éprouvent souvent du dégoût, des nausées, des vomissements, qui durent plus ou moins longtemps. Quelquefois même les vomissements sont incoercibles, et, lorsque les malades succombent, lanécropsie ne montre rien dans l'estomac. Guersant et Dance ont publié chacun deux faits de mort à la suite de vomissements incoercibles dans lesquels les recherches anatomiques ont été infructueuses. Dance a trouvé l'estomac sain et les parois de l'utérus flasques ^
« Souvent, dit Tissot, les nausées continuelles sont un des premiers symptômes de l'inflammation commençante de la matrice après les couches. Si l'on s'y méprend et si l'on attribue les nausées à la faiblesse de l'estomac, la malade est perdue. »
On observe encore des vomissements au début de la péritonite, de la cystite inflammatoire ou calculeuse, de l'œsophagite dans la néphrite aiguë, dans les coliques néphrétiques simples ou calculeuses, dans l'albuminurie à forme chronique, dans l'étranglement intestinal, levolvulus, etc.
Enfin ils ont quelquefois pour cause la présence de vers dans le canal intestinal, « des hémorrhoïdes gonflées de. l'intestin rectum*. » Il est une autre sorte de vomissements qu'on doit ranger dans la catégorie des vomissements sympathiques, nous voulons parler des vomissements par métastase. « M. Chomel pense que les affections que l'on qualifie assez généralement de gastralgies et d'entéralgies... doivent plutôt, dans la grande majorité des cas, être regardées
* Rép. d'an, et dephysiol.
« Stoll, aph. 600.