CAUSES PRÉDISPOSA>TES LXDIVIDUELLES
chancre est très-longtemps sans pouvoir en contracter de nouveau; mais un jour arrive où l'immunité disparait, et il est susceptible de gagner un nouvel ulcère syphilitique. Les sujets inoculés de belladone au moment d'une spidémie scarlatine doivent l'être de nouveau dans une seconde épidémie, car il n'est pas sûr que l'immunité leur soit restée.
G. Iniluence des babiludes.
L'habitude est la force intérieure qui pousse Forgaiiisme à répéter d'une manière presque irrésistible les mêmes actes qu'il a plus d'une fois volontairement accomplis. Bien exploitée, cette force doit être le guide de la vie morale et de l'éducation physique de l'homme ; mais, abandonnée à elle-même, sa tyrannie ne tarde pas à se traduire par l'excès des passions et par des maux sans nombre.
L'habitude mal dirigée des actes intellectuels, moraux, sensitifs et organiques, exerce une influence prédisposante morbifique très-grande, soit qu'elle rende périodiques et irrésistibles des actes ordinairement soumis à l'empire de la volonté, soit qu'elle trouble la régularité des fonctions naturelles; elle engendre des désordres quelquefois trèsgraves et qui constituent de véritables états morbides.
Chez les petits enfants, l'habitude de leur donner à teter à tout moment les rend difficiles et leur occasionne de fréquentes indigestions suivies d'entéro-colites fort graves. Ij'habitude de les bercer les dispose aux congestions cérébrales et aux maladies du cerveau. Celle de leur donner prématurément des aliments gras les dispose au rachitisme.
Chez l'homme adulte, l'habitude de dormir longtemps; celle de trop boire ou de trop manger; l'usage d'un régime exclusivement animal on végétal; l'habitude des boissons alcooliques; celle de saliver, de copnler, de retenir les urines ou les matières fécales; l'habitude de himer, de porter de la flanelle, etc., sont autant de causes prédisposantes morbiliques. Elles favorisent le développement de la pléthore, des lièvres muqueuses, des embarras gastriques, de la goutte et delà gravelle, de l'ivresse, du tremblement et du déhre alcooliques, de la phthisie, de la paralysie de vessie, du catarrhe vésical et des maladies de la prostate, de la constipation, des hémorroïdes et de l'hypocondrie, qui en sont la conséijuence, elc, etc.
L'habitude de ti'availler constamment à de petits objets délicats et imperceptibles, chez les graveurs et les microgra[)hes, vcjid myope absolument comme l'habitude opposée, celle, par exemple, d'étudier le paysage à de grandes distances et de lever des plans, peut rendre presbyte. Toutes les habitudes vicieuses des organes des sens ont des
INFLUENCE DES PROFESSIOIN'S. 45
conséquences analogues et produisent des troubles qui sont en rapport avec la fonction de l'organe fatigué, et je ne linirais pas si je voulais spécifier tous les cas particuliers de maladie qui peuvent résulter d'habitudes vicieuses des sens ou des organes principaux de l'économie. Ceux que j'ai rapportés sont suffisants pour démontrer la réalité du fait; à d'autres le soin d'en déduire toutes les conséquences.
Tout ceci n'est applicable qu'aux habitudes mal dirigées, c'est-àdire à celles que leurs inconvénients forcent d'appeler mauvaises et vicieuses, car il n'en est pas toujours ainsi, et il y a une foule d'habitudes, au contraire, qui sont très-favorables au maintien et à l'exercice de la santé. Je n'avais à parler ici que de celles dont l'influence morbifîque est bien établie, et c'est ce que j'ai essayé de faire.
D'une manière générale, les habitudes émoussent la sensibilité des tissus et des organes ; elles affaiblissent leur action, épuisent la dose de force vitale qu'ils renferment, et, de même qu'un bras qui a levé vingt fois de suite un poids de KjO kilog. ne peut plus agir, les organes épuisés tombent dans un état d'atonie, qui, s'il se répète et se prolonge beaucoup, devient le point de départ de troubles variés qui se transforment et constituent autant de maladies différentes.
H. Intluencc prédisposante morbifîque des professions.
Si les différentes professions auxquelles l'homme est susceptible de se livrer exercent sur la santé une influence quelquefois avantageuse, il n'en est pas toujours ainsi, et le plus grand nombre, au contraire, exercent ime influence défavorable. Soit qu'elles modifient le tempérament et donnent de mauvaises habitudes au corps ; soit qu'elles l'exposent à une fatigue spéciale ou à l'action d'agents hygiéniques dangereux par leur excès, la chaleur, par exemple ; soit enfin qu'elles le placent dans un milieu délétère ou toxique, leur action différente et variée reste incontestable. La plupart d'entre elles agissent comme de véritables causes prédisposantes, c'est-à-dire d'une manière insidieuse, en préparant de loin les manifestations morbides par une altération préalable de l'organisme, tandis qu'un petit nombre, au contraire, par leur action énergique et brusque, sont à la fois causes prédisposantes et occasionnelles.
L'étude de l'influence des professions a eu cet excellent résultat de faire connaître leurs causes d'insalubrité. En appréciant leur influence morbi(i(|ue, on a pu trouver les moyens de s'en garantir. Malheureusement il en est encore un grand nombre dont l'influence fâcheuse bien connue n'a encore pu être conjurée. Voici quelques .
46 CAUSES PRÉDISPOSANTES LNWVIDUELLES.
exemples qui prouvent de quelle manière les professions agissent sur la santé de l'homme.
Les professions sédentaires et libérales qui assujettissent l'homme au travail du cabinet, aux veilles, aux efforts d'imagination, à l'entraînement fébrile de la composition intellectuelle, ont une intluence très-grande sur la digestion, sur la nutrition et sur les fonctions du cerveau. Elles créent des habitudes d'immobilité fâcheuses pour la régularité des digestions, ou elles engendrent une sorte de fièvre nerveuse qui échauffe le corps et affaiblit la vitalité des organes. Elles prédisposent au développement do la gastralgie, de la dyspepsie, de la constipation, des hémorroïdes, de l'anémie, de l'hypocondrie, et souvent de l'aliénation mentale.
Les professions manuelles, dans une atmosphère rendue impure par la soustraction d'oxygène, par l'augmentation de l'acide carbonique, ou par l'addition de substances étrangères gazeuses ou solides exercent une influence opposée, souvent spéciale. Les unes prédisposent à l'asphyxie, comme celles de brasseur, de plâtrier, de mineur, de cureur de puits, etc. ; les autres aux maladies des bronches, comme chez les doreurs parla voie hvmiide. et les fabricants de produits chimiques , les professions dans lesquelles on prépare le mercure, le plomb, le cuivre, le phosphore, le quinine, le chromate de potasse, prédisposent aux maladies mercurielles, saturnines, à la colique de cuivre, à la nécrose des os maxillaires, à la roséole quinique et à la perforation de la cloison nasale. Celles qui soulèvent dans leur exercice des masses de poussière, minérale ou organique, agissent sur l'appareil respiratoire, l'excitent et font souvent naître des maladies chroniques du poumon, et principalement la phthisie pulmonaire. Chacun sait que les plâtriers, les tailleurs de cailloux, les polisseurs d'aciers, les cardeurs de laine, les phmiassiers, cotonniers, fabricants d'amidon, etc., sont, plus que d'autres, exposés à la bronchite et au développement consécutif de tubercules pulmonaires. Cela ne saurait surprendre, si l'on réfléchit que des particules, métalliques, minérales ou végétales, entraînées par l'air, viennent tomber au milieu des cellules du poumon et s'y fixer comme autant de corps iriilants, noyanx de congestion et de tuberculisation.
Les professions qui s'exercent au milieu des émanations végétales et animales prédisposent les ouvriers, les uns aux lièvres intermittentes, les aulres aux typhus, aux maladies charbonneuses, à la pustule mahgne, etc. 11 y en a qui obligent leurs employés à subir l'influence d'une grande chaleur, comme on le voit chez les verriers, les fondeurs de métaux, les chauffeurs de machines, les boulangers, les
liNFLUEISCE DE l'aLIMEiNTATIOIS. 47
raffmeurs de sucre, les cuisiniers, et il en résulte pour ces individus une pâleur très-grande de la peau, une activité très-grande des fonctions de cet organe, ce qui les rend très-susceptibles aux variations de température, et enfin les prédispose aux phlegmasies viscérales profondes. D'autres portent leur action fâcheuse sur un organe, sur un tissu, ou sur un appareil des sens. Les cavaliers sont disposés aux hernies et à la varicocèle ; les chanteurs et les crieurs, aux affections du larynx; les débardeurs, à certaines maladies de la peau des extrémités inférieures; les écrivains, à la contraction et à la paralysie du pouce et de l'index; les graveurs, aux ophthalmies, à l'amaurose, etc.
Tous ces exemples doivent suffire, et on pourrait les multiplier à l'inlini pour démontrer que chaque profession, par les différentes habitudes qu'elle fait naître, par le genre d'exercice intellectuel et corporel auquel elle oblige, par l'atmosphère qu'elle force à respirer, y compris les poussières, les gaz et les émanations qui s'y trouvent, etc., agit directement ou indirectement, par des impressions habituelles, sur l'organisme, de manière à modifier les fonctions d'un tissu, d'un organe ou d'un appareil, et, finalement, à favoriser le développement des maladies.
/. Influence prédisposante moibifique de l'alimenlation.
Autour de nous et en nous existent, parmi les choses les plus habituelles à notre usage, des causes de maladie et de destruction. Nos aliments, source du développement et de l'entretien des organes, sont en même temps l'origine de désordres graves susceptibles de les détruire. Différents selon les âges et selon les conditions variables de chmat et de société dans lesquelles l'homme passe sa vie, ils peuvent encore, par leur quantité ou par leur insuffisance, par leur nature et leurs qualités, ne pas convenir à ceux qui en font usage. Les impressions qu'ils produisent, ordinairement salutaires et réparatrices, se transforment en action irritante et nuisible, et il en résulte une prédisposition réelle au développement d'un certain nombre de maladies.
Rien ne convient mieux au nouveau-né que le lait, et, si on lui donne des aliments solides ou des aliments gras, il survient quelquefois des vomissements, de la diarrhée, l'entéro-colite ou le rachitisme.
Chez l'adulte, le régime animal, presque exclusivement adopté par quelques personnes dans l'intention de favoriser le développement du corps, a pour effet la stimulation constante des voies digestives, d'où résulte une constipation et une soif habituelles. La peau reste chaude, sèche, fébrile; le pouls est Fort et plein; le sang perd une parti(3 de son
48 CAUSES PRÉDISPOSANTES INDIVIDUELLES.
eau et s'enrichit de globules et de fibrine; l'urine, rare et acide, dépose de l'urée et de l'acide urique en abondance. De telles modifications sont la préparation ou la prédisposition à la pléthore, aux phlegmasies en général et aux phlegmasies intestinales en particulier, à la grayelle, aux calculs, etc. On mange trop de viande en France dans les grandes villes, et cette habitude, que les médecins ont tant contribué à répandre, me paraît être très-préjudiciable à la santé publique. Les paysans, les nègres, ne mangent presque jamais de \iande, et ils sont assurément plus forts et plus robustes que les carnivores habitants de nos cités.
Le régime végétal même exclusif n'a jamais, sur la santé, autant d'inconvénients que le régime animal. Cependant il détermine, avec le temps, l'atonie des voies digestives, la lenteur des digestions, la pneumatose intestinale, l'abondance et la mollesse des matières fécales, la diarrhée enfin, et avec tout cela une tendance au refroidissement accompagné de faiblesse générale. Cette alimentation prédispose à l'anémie, caractérisée par la diminution proportionnelle de la fibrine, des globules et de l'albumine, et plus tard à l'anasarque et aux hydropisies, comme toute ahmentation insuffisante. Elle favorise le développement des gastralgies, de la pneumatose intestinale, des entérites et des ascarides lombricoïdes.
L'usage exagéré des friiits, qui revient chaque année dans la saison chaude, en raison de l'eau qu'on y trouve et dont on a tant besoin, est une prédisposition manifeste au développement de maladies spéciales, arrivant à la fin de l'été et causant quelquefois de grands ravages, je veux parler de la dyssenterie et du choléra sporadique.
Les peuples icthyophages du Nord sont pales, mous, et offrent les caractères extérieurs de l'anémie. Ils sont prédisposés aux maladies de la peau, aux maladies de voies digestives et aux hydropisies.
L'alimentation surabondante, et c'est là le défaut de l'habitant des villes, qui mange beaucoup plus que ne le comporte son genre de vie, produit des effets à peu près semblables à ceux d'une nourriture fortement animale. Elle augmente la masse du sang, qui devient plus riche dans tous ses éléments, et elle prédispose à la pléthore, aux congestions, aux hémorragies cérébrales, à la gravelle, à la goutte, etc. . tandis que l'alimentation insuffisante a des résultats diamétralement opposés. Elle détermine, avec l'anémie et l'altération correspondante du sang, une prédisposition au développement des hydropisies, du scorbut, des scrofules et des tubercules.
L'alimentation uniforme et non variée a tous les inconvénients de l'alimenlation insulfisante. Au bout d'un certain temps, elle cesse de
INFL' E>'CE DE l'alimentation. 49
stimuler convenablement l'estomac; en produisant l'habitude des mêmes impressions, l'absorption se fait moins complètement, et il en résulte une dyspepsie qui altère plus ou moins profondément la nutrition.
L'alimentation, essentiellement \ariable, suivant l'âge, le sexe, les climats chauds ou froids, impose à chacun l'obéissance aux règles d'hygiène tracées par Texpérience pour ces cas particuliers, et il est "^ difficile, pour ne pas dire impossible, de les franchir sans trouver dans cette infraction une cause prédisposante de maladie. Les faits qui précèdent sont la preuve de ce que j'avance, et je n'insisterai pas davantage.
Les boissons si nombreuses dont l'homme fait usage pour sa nourriture ou son plaisir joignent leur action à celle des aliments pour fortifier l'organisme, et, dans quelques circonstances fâcheuses, pour en troubler les fonctions naturelles. — Leur influence est immédiate et occasionnelle, ou, au contraire, prédisposante, lorsqu'elle se traduit par une modification préalable et lente de l'organisation. — Je ne parlerai ici que de cette dernière influence.
Indépendamment de leur origine ou de leur nature, qui peut être une cause prédisposante morbilique, les boissons aqueuses, par leur température et leur quantité, ont une action très-puissante sur l'économie. A la température ordinaire, elles distendent et fatiguent l'estomac; elles nuisent aux digestions en diluant le sucgastrique; enfin disposent aux sueurs et à la diurèse, autant de causes d'affaiblissement de l'organisme; et, en effet, c'est là le caractère propre de leur action. Elles produisent souvent la diarrhée; et, pour mon compte, j'ai vu bien des fois, dans l'été, cet accident suivre l'ingurgitation d'une trop grande quantité de boissons. — Elles fatiguent les reins par leur passage direct; on sait, en effet, aujourd'hui, d'après les expériences de Claude Bernard, que toute boisson sortant par l'urine peu après son introduction dans l'estomac ne passe pas complètement dans la grande circulation pour être éliminée par les artères des reins, et qu'au contraire, refluant dans la veine porte et puis dans les veines rénales par des ouvertures situées dans la veine cave, elle arrive directement au rein, portée par la circulation veineuse en retour que j'indique, et sort de l'économie par ce procédé tout exceptionnel. A une basse température, celle de la glace fondante et au-dessous, les boissons aqueuses excitent dans l'estomac une réaction salutaire qu'on utilise pour calmer les souffrances de ce viscère et facihter les digestions. 3L'dheureusemcnt, chez (juclques sujets mal disposés, elles modifient du même coup la chaleur cutanée, qui s'abaisse brusquement;
B. — P'ÏIIOf. GÉN. &
50 ^ CAUSES PRÉDISPOSAISTES INDIVIDUELLES.
c^e là tes accidents quelquefois si graves qui peuvent résulter des bois- '^ Tjjons'.tflès-froides quand le corps est en sueur. — Ils ont été indiqués S ç^ar Jkt; Guérard ^ Ce sont des phlegmasies aiguës viscérales, la pleum » résie£-ia bronchite, la pneumonie, la péritonite, l'entérite, la dys-
3 ^sentefjre, les vomissements nerveux, des douleurs rhumatismales, la tl '•^ contracture, le trismus, la syncope, et même la mort instantanée. ^p^ Vune température élevée, les boissons aqueuses abondantes pro-
^•^^.^^sent une atonie très-marquée des voies digestives et un affaiblissement général de la santé, avec des symptômes évidents de chloroanémie.
D'après leur nature et leur origine, selon qu'elles viennent de la mer, des sources, de la pluie, des citernes, des marais ou des rivières, les boissons aqueuses ont une action différente de celle de l'eau pure, et elles disposent plus ou moins les unes que les autres aux modifications de l'organisme dont je viens de parler. Il en est même qui ont une action spéciale communiquée par des matières étrangères, telles que les débris de végétaux, dans les eaux de citernes, de marais ou de rizières; des substances calcaires magnésiennes dans les puits de certaines localités, des sels de plomb dans les sources captées par des conduits de plomb, et qui produisent des diarrhées, des fièvres intermittentes, des goitres, des coliques saturnines, etc. On a vu des endroits où des eaux calcaires donnaient aux hommes et aux animaux des maladies calculeuses que l'usage des eaux douces a fait disparaître. Ainsi, à Paislcy, en Ecosse, ville de soixante mille habitants, des sources artificielles ont été établies. Sous ce nouveau régime, la santé publique s'y est beaucoup améliorée. Les maladies calculeuses, autrefois trèsnombreuses à l'hôpital, sont devenues fort rares. Une diminution de maladies calculeuses a eu lieu également à Bolton pour le même motif. La même chose a été observée à Glasgow.
Il est. du reste, à remarquer que partout où elles ont le choix entre une eau douce et une eau calcaire, les populations se prononcent pour la première contre la seconde ^.
Les boissons aromatiques ont une inlluence prédisposante morbifique qui tient à la fois de la quantité ou de la température du liquide, et des principes aromatiques et azotés qu'elles renferment. Douées de propriétés stimulantes reconnues de tous, elles ont les inconvénients de leurs avantages; elles dépassent quelquefois leur but et prédisposent ceux qui en font usage aux névroses de la sensibilité générale et à l'atonie des voies digestives, caractérisée par une constipation
* Annales d'hygiène. Paris, 1842, t. XXVII, p. 45. '^ Arrà des sciences, l. I, p. 107.
1^FLUE>'CE DE l'aLIME^ITATION. 51
qui est à son tour le point de départ de bien des maladies. Le thé et le café noir en excès produisent les prédispositions morbifiques de cette nature.
Les boissons fermentées et distillées, qui font partie intégrante de l'alimentation et rendent tant de services aux organisations faibles, deviennent un véritable poison pour les personnes qui abusent de leur usage. Les vins, la bière, le cidre, les eaux-de-vie, les liqueurs, etc., pris en excès, modifient très-profondément la vitalité et prédisposent l'organisme au développement d'un grand nombre de maladies très-apparentes, très-différentes, multipliées dans leur siège, et cependant identiques par leur nature. C'est, comme on sait, le propre des maladies générales de représenter l'unité des causes par la multiplicité de leurs effets.
C'est à l'impression de l'alcool contenu dans les boissons fermentées et distillées qu'il faut rapporter les modifications organiques constituant leur influence prédisposante morbifîque. Porté dans le torrent circulatoire par l'absorption, cet alcool active les fonctions du système nerveux et vasculaire; il se décompose dans le sang en présence de l'oxygène qui s'y trouve, de manière à former de l'eau et de l'acide carbonique, et, sous l'influence de cette espèce de combustion, il en résulte un accroissement momentané très-appréciable de la température du corps. En quantité très-considérable, il absorbe tout l'oxygène du sang, qui ne suffit plus à détruire les autres parties qui doivent disparaître des tissus, et dont la combustion incomplète, au lieu d'urée, forme beaucoup d'acide urique, cause prédisposante de gravelle. de goutte et d'hémorragie cérébrale.
D'une manière immédiate ou éloignée, les boissons fermentées et distillées prédisposent au développement des troubles de l'intelligence sans aliénation mentale et à la manifestation de l'épilepsie, du delir'mm tremens et du tremblement des membres. Elles prédisposent aux maladies aiguës et chroniques de l'estomac, aux maladies organiques du cœur, à la phthisie pidmonaire, à la néphrite albumineuse, à la cirrhose du foie, à la combustion spontanée, etc., etc.
Les condiments, quelle que soit leur nature, sucrés, acides, salés, acres et aromatiques, ajoutent leur part d'influence à celle de l'alimentation dans la prédisposition aux maladies. Tous, par leur usage excjîssif et prolongé, ont pour résultat de favoriser le développement des phlegmasies de l'estomac et des intestins ; des maladies du foie ; de l'hypocondrie, etc. Ainsi le sucre et le vinaigre produisent la dyspepsie; les piments, les poivres longs, les entérites aiguës, chroniques, etc
52 CAUSES PRÉDISPOSANTES INDIVIDUELLES,
/. Intluence prédisposante morblfique de l'exercice et du mouvement.
L'action nécessaire et ordinairement bienfaisante de l'exercice et du mouvement musculaire dépasse quelquefois son but, fatigue les organes qu'elle doit vivifier et les dispose à de nombreuses maladies. Au delà de certaines limites, elle produit une véritable lièvre artificielle, caractérisée par la fréquence du pouls et l'augmentation de la température animale; et il se fait une notable déperdition de carbone prise sur les aliments respirateurs, sur les éléments des tissus qui doivent disparaître du corps dans le mouvement de nutrition interstitielle et sur la graisse du corps. La force nerveuse s'épuise dans cette action, et la compression des filets nerveux de la trame des muscles déterminée par la contraction incessante et répétée de ces organes produit de la faiblesse, de la courbature, et plus tard de l'amaigrissement. Le sang s'altère, par la diffluence de sa fibrine, et, semblables aux animaux surmenés, les individus qui se livrent à un exercice et à des mouvements musculaires au-dessus de leurs forces s'exposent au développement des maladies adynamiques, cbarbonneuses, à l'œdème actif des membres, aux gangrènes et aux affections typhoïdes.
Le manque d'exercice, au contraire, n'activant pas les mouvements organiques de la décomposition des tissus dans les actes de la nutrition moléculaire, détermine la production de la graisse, l'atrophie lente de la fibre musculaire, et la manifestation de la diathèse urique, si éminemment favorable au développement de la gravelle et de la goutte.
Certaines formes d'exercice ont une action prédisposante plus spécialement relative au développement d'une maladie, tout en conservant leur caractère de causes prédisposantes. Ainsi l'effort prédispose aux congestions et aux hémorragies cérébrales, à la rupture du cœur et des gros vaisseaux, à l'emphysème pulmonaire, aux hernies, etc. La marche et la station debout engendrent les varices et la varicocèle; léchant, les cris, l'usage des instruments à vent disposent aux laryngites, aux hémoptysies, aux tubercules, etc.
J. Influence prcdisposanle morbifujuc des vctemenls.
Les vêtements, destinés à garantir la surface du corps des impressions physiques extérieures, sont très-souvent la cause indirecte du développement de beaucoup de maladies. Par la forme, la légèreté, le poids, la nature, etc., ils exercent sur l'organisme des impressions
IiNFLUEINCE DES VÊTEMENTS. 55
très-différentes suivant les âges, selon les climats et une foule de circonstances qui méritent d'être connues.
Les vêtements très-chauds ont moins d'inconvénients chez les petits enfants qui viennent de naître que chez les personnes adultes. Chez les uns et chez les autres ils produisent des sueurs fatigantes et des éruptions sudorales qu'on prend souvent pour des fièvres éruptives, et qu'on traite en conséquence, au grand détriment des malades. Ils occasionnent une grande fatigue, et, par l'activité qu'ils communiquent à la circulation et à la sensihilité, ils prédisposent aux affections catarrhales et inflammatoires. Autour du cou, ils favorisent le développement des angines, du croup et des amygdaUtes, etc.; sur la tête, des congestions cérébrales; sur la poitrine, des bronchites, des pleurésies, etc. L'usage de vêtements trop légers a des résultats presque semblables, quoique produits par un mécanisme différent, car c'est l'action directe du froid qui les engendre. L'absence de vêtements rentre dans cette catégorie, et l'habitude des femmes d'avoir le cou et les épaules à nu dans les soirées d'hiver, sans précautions suffisantes, a déterminé plus d'aménorrhées, de pleurésies, de bronchites, de pneumonies et de phthisies que l'on ne pense généralement.
Les vêtements sont quelquefois l'occasion de troubles organiques immédiats par la compression qu'ils exercent sur certaines parties du corps etdont ils dérangent les fonctions. Un chapeau trop étroit produit la migraine; des cravates dures et trop serrées amènent des épistaxis, des congestions cérébrales, des ophthalmies et des adénites cervicales; des ceintures de gilet, de pantalon et le corset gênent les mouvements respiratoires, nuisent à la digestion, et occasionnent des hernies. Le corset principalement, chez les femmes, déforme la taille à sa base, empêche l'ampliation de la poitrine, grave transversalement son empreinte sur le foie, dont il gêne les fonctions, nuit à l'hématose et à la digestion; il empêche l'ampliation des bouts de sein et favorise la chlorose, l'aménorrhée, la phthisie, les maladies du ^œur, etc. 11 n'y a pas jusqu'aux jarretières et aux chaussures trop serrées qui n'aient leurs inconvénients et ne puissent occasionner des désordres : les unes produisent les varices des jambes, et les autres les durillons, les cors et les ampoules du pied.
L'influence des vêtements sur la santé et sur la disposition aux maladies est, du reste, une chose essentiellement variable, soumise au caprice de la mode et aux habitudes des peuples dans les différents chmats. Aussi n'insisterai-je pas davantage sur ce sujet. J'en ai assez dit pour établir la réalité de l'influence d'un mauvais système de vêtements sur la prédisposition aux maladies, et je n'ajouterai qu'un
54 CAUSES PRÉDISPOSANTES INDIVIDUELLES.
mot relatif à l'influence du coucher et des objets qui le composent. Rien n'est favorable au libre accomplissement des fonctions comme un lit formé de matelas de laine et de crin, modérément chargé de couvertures; au contraire, un lit moelleux, dans lequel entre la plume, et couvert de ouates, d'édredon et de laine, affaiblit, pousse à la sueur et prédispose aux pollutions, à l'hystérie, à l'anémie, à la constipation, etc.
/\. Influence prédisposante morbifique de certaines fonctions et des maladies antérieures
ou concomitantes. — Des sympathies.
Partout les effets s'enchaînent les uns aux autres, et la pathologie ne fait pas exception à la règle. Une maladie n'est qu'une impression transformée, mais à son tour elle prédispose à de nouveaux désordres et à des accidents secondaires, ternaires et quaternaires qui se succèdent d'après des rapports bien établis de cause à effet, et forment des maladies binaires, ternaires, etc. C'est une pensée que je développerai plus loin, et, pour le moment, je ne veux m'en occuper que pour établir ses nombreux rapports avec l'étiologie. Les fonctions elles-mêmes sont, dans leur activité exagérée, des causes prédisposantes de maladie. J'ai déjà fait connaître les conséquences de l'exagération fonctionnelle du cerveau, des voies digestives, du larynx, etc.; je mentionnerai ici ce qui est relatif à l'utérus et aux différentes fonctions de sécrétion. L'accouchement le plus naturel prédispose à la métrite, celle-ci à la péritonite, qui engendre les brides du péritoine, et plus tard des étranglements intérieurs causes de mort. La menstruation est la cause prédisposante de l'hématocèle rétro-utérine. — L'allaitement fatigue et détruit la santé de quelques femmes, en les rendant anémiques et en les disposant à la phthisie pulmonaire. La spermatorrhée est une cause d'hypocondrie et d'aliénation mentale. (Liste, thèse inaugurale.) La sialorrhée épuise et conduit à la phthisie pulmonaire; la polyurie détermine le marasme , et la rétention d'urine amène le catarrhe de vessie, les calculs, la fièvre urineuse et la mort. Il n'y a pas jusqu'à la sécrétion exagérée (hi pus dans les cas d'abcès considérable qui ne puisse être la cause d'une fièvre hectique [)ouvant occasionner la mort des malades.
Il est avéré pour tout le monde que les dispositions organiques anomales et les difformités prédisposent au développement de certaines maladies secondaires.
Il y a des maladies qui disposent l'organisme à la répétition fréquente des mêmes accidents ou à la production d'accidents de môme nature avec un siège différent.
• INFLUENCE DES ^lALADIES ANTÉRIEURES. 55
Quelques maladies simples engendrent des maladies secondaires par continuité de tissu, celles-ci des affections ternaires, etc.
D'autres maladies prédisposent au développement des maladies secondaires, ternaires, etc., par contiguité des tissus malades.
Enfin, certaines maladies en appellent d'autres par suite d'une connexion intime d'organes opérée par une impression en retour du système nerveux; ce sont les phénomènes et maladies sijmpathiques.
Parmi les dispositions organiques prédisposant à certaines maladies, je citerai la mollesse des os du crâne dans le rachitisme, donnant lieu à l'hydrocéphale et au phréno-glottisme; les incurvations de la colonne vertébrale avec déformation de la poitrine produisant l'hémoptysie, la phthisie, etc.; l'étroitesse de l'aorte favorisant l'hypertrophie du cœur; la persistance du trou de Botal amenant la cyanose; les pieds bots entin déterminant l'atrophie des muscles et leur transformation graisseuse, etc.
Certaines maladies prédisposent à la reproduction et au retour d'accidents semblables ou d'accidents de même nature avec une forme différente. Que de personnes sont sujettes aux angines tonsillaires, au coryza, aux bronchites, aux hémorragies nasales, aux maladies de peau, au rhumatisme, aux névroses hystériques, etc., etc. Dans tous ces cas, comme ailleurs, on ne peut pas dire que ce soit la même maladie qui se manifeste par une seconde, une troisième attaque, etc.; non : ce sont des états morbides qui ont modifié la vitalité d'un tissu et d'un appareil organique, de manière à le disposer favorablement pour l'invasion d'un état morbide semblable au premier. Ou bien la maladie première, de nature iierpétique, rhumatismale, goutteuse, etc., guérie sur un point, revient ailleurs longtemps après, mais c'est un lichen au lieu d'un eczéma ou d'un impétigo; c'est une névralgie au heu d'un rhumatisme articulaire ou d'un lumbago ; c'est une dyspepsie au lieu d'une attaque de goutte, etc. Ces différents phénomènes sont la conséquence des idiosyncrasies et des diathèses, disposition générale dont je parlerai plus loin.
Différentes maladies primaires donnent lieu à des maladies binaires, ternaires, quaternaires, etc., par continuité de tissu; ce sont, par exemple, la blessure des nerfs produisant des convulsions générales et le tétanos; l'épiphora, la stomatite ulcéreuse, l'otorrhée, la diarrhée catarrhale, etc., amenant l'ulcération des joues, des lèvres, des oreilles, de l'intestin, etc., etc.; les calculs vésicauxproduisant le prurit du méat urinairc; la phthisie tuberculeuse donnant lieu à la névrite intercostale et aux fistules pulmonaires cutanées, l'érésipèle du visage, suivi (le méningite, etc., etc.
no .CAUSES PRÉDISPOSAÎNTES INDIVIDUELLES. *
Il y a des maladies qui servent de cause prédisposante aux autres par coniujuité de tissu. Dans ce nombre, il faut ranger le cancer de l'estomac, produisant celui du foie, et réciproquement; les vomissements de la péritonite aiguë; la pleurésie dans les cas de maladies du poumon; la nécrose des os dans le voisinage desquels se trouve un abcès; la dysurie dans le cas d'hémorroïdes, etc., etc.
D'autres maladies, par leur présence, appellent à leur suite des accidents secondaires dont on ne peut expliquer le développement par aucune relation de continuité ou de contiguïté de tissus. Ces accidents résultent de la sympathie de certains organes les uns pour les autres. Trop souvent contesté, ce phénomène repose sur un si grand nombre de faits, que l'on ne comprend guère qu'il ait pu être révoqué en doute. Il y a deux espèces de sympathies : les sympathies physiologiques et les sympathies pathologiques; ces dernières doivent seules m'occuper ici. Comme Barthez, je dis qu'il y a sympathie entre deux organes lorsqu'une affection de l'un occasionne sensiblement et fréquemment une affection correspondante de l'autre, sans que cette succession puisse être rapportée au hasard, au mécanisme des organes, ni à leur concours d'action dans une forme générique de fonction ou d'affection du corps vivant ^ .
Les maladies sympathiques ne sont pas constantes, et il faut une modification toute particulière des organes primitivement affectés pour favoriser leur développement. Leur intensité est tantôt égale, tantôt supérieure et tantôt inférieure à celle de la maladie concomitante. Elles sont ordinairement passagères, mais elles peuvent survivre à leur cause, comme on le voit pour certains troubles de l'intelligence et de la sensibilité. Elles sont d'autant plus nombreuses que l'excitabilité qui en est la source est plus facilement mise en jeu. Aussi l'enfance est-elle l'âge de la manifestation des sympathies; alors la moindre souffrance, les différentes maladies aiguës, ont des phénomènes sympathiques qui ont ordinairement le cerveau pour siège, et, soit au début ou à la lin, on y observe du coma, des convulsions, des paralysies, etc.; très-nombreuses chez les femmes, elles sont au contraire très-rares chez les vieillards, et varient avec les tempéraments, la constitution et l'idiosyncrasie des indivichis.
La sympatliie de deux organes n'est pas toujours réciproque. Ainsi l'action synq)atbi(iu(; du cerveau sur l'estomac ne se reproduit pas sous la même forme de l'estomac au cerveau.
Comme l'a (ht Bartbez, les effets synq)athi([ues ne sont pas perpétuels, ce qui devrait être si hîs causes de la sympathie étaient inéca- * Bartliez, Éléments de la science de riiomme, l. II, |). 2.
l.NFLUE^'CE DES SYMPATHIES. 57
niques. C'est là, soit dit en passant, une des raisons qui doivent faire considérer chaque sympathie comme un phénomène vital par excellence, dû à un excès de la sensibilité des organes.
Le nombre des phénomènes et des maladies sympathiques a considérablement diminué depuis que, par suite des progrès de la science, on a pu attribuer à leur véritable cause des accidents jusqu'alors expliqués par la sympathie. On ne croit plus avec Bicliat que l'œdème des membres, dans les lésions organiques du cœur, soit un phénomène sympathique, et on explique sa production par l'altération de la composition du sang ou par l'obstacle que la lésion apporte au libre retour de ce liquide dans le cœur. On sait aujourd'hui que les abcès du foie dans les plaies de tête sont moins la conséquence d'un effet sympathique que d'une phlébite des veines du crâne, qui donnent lieu à rinfection purulente et aux abcès métastatiques de la glande biliaire, etc., etc.
Malgré ces réductions, quelque nombreuses qu'elles soient, les phénomènes de sympathie entre certains tissus et certains organes sont des choses vulgaires. Il n'est pas de maladie grave qui n'influence sympathiquement les mouvements du cœur et des vaisseaux; la fièvre est la première et la plus évidente de toutes les sympathies. Précieuse entre toutes, elle révèle les désordres cachés de l'organisme et appelle sur eux les secours de l'art, que sans elle rien ne pourrait solliciter. \ ce titre, la lièvre est toujours essentielle; engendrée par une lésion des solides ou des liquides, par le mouvement, la crainte ou le plaisir, par la chaleur, par le travail intellectuel, elle n'est qu'un phénomène vital, sympathique, lié à toutes les modifications fonctionnelles de l'organisme. Le cœur est le manomètre de la vie, et les propriétés de son tissu ne sauraient être la cause principale du trouble de ses fonctions. — Que le cœur accélère ses mouvements dans la fièvre, qu'il augmente leur violence dans les palpitations nerveuses, qu'il affaiblisse ses contractions dans la syncope que produit l'épouvante, il y a là autre chose que des propriétés contractiles; et j'y vois un phénomène vital, une sympathie entre les organes de la passion, de l'intelligence de la maladie et l'organe régulateur de la circulation du sang. Les voies digestivessontle siège de nombreuses sympathies. L'inappétence des maladies aiguës; les vomissements dans les maladies du cerveau, dans la grossesse; dans quelques maladies utérines; dans les maladies des reins (néphrite calculeuse); dans quelques maladies éruptives, et principalement dans la variole; le hociuet dans les maladies prochainement mortelles; etc., etc., sont autant de phénomènes sympathiques.
58 CAUSES PRÉDISPOSAISTES I?sDIVIDL ELLES.
Dans l'appareil respiratoire, la loux est très-souvent un phénomène sympathique. Elle est quelquefois en rapport avec la gastralgie, avec la chlorose, Thystérie, les affections vermincuses, etc. Les anciens auteurs admettaient une toux gastrique ; chacun aujourd'hui connaît la toux nerveuse. J'en ai vu plusieurs exemples bien curieux, et entre autres celui d'une jeune fille, au moment de sa seconde dentition, qui toussa pendant plus de six mois, et que l'on croyait menacée de phthisie. Elle guérit en deux jours par l'application endermique de la morphine. La toux revint trois mois après , guérit sous l'influence des mêmes moyens, et disparut lorsque la dentition fut complète. M. le professeur Andral^ a cité un fait semblable. Il était relatif à une jeune fdle qui avait aussi une toux sèche existant depuis longtemps avec un tœnia. Une fois l'entozoaire expulsé, la toux disparut.
Toutes les glandes sécrétoires sont le siège continuel de phénomènes sympathiques. Il en est une principalement qui exerce l'influence la plus extraordinaire sur le testicule et sur la mamelle ; je veux parler de la parotide. La maladie dont elle est le siège, et qui est connue sous le nom (ï oreillons, donne souvent lieu à l'orchite chez les garçons, et à la mammite chez les filles, phénomènes singuliers dont l'existence m'a été démontrée par plusieurs observations.
Chez une nouvelle accouchée, la lactation fait contracter l'utérus, donne des coliques et augmente l'abondance des lochies ; on l'a même vue produire l'avortement chez les nouriices enceintes, et c'est ce fait qui a donné à M . Scanzoni, de W urtzbourg, l'idée de recourir à l'excitation des glandes mammaires pour déterminer dans l'occasion un accouchement prématuré artificiel ^
La sécrétion des larmes, de la saHve, du suc gastrique de l'urine, de la bile, du sperme, de la sueur, du lait, est incessamment pro-
* Cours de pathologie, 1847.
2 La femme ([iii servit à rexpérieiice était à sa seconde grossesse et âgée de vingtquatre ans. Dans le premier accoucliement, il avait été nécessaire de recourir à la perforation du crâne et à la céplialotomie. Pour le second, le docteur Scanzoni prépara deux apj)arcils de succion composés d'une poche ou vessie en gomme (Hastique munie d'un tube de verre. L'air fut expulsé de la vessie, et l'appareil ainsi appliqué fonctionnait comme une ventouse.
A la trente-deuxième semaine de la grossesse, l'appareil fut appliqué deux heures matin et soir le premier jour; les jours suivants, cette application eut lieu trois fois dans les vingt-(juatre heures. Dès la troisième application, il se manifesta un raccourcissement de la portion vagmale de l'utéius et une légère dilatation de son orifice sans que la femme éprouvât aucum; douleui'. Les douleurs ne se firent sentir que le troisième jour après la sixième a|iplic;ition, et augmentèrent noIahliMuent pendant la nuit. Dès lors